Régionales en Nouvelle-Aquitaine : Pour Rousset « il existe désormais un modèle économique et industriel aquitain, à l’allemande »

POLITIQUE Le président sortant de la région Nouvelle-Aquitaine, le socialiste Alain Rousset, a lancé ce mardi sa candidature aux élections régionales des 20 et 27 juin prochains

Mickaël Bosredon

— 

Le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset a présenté sa candidature aux régionales.
Le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset a présenté sa candidature aux régionales. — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Alain Rousset a mis en avant son bilan en matière économique.
  • Il veut faire de l’emploi, la transition écologique et le ferroviaire, ses priorités s’il est élu pour un cinquième mandat.
  • Il confirme par ailleurs qu’il portera le projet de prolongement de la LGV Paris-Bordeaux jusqu’à l’Espagne.

C’est depuis l’espace de coworking Héméra du quartier Ravezies à Bordeaux, qu’ Alain Rousset a lancé ce mardi sa candidature aux élections régionales des 20 et 27 juin. « Quel est le président de gauche qui est accueilli dans une "boîte" pour présenter sa candidature ? » s’est enorgueilli le président PS de la région, qui brigue un cinquième mandat (deuxième depuis la fusion des régions) ?

Une manière de rappeler pour ce féru d’industrie, que l’emploi et l’économie ont été ses priorités durant ce mandat. Et le seront encore s’il est réélu. « La Nouvelle-Aquitaine a créé en 2019 36 % de l’emploi industriel net de France », a-t-il d’ailleurs encore rappelé, assurant qu’il existe désormais « un modèle économique et industriel aquitain, à l’allemande ».

Transition écologique et ferroviaire

C’est donc fier de son bilan, allant du « sauvetage » du lycée des métiers du bâtiment de Felletin dans la Creuse au lancement du Ferrocampus (technopole dédiée au ferroviaire) sur les anciennes friches industrielles de Saintes, qu’Alain Rousset a confirmé : « Oui, je repars. » Le combat de trop ? C’est ce que ses opposants veulent faire croire. Mais à 70 ans, le socialiste assure avoir encore le plaisir et la passion, et surtout des idées plein la besace. « Qui a eu l’idée de basculer toutes les politiques de la région par rapport au changement climatique ? Votre serviteur » s’est-il encore félicité.

Alors qu’il devra affronter parmi ses concurrents, son actuel vice-président à l’Environnement, l’écologiste Nicolas Thierry, Alain Rousset veut d’ailleurs faire de la transition écologique l’autre de ses priorités, avec le ferroviaire. « Mais il ne faut pas que tous nos moyens passent dans des salles des fêtes ou des bouts de route ici ou là, sinon on ne fera ni le ferroviaire ni la transition écologique, ni le développement économique, prévient-il. Or, j’ai une vraie inquiétude sur la tendance naturelle d’un certain nombre d’élus au saupoudrage. »

« La LGV doit aller vers l’Espagne »

En dehors de la liaison routière entre Limoges et Poitiers qui est pour lui « une priorité », les moyens devront être concentrés sur « les 2.300 km de lignes ferroviaires à régénérer et à reconstruire. » Et, « après la réussite populaire de la LGV Paris-Bordeaux, il faut aller vers l’Espagne, c’est ce que l’Europe attend de nous. » Une LGV qui permettrait de libérer des sillons pour lancer, enfin, un vaste projet de ferroutage. « Peut-on accepter en étant écologiste que nous ayons inéluctablement 10.000 camions par jour qui polluent notre région, qui détruisent notre environnement ? » lance-t-il, avant toutefois de reconnaître que le sujet, qui traîne depuis des années, « est un dossier d’Etat, financé par l’Europe. »

Sur la question des éventuelles alliances d’entre-deux tours, le président de la région a rappelé être en faveur d’un « fonctionnement de coalition à l’allemande. » « Il y a eu jusqu’ici un accord avec la PC, les verts, la gauche et la société civile, je ne vois pas pourquoi cela ne se reproduirait pas cette fois-ci. Il n’y aura en tout cas pas de blocage de mon côté. »