Régionales : Au Rassemblement national, les militants juifs s’indignent du « passé sulfureux » de certains candidats

POLITIQUE La tête de liste aux élections régionales en Bretagne Gilles Pennelle est concernée, tout comme le directeur de campagne de Thierry Mariani

C.A. avec AFP
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Marine Le Pen et Gilles Pennelle, ici le 6 mai 2021 lors de la présentation officielle de la tête de liste du RN dans le Morbihan Florent de Kersauson.
Marine Le Pen et Gilles Pennelle, ici le 6 mai 2021 lors de la présentation officielle de la tête de liste du RN dans le Morbihan Florent de Kersauson. — Alain ROBERT/SIPA

C’est son cheval de bataille depuis qu’elle a succédé à son père comme présidente du Rassemblement national en 2011. Dédiaboliser son parti. Un pari réussi qui l’a emmenée au second tour de l’élection présidentielle face à Emmanuel Macron. A trois semaines du premier tour des élections départementales et régionales, Marine Le Pen a pourtant vu les vieux démons de son parti resurgir par un courrier signé d’un de ses anciens conseillers.

Conseiller régional des Hauts-de-France, Jean-Richard Sulzer est aussi le fondateur du « Rassemblement national juif » qui a été renommé « Cercle national juif France-Israël ». Ce proche de Marine Le Pen y met en garde la présidente du parti sur la présence de candidats « au passé sulfureux » et prévient : « Jamais mes coreligionnaires, qui t’adorent par ailleurs, ne voteront pour eux : tu risques de retrouver des bulletins panachés. »

Des candidats sulfureux en Bretagne, PACA et Hauts-de-France

Dans ce courriel daté du 9 mai révélé par le Journal du dimanche, le candidat au scrutin départemental cite plusieurs noms. Le premier est celui de Gilles Pennelle, tête de liste du RN en Bretagne, et ancien militant du groupuscule néopaïen racialiste Terre et Peuple. La présidente du parti était à ses côtés il y a quelques semaines dans le fief de la famille Le Pen de La Trinité-sur-Mer pour la présentation du candidat du Morbihan Florent de Kersauson.

Dans son e-mail, Jean-Richard Sulzer cite également le nom d’Axel Loustau, ancien militant du syndicat étudiant d’ultradroite GUD, un temps pressenti pour être investi. Ou encore celui de Philippe Vardon, directeur de campagne de Thierry Mariani en Paca et ancien membre d’Unité radicale et des Identitaires. Et enfin le nom de Philippe Eymery, président du groupe RN dans les Hauts-de-France et décrit comme proche des identitaires lillois. « Il est clair que tous ces personnages, souvent adhérents de longue date, ont été mis très en avant malgré un passé un peu sulfureux (écrits, vidéos, tweets, posts, condamnations) », ajoute Jean-Richard Sulzer dans son courriel, qui estime que ces candidats « ne doivent plus être soutenus par le RN ».

Le RN a « laissé d’authentiques antisémites monter en grade »

Dans un article publié sur le Jerusalem Post début avril, il demandait « le retrait des néonazis des listes » à ces scrutins. M. Sulzer affirme avoir « vu progressivement la commission d’investiture évincer tous les gens qui étaient d’origine israélite » et « laissé d’authentiques antisémites monter en grade »

« Il y a même quelqu’un qui a eu le culot de nous dire : s’il y a des antisémites, vous n’avez qu’à quitter le RN », s’émeut l’ancien assistant parlementaire de l’ex-député Gilbert Collard, qui reproche à Marine Le Pen de « ne pas faire suffisamment attention » aux candidatures.