Régionales dans les Hauts-de-France : Echange d’amabilités entre Le Pen et Dupond-Moretti pour l'entrée en campagne du garde des Sceaux

POLITIQUE Le ministre de la Justice a effectué ce samedi son premier déplacement sur le terrain

20 Minutes avec AFP

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Déplacement de campagne d'Eric Dupond-Moretti à Lens ce samedi.
Déplacement de campagne d'Eric Dupond-Moretti à Lens ce samedi. — AFP

Affrontements à distance. La présidente du Rassemblement national a raillé ce samedi « l’obsession » d' Eric Dupond-Moretti à son égard, au lendemain de l’annonce par le ministre de la Justice de sa candidature dans le Pas-de-Calais aux régionales sur la liste LREM. « J’ai vu beaucoup de forts en gueule venir ici tenter de défier le RN et opérer des rodomontades, M. [Bernard] Tapie en son temps, M. [Jean-Luc] Mélenchon, et ils sont tous assez rapidement repartis plutôt humiliés par l’expérience », a déclaré Marine Le Pen à l’issue de la cérémonie du 8-Mai à laquelle elle a assisté, dans le fief RN d' Hénin-Beaumont.

« Maintenant, l’obsession que M. Dupond-Moretti a à mon égard commence à devenir relativement étrange. Il paraît qu’il reste quelques bracelets anti-rapprochement en rab, je suis preneuse », a-t-elle ironisé. « Je n’ai pas à débattre avec M. Dupond-Moretti, moi je débats avec Emmanuel Macron éventuellement », a conclu la députée du Pas-de-Calais.

« Un peu de décence en rab peut-être ? » a immédiatement réagi sur Twitter la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa. La référence de Marine Le Pen au dispositif de protection des femmes victimes de violences conjugales a été qualifiée d'« abject [e] » par le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale Christophe Castaner.

« Un véritable danger pour la démocratie »

Le ministre de la Justice a pour sa part accusé le RN d’être « un véritable danger pour la démocratie », lors d’une visite annoncée au dernier moment en début d’après-midi sur un marché de Lens. « Il n’y a que de la contestation, jamais l’ombre d’une proposition, jamais l’envie de débattre », a-t-il fustigé à l’adresse d’une habitante.

Pour cette première sortie dans le Pas-de-Calais après l’annonce de sa candidature, le ministre, accompagné de la tête de liste régionale d’En Marche Laurent Pietraszewsksi, devait ensuite retrouver des militants pour une montée sur un terril dans la commune proche de Loos-en-Gohelle.

Il avait annoncé vendredi à La Voix du Nord se lancer dans la bataille des régionales en Hauts-de-France sur la liste Pietraszewsksi pour éviter « que cette terre file entre les mains du RN ». « Mme Le Pen refuse de débattre avec moi. Elle ne veut pas venir à moi, alors je viens à elle », avait insisté le ministre.

Conseillère régionale sortante, Mme Le Pen ne se représente pas mais est candidate aux départementales dans le Pas-de-Calais, dans le canton d’Hénin-Beaumont.