Régionales en Hauts-de-France : « Beaucoup de réponses sont au sommet de l’Etat », estime Xavier Bertrand

POLITIQUE Candidat a sa propre succession à la tête des Hauts-de-France, Xavier Bertrand assume son ambition élyséenne par le fait que les moyens d’agir des présidents de régions sont limités sur certains thèmes qui lui sont chers

Mikaël Libert

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Xavier Bertrand, président sortant des Hauts-de-France.
Xavier Bertrand, président sortant des Hauts-de-France. — M.Voituron/SIPA
  • Xavier Bertrand est candidat à sa succession à la présidence des Hauts-de-France.
  • Il a aussi déclaré qu’il allait disputer la présidence de la République à Emmanuel Macron en 2022.
  • Pour lui, sur beaucoup de sujets, les décisions ne se prennent pas en région, mais à l’Elysée.

L’actuel président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, est candidat à sa propre succession pour les élections régionales qui se dérouleront les 20 et 27 juin prochains. Jeudi soir, dans l’émission de BFM Grand Lille, Lille politiques, en partenariat avec 20 Minutes, il a défendu le programme dont les grands thèmes vont souvent au-delà des prérogatives d’un président de région.

Candidat à sa propre succession à la tête des Hauts-de-France, Xavier Bertrand vise aussi ouvertement l’Elysée en 2022. Une double casquette qui, selon lui, peut être un avantage pour la région. « Moi je dis les choses clairement alors que certains louvoient. Sur l’emploi, l’industrie, la santé, l’éolien, la sécurité, les réponses se font majoritairement au sommet de l’Etat », assure-t-il. S’il est réélu en Hauts-de-France le 20 ou le 27 juin, il partira presque aussitôt en campagne pour la présidentielle. Et qu’il ne siège pas à la région s’il est élu président de la République ne le gêne pas : « Pensez-vous que j’ai géré la région seul pendant six ans ? J’ai une équipe solide », assume Xavier Bertrand.

Il défend et garde le dispositif controversé Proch’emploi

Souvent taclé sur le bilan de son opération Proch’emploi, le candidat maîtrise désormais parfaitement sa répartie. « Si une seule personne avait retrouvé du travail, ça en valait la peine », explique-t-il. Xavier Bertrand ajoute tout de même qu’il a atteint « à 90 % » son objectif de sortir du chômage 60.000 demandeurs d’emploi. Du coup, ce dispositif, il souhaite le conserver malgré la polémique.

La tendance à la baisse du chômage dans la région, Xavier Bertrand l’accorde aux entreprises, certes, mais il estime que cela est aussi dû à « l’environnement favorable » qu’il a créé lors de sa mandature : « On a aidé les entreprises, beaucoup d’entreprises, des milliers, pour qu’elles nous permettent de trouver des emplois », martèle-t-il. Et sur les plans sociaux intervenus dans l’industrie ces dernières années, notamment Bridgestone, le candidat Bertrand reconnaît qu’il ne peut empêcher les usines de fermer : « Avec les élus, on a quand même obtenu un PSE supérieur de 60 %. Et ceux qui ont perdu leur emploi, 300 ont déjà retrouvé un travail. Et on n’en est pas quitte avec ce dossier », assure-t-il.

Sur l’environnement, Xavier Bertrand ne s’estime pas en reste. Et sur la question de l’énergie, il reste droit dans ses bottes : « Le nucléaire, vous avez une meilleure énergie décarbonée », interroge-t-il. Il souhaite donc continuer dans cette voie : « Quand la centrale de Gravelines fermera, je veux qu’il y ait deux EPR dans la région », ajoute-t-il. Des champs d’éoliennes, très peu pour lui : « Ça détruit les paysages et encercle les populations. Il y en a trop et je souhaite que les règles changent. C’est pour cela aussi que je me présente à la présidentielle ».