Régionales en Île-de-France : Marlène Schiappa propose de créer des salles de repos pour les livreurs

INFO «20 MINUTES» Tête de liste LREM à Paris aux élections régionales en Ile-de-France, Marlène Schiappa entend, si elle est élue, proposer la création de salles de repos pour les livreurs dans la région

Floréal Hernandez

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Un livreur patiente sur les quais de Seine à Paris. (Illustration)
Un livreur patiente sur les quais de Seine à Paris. (Illustration) — DANNIC PHILIPPE/SIPA
  • Laurent Saint-Martin mène la liste LREM aux régionales en Ile-de-France, Marlène Schiappa est la tête de liste de la majorité présidentielle à Paris.
  • Si elle est élue, la ministre chargée de la Citoyenneté proposera de créer des salles de repos pour les livreurs Deliveroo, Just Eat, etc. « qui sont le nouveau prolétariat ubérisé ».

Des hommes, des vélos et des scooters qui attendent le coup de feu des commandes. Ces attroupements de livreurs Uber Eats, Deliveroo, Just Eat, etc., on les trouve à proximité de restaurants à Paris, La Défense ou Saint-Maur ou proches des dark kitchen de Saint-Ouen ou de Courbevoie. Une attente dans la rue sans confort ni hygiène, qui peut engendrer aussi des rassemblements qui dérangent des associations de riverains.

Marlène Schiappa, tête de liste à Paris de la liste LREM aux régionales menée par Laurent Saint-Martin, proposera si elle est élue de « créer des salles de repos pour les livreurs partout en Ile-de-France, à commencer par Paris », annonce-t-elle à 20 Minutes.

Cette idée fait penser à « la maison des coursiers », portée par des élus communistes parisiens et envisagée dans le 18e arrondissement. « Ce n’est pas tout à fait la même chose », coupe la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté. Dans ce projet, le lieu permettra aux livreurs de se reposer, de se réchauffer, d’avoir accès à des sanitaires ou une douche. Mais pas d’y « organiser des permanences syndicales » comme la conseillère PCF de Paris Barbara Gomes l’imagine pour « la maison des coursiers ». « Mais si l’initiative est bonne. Peu importe d’où elle vient politiquement, il faut qu’il y ait consensus comme le font des pays nordiques dont les idées m’ont inspirée », lance Marlène Schiappa.

Cartographier les points névralgiques d’attente des livreurs

En cas d’élection au conseil régional, la marcheuse s’appuiera pour la création de ces salles de repos sur « un groupe de travail avec les plateformes, les associations de riverains et les syndicats de restaurateurs ». Elle poursuit : « La première étape sera de quantifier le nombre de livreurs, la seconde de réaliser une cartographie de l’Ile-de-France avec les points névralgiques où les livreurs attendent. » Puis avec les collectivités, il faudra trouver des lieux pour accueillir les livreurs entre leurs courses.

Marlène Schiappa estime que c’est à la région de s’emparer de ce projet car elle est « cheffe de file sur le développement économique dans l’accompagnement des entreprises et sur les transports. Beaucoup de livreurs habitent en grande banlieue, viennent à Paris ou en proche banlieue pour travailler le midi et le soir mais entre 15 et 18 heures, ils ne peuvent rentrer chez eux et ils n’ont pas d’endroit où se poser ». La candidate imagine un cofinancement des lieux de repos par les mairies et les plateformes. « C’est de la responsabilité sociétale des entreprises. » Mais aussi probablement des clients car le coût se retrouvera sur les frais de livraison. « En tant que consommateur, on veut être livré vite, sans que ce soit renversé. Mais on se doit d’être solidaire des conditions de travail difficiles des livreurs qui sont le nouveau prolétariat ubérisé. Charge aux plateformes de trouver l’équilibre économique. »