Régionales en Paca : Que retenir du mandat de Renaud Muselier ?

POLITIQUE Le président LR de la région Paca, candidat à sa succession pour les prochaines régionales, a fait de son bilan son principal argument de campagne

Mathilde Ceilles

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Renaud Muselier cherche à se faire réélire à la tête de la région Paca
Renaud Muselier cherche à se faire réélire à la tête de la région Paca — Alain Robert / Sipa
  • Renaud Muselier, président de la région Paca, est candidat à sa succession pour les élections régionales des 20 et 27 juin.
  • « 20 Minutes » passe en revue son bilan après quatre années à la tête de cette collectivité.

Il en a fait un de ses principaux arguments de campagne, créant même un site dédié à ce sujet. Candidat à sa réélection, le président sortant de la région Paca Renaud Muselier, en fonction depuis mai 2017 à la faveur de la démission de Christian Estrosi, cherche à conserver son siège, à la tête d’une des plus grandes régions de France. A quinze jours du premier tour des élections régionales​, 20 Minutes fait le point.

Docteur Muselier sur tous les fronts de la crise sanitaire

Médecin de profession et ancien urgentiste, Renaud Muselier a rapidement été sur tous les fronts de la crise sanitaire. Une mobilisation que reconnaît même son principal opposant Thierry Mariani. « Alors que l’Etat était incapable d’assurer son rôle, la totalité des présidents de région a pris les choses en main, affirme le candidat RN aux régionales. Et il faut bien le reconnaître : côté masques ou tests, les régions ont été au rendez-vous et l’ont bien fait. »

D’abord grand défenseur de son ami Didier Raoult, le président de la région Paca a ensuite multiplié les initiatives, faisant parfois fi des recommandations gouvernementales alors en vigueur. Dès le mois de mars, alors que le premier confinement venait de démarrer, la région Paca avait ainsi commandé près de quatre millions de masques en Chine. Plus récemment, le président sortant a fait parler de lui en précommandant près de 500.000 vaccins Spoutnik V, « sous réserve de l’autorisation » européenne de ce vaccin russe, provoquant la colère du gouvernement.

Une Cop d’avance… ou un « train de retard » ?

Le président le rappelle à presque chacune de ses apparitions publiques : la région a adopté un grand Plan Climat, dit « Cop d’avance », consacrant près d’1,3 million d’euros en trois ans à ces questions. Un plan qui a permis de financer, entre autres, la plantation d’un million d’arbres et le dispositif de branchement électrique à quai de l’ensemble des navires d’ici 2025 dans trois grands ports de la région que sont Marseille, Nice et Toulon.

« La région a décidé de financer les branchements à quai car ils représentent la solution la plus performante du point de vue environnemental, tout particulièrement pour les riverains des ports avec la suppression de la totalité des émissions atmosphériques », se réjouissait Renaud Muselier lors d’une visite du port de Marseille en avril dernier.

Des mesurettes selon ses adversaires de gauche. « Pour nous, sa Cop d’avance, c’est un train de retard, accuse Capucine Edou, tête de liste de la gauche dans les Bouches-du-Rhône. C’est du greenwashing, du blabla, du discours. Quand on regarde la réalité, on voit où sont mises les priorités. A un moment donné, on ne peut pas se prévaloir d’une volonté sur les questions environnementales et investir massivement sur les routes et les autoroutes par exemple. » Renaud Muselier a en effet récemment annoncé soutenir le projet d’échangeur routier entre l'A7 et l'A9 dans le Vaucluse.

Un projet de caméras de vidéosurveillance bloqué par la justice

C’est l’un des sujets qui intéresseraient le plus les électeurs selon les sondages. Pour cette campagne électorale express, la sécurité est au cœur des débats entre les différents prétendants au siège de président du conseil régional. Une compétence qui ne relève pas directement de la région, mais dont Renaud Muselier s’est emparé, notamment pour la sécurisation des abords des lycées. Pas moins de 1.510 caméras de vidéosurveillance ont ainsi été déployées au cours de son mandat.

Des caméras qui devaient être à l’origine fondées sur la reconnaissance faciale, après une expérimentation présentée comme pionnière dans deux lycées à Nice et Marseille… avant que la justice mette un coup d’arrêt au projet. Dans une décision de février 2020, les juges du tribunal administratif de Marseille, saisis par plusieurs associations dont la Quadrature du Net, estimaient notamment que « de tels traitements biométriques étaient disproportionnés par rapport aux finalités poursuivies. »

Une situation financière « globalement satisfaisante »

Renaud Muselier se plaît à le rappeler sur son site Internet de campagne. Lorsque la droite a raflé la région à la gauche, en 2015, « l’encours de la dette de la région était de 2,5 millions d’euros. La capacité de désendettement était de 9,3 années. […] Malgré la crise, la capacité de désendettement prévisionnelle atteindra 7,9 années en fin d’exercice. » Une gestion en partie saluée dans un rapport publié en décembre 2020 par la chambre régionale des comptes. L’instance reconnaît une « situation financière globalement satisfaisante ».

Ce même rapport épingle en revanche la gestion du personnel du conseil régional entre 2015 et 2018, dénonçant un nombre de collaborateurs de cabinet supérieur à celui prévu par la loi. « L’explosion des frais de communication est assez hallucinante, affirme Thierry Mariani. Selon le rapport de la cour régionale des comptes, le cabinet, ses annexes et les services de communication, ça a été 77 embauches dans ce mandat. La sécurité dans les trains, 75. Quand on est plus préoccupé par sa communication que par la sécurité des passagers, il y a quand même quelque chose qui cloche. »

Des propos qualifiés de mensongers par Renaud Muselier qui a décidé de porter plainte contre son rival RN pour « propagation de fausse nouvelle en période électorale ». Le président sortant assure, attestation de son directeur général des services à l’appui, avoir « recruté 80 personnes pour la sécurité ferroviaire (…). En parallèle, les effectifs de la communication sont passés de 64 en 2016 à notre arrivée, à 61 aujourd’hui ».