Coronavirus en Alsace : Autotests, tests PCR, antigéniques, salivaires... Comment Biosynex a surfé sur la crise sanitaire

SANTE L'entreprise alsacienne en a profité pour relocaliser une partie de ses activités

Thibaut Gagnepain
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Une boîte d'autotests Covid-19 du laboratoire Biosynex destinée à l'export.
Une boîte d'autotests Covid-19 du laboratoire Biosynex destinée à l'export. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • La crise sanitaire a permis à certaines sociétés de se développer. C’est le cas du laboratoire Biosynex, dont le siège est situé à côté de Strasbourg.
  • En mai, 20 millions de tests vont sortir de ses murs, qui ont dû être repoussés. Trois chapiteaux ont ainsi été installés.
  • Une partie des activités de l’entreprise ont été relocalisées en Alsace. Un choix assumé.

Le siège du laboratoire Biosynex, à Illkirch-Graffenstaden à côté de Strasbourg, est devenu trop petit. Autour, trois énormes chapiteaux ont été dressés avec, à l’intérieur, des dizaines de salariés qui s’affairent. Jour et nuit. Ils assemblent, emballent et préparent des milliers de tests en tous genres. Principalement ceux destinés à détecter le virus du Covid-19.

Trois chapiteaux ont été installés autour du siège de Biosynex afin que la logistique suive.
Trois chapiteaux ont été installés autour du siège de Biosynex afin que la logistique suive. - T. Gagnepain / 20 Minutes

La pandémie mondiale n’a pas provoqué que des faillites. L’entreprise alsacienne, elle, en a pleinement profité pour se développer. « On va en sortir plus fort, plus riche et la société aura davantage de marge de manœuvre », confirme Oren Bitton. Le directeur commercial l’annonce sans pérorer, Biosynex vit actuellement une période record. « En 2020, on est passé de 35 millions d’euros de chiffre d’affaires à 154. Et au premier trimestre 2021, on a eu une augmentation de capital et on était déjà à 75 millions d’euros de CA. »

Déjà acteur reconnu du dépistage (grossesse, fièvre, diabète…) avant la crise, le laboratoire fondé et toujours détenu en majorité par trois Français, est depuis devenu le leader du marché sur le territoire national. « A la fin avril, on avait expédié huit millions de tests (antigéniques et autotests) chez tous nos distributeurs. Comme en pharmacie, où un sur deux qui y est vendu vient de chez nous. »

Dans les écoles aussi

Sans donc oublier ceux accessibles en grande distribution, à l’étranger, ou les 2,5 millions déjà délivrés aux lycées pour la dernière rentrée. Avant d’autres livraisons. « L’Etat a fait une commande de 60 millions de tests d’ici octobre. On s’est placé pour en faire partie mais nous ne sommes pas les seuls », détaille Oren Bitton en évoquant toutes les adaptations que cela nécessite.

Parmi elles, la société alsacienne a choisi de relocaliser une partie de ses activités. Pas toutes « sinon nous ne pourrions pas être compétitifs ». Si la majeure partie de la production des tests a toujours lieu en Asie, le reste est maintenant effectué en Alsace. « Tout l’assemblage a lieu ici. Aujourd’hui, nous avons 400 emplois stables supplémentaires ici. » Tous en intérim même si du recrutement a aussi été effectué pour cette fois, un produit 100 % made in France, le Thermoflash, un thermomètre sans contact.

Oren Bitton dans les entrepôts de Biosynex, à Illkirch-Graffenstaden, en Alsace.
Oren Bitton dans les entrepôts de Biosynex, à Illkirch-Graffenstaden, en Alsace. - T. Gagnepain / 20 Minutes

« Pourquoi relocaliser ? Car on veut être maître de ce qu’on produit, reprend le directeur commercial en avouant que les aides de l’Etat ont pesé. En ce moment, tout se reconstruit en France pour qu’elle acquière une certaine indépendance et les gens ne veulent plus voir des produits faire le tour du monde. » En mai et juin, 20 millions de tests devraient sortir des entrepôts alsaciens de Biosynex.