Régionales en Hauts-de-France : « L’alternative, c’est nous et maintenant », clame Karima Delli (union de la gauche)

POLITIQUE Invitée de « Lille politiques » sur BFM Grand Lille, en partenariat avec « 20 Minutes », Karima Delli a présenté un programme pour les élections régionales fortement marqué par son attachement à l’écologie et au développement durable

Mikaël Libert

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La candidate de l'union de la gauche en Hauts-de-France, Karima Delli.
La candidate de l'union de la gauche en Hauts-de-France, Karima Delli. — AFP or licensors
  • Karima Delli, députée européenne écologiste, est la tête de liste de l’union de la gauche pour les régionales dans les Hauts-de-France.
  • Le programme de sa liste est résolument vert, avec, notamment, le développement des énergies renouvelables et la création de 100.000 emplois verts.
  • Une part importante de son programme concerne la jeunesse pour laquelle la candidate propose, entre autres, la gratuité des transports.

A fond sur l’écologie. Karima Delli est la figure de proue de l’union de la gauche et des écologistes pour les élections régionales dans les Hauts-de-France. Jeudi soir, dans l’émission de BFM Grand Lille, Lille politiques, en partenariat avec 20 Minutes, la candidate a défendu le programme qu’elle opposera notamment au président de région sortant, Xavier Bertrand.

Députée européenne verte depuis douze ans, Karima Delli souffre d’un manque de notoriété auprès des habitants de la région qui ne l’a pas empêchée de réaliser un exploit unique en France pour ces élections : unir la gauche et les écologistes. Donnée 3e avec 20% des voix derrière le candidat du RN (2e) et le président sortant, Xavier Bertrand, la tête de liste ne se démonte pas : « Je vais faire démentir ce sondage, l’alternative, c’est nous et maintenant. Les autres candidats n’ont qu’un focus, celui de l’Elysée. »

Les éoliennes, oui, mais pas n’importe comment

Sur les éoliennes, ces mâts de la discorde, Karima Delli tempère. « Nous avons besoin des énergies renouvelables mais on ne peut pas juste dire ''on est pour''. Notamment pour le projet de parc au large de Dunkerque, il faudra consulter les citoyens et les accompagner », assure-t-elle. Et si Xavier Betrand s’est, lui, montré hostile à davantage d’éoliennes dans la région, l’écologiste fustige son alternative : « Il veut faire un EPR. Je vous le dis tout de suite, moi présidente de la région, il n’y en aura pas ». Pour elle, investir dans les énergies renouvelables, c’est miser sur des emplois d’avenir non délocalisables.

Des transports plus verts et gratuits pour les jeunes

Karima Delli promet la gratuité des transports pour les moins de 18 ans. Une mesure généralisable à tous les habitants ? « On commence par les jeunes », élude-t-elle. Consciente des problèmes de desserte dans certaines zones rurales, l’union de la gauche assure qu’il va falloir rouvrir des lignes de train. « Mettre de l’argent dans le train est non seulement bon pour le climat, mais cela permet aussi de retrouver de la relocalisation », estime la tête de liste.

Sur l’ouverture à la concurrence des lignes de TER, Karima Delli est farouchement contre : « Je suis pour un grand service public du train. Dans certains pays qui l’on fait, cela a engendré des risques pour la sécurité parce que les privés ne veulent pas investir dans la rénovation », martèle-t-elle.

Des emplois « verts » à la pelle

« J’aime ma région et je la vois sombrer avec plus de 10 % de chômeurs. Le proch’Emploi de Xavier Bertrand, c’est un gadget inutile et coûteux », déplore Karima Delli. Elle promet notamment un « RSA jeunes » ou quelque 100.000 emplois verts et assure pouvoir financer cela : « Il faut déjà arrêter de donner des budgets régionaux à des projets qui n’en valent pas le coup et conditionner les subventions à des critères sociaux et environnementaux ». Des économies, c’est bien, trouver des fonds, c’est mieux. Pour cela, elle mise sur les fonds européens et la création d’une banque d’investissement.

Des médecins salariés contre les déserts médicaux

Contre les déserts médicaux, la candidate de la gauche propose une « garantie santé proximité » avec des centres de santé dans chaque bassin de vie « à moins de 20 km ». Elle compte aussi embaucher 200 médecins sans toutefois préciser à quel salaire. « Dans des centres ou des maisons de santé, les médecins sont dans un collectif qui leur permet d’avoir de meilleures conditions de vie et de travail », plaide-t-elle.