Départementales en Loire-Atlantique : Laurent Turquois, maire de Saint-Sébastien, « déterminé » à faire tomber la gauche

POLITIQUE Chef de file de la droite et du centre aux élections départementales, Laurent Turquois brigue la succession du président socialiste Philippe Grosvalet

Frédéric Brenon
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Laurent Turquois, maire de Saint-Sébastien-sur-Loire.
Laurent Turquois, maire de Saint-Sébastien-sur-Loire. — Ville de Saint-Sébastien-sur-Loire
  • Les élections départementales auront lieu les 20 et 27 juin 2021, en même temps que les élections régionales.
  • Le leader de la droite et du centre est Laurent Turquois, actuel conseiller départemental et maire de Saint-Sébastien-sur-Loire.
  • Le conseil départemental de Loire-Atlantique est dirigé par une majorité de gauche depuis 17 ans.

On attendait plutôt Rodolphe Amailland (LR), maire de Vertou. Mais c’est bien Laurent Turquois, conseiller départemental et maire de Saint-Sébastien-sur-Loire, qui a été désigné le week-end dernier chef de file de la droite et du centre pour les élections départementales des 20 et 27 juin. C’est lui qui sera le leader d’une opposition qui tentera de faire basculer un département de Loire-Atlantique acquis à la gauche depuis 17 ans.

« Je ne me suis jamais rasé le matin en m’imaginant un jour président du conseil départemental de Loire-Atlantique, reconnaît le candidat, âgé de 48 ans. La réalité, c’est que c’est le fruit d’un travail coconstruit avec l’ensemble des conseillers départementaux sortants du groupe Démocratie 44. Ça peut surprendre les observateurs mais ça ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe. Ça fait un petit moment qu’on en discute. »

Relier les zones urbaines et rurales

L’homme, qui se dit « motivé par être le chef d’orchestre d’un groupe », a l’originalité de n’être encarté dans aucun parti. « C’est ma liberté », revendique-t-il. Il ne dévoilera pas dès à présent son programme, même si celui-ci serait « déjà prêt ». Il se dit toutefois « heurté » par les « déséquilibres des territoires » au sein de la Loire-Atlantique. « Le département doit être présent tout autant dans l’espace rural que dans l’espace urbain », insiste-t-il.

Laurent Turquois réclame aussi un « département reconnu comme utile au quotidien ». « Je trouve assez étonnant que les habitants savent à quoi sert leur commune mais ne le savent pas pour les départements alors que ceux-ci sont plus que jamais des collectivités modernes. Leurs prérogatives vont de la petite enfance à l’accompagnement de nos aînés. Je suis étonné d’entendre que les citoyens ne savent pas, par exemple, que les départements cofinancent les Sdis, c’est-à-dire les pompiers. »

« Personne n’est indispensable »

Il y a six ans, la gauche avait conservé sa majorité avec seulement un canton d’avance sur 31. Le scrutin s’annonce donc, cette année encore, extrêmement ouvert. « Il y a une place pour raisonnablement reprendre la majorité », admet, prudent, Laurent Turquois. Le départ en retraite inattendu du président sortant, le socialiste Philippe Grosvalet, brouille un peu les pistes. C’est l’ancien député Michel Ménard (PS), 60 ans, qui sera le chef de file de la majorité de gauche. « Philippe Grosvalet s’en va, je lui souhaite une belle retraite, sans aucune moquerie. Nous, nous nous lançons avec conviction et détermination », réagit le candidat de la droite.

Evidemment un peu inquiet pour la participation compte tenu de la situation sanitaire, il espère tout de même une « mobilisation » des électeurs. « Les élus locaux mouillent leur chemise au quotidien. Ils ne méritent pas un désintérêt de la population tant ils rendent des services à chacune et à chacun », estime-t-il.

Quant à son poste de maire de Saint-Sébastien-sur-Loire, il devra y renoncer, si la droite remportait l’élection départementale, en raison de la loi sur le non-cumul des mandats. Il ne l’occupe pourtant que depuis fin 2017, suite au départ de Joël Guerriau, lui-même touché par le cumul des mandats. « Je suis très attaché à ma ville mais personne n’est indispensable. J’ai été élu au sein d’une équipe soudée. Saint-Sébastien va bien. Et demain Saint-Sébastien ira très bien. Il n’y a pas de problème. »