Régionales : Comment le scrutin va-t-il se dérouler concrètement ?

ELECTIONS Les élections régionales et départementales auront lieu les 20 et 27 juin, dans un contexte sanitaire particulier lié à l'épidémie de coronavirus

Manon Aublanc

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Une urne, lors des municipales à Marseille. (archives)
Une urne, lors des municipales à Marseille. (archives) — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
  • Initialement prévues en mars, les élections régionales et départementales ont été repoussées en raison de l’épidémie de coronavirus.
  • Sur proposition du Premier ministre, Jean Castex, qui a obtenu l’aval massif de l’Assemblée nationale ce mardi, les deux scrutins dérouleront les 20 et 27 juin prochains.
  • Vaccination, procurations, gestes barrières, campagne dématérialisée… Face au risque sanitaire, des protocoles renforcés seront mis en place pour les deux scrutins.

Après plusieurs jours de consultations, Jean Castex a obtenu, ce mardi, l’aval massif de l’Assemblée nationale sur le maintien en juin des élections régionales et départementales, mais décalées d’une semaine, les 20 et 27 juin.

En pleine épidémie de coronavirus, le gouvernement mise sur la mise en place de protocoles sanitaires renforcés et le déploiement de la vaccination pour assurer la « sécurité sanitaire » des quelque 45 millions d’électeurs. Campagne, vote, gestes barrières, vaccination20 Minutes vous explique comment vont se dérouler les scrutins.

Des scrutins suivis en haut lieu

A élection particulière, organisation particulière. Le déroulement de ces deux scrutins sera chapeauté par deux structures. En premier lieu, une « autorité morale et juridique », représentée par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et le Monsieur élection du gouvernement, Jean-Denis Combrexelle, ancien président de la section du contentieux du Conseil d’Etat. Ce dernier pilotera d’ailleurs un « comité de suivi permanent », indique le ministère de l’Intérieur à 20 Minutes.

Une deuxième équipe, « pilotée par un préfet, dont la nomination est en cours », s’occupera de la partie « logistique et opérationnelle » pour l’organisation concrète des scrutins – « comment fournir l’ensemble des tests, etc. » –, a poursuivi cette même source.

La campagne

Une chose est sûre, cette campagne électorale sera « différente », a affirmé Jean Castex lors du débat sur l’organisation des scrutins à l’Assemblée nationale, mardi, avant une prise de parole devant le Sénat ce mercredi. La dématérialisation des outils de campagne, tels que les tracts ou les interventions des candidats, « sera donc encouragée au maximum », a ajouté le Premier ministre. Un site Internet sera créé par le gouvernement afin de permettre aux électeurs de disposer de « l’ensemble des professions de foi des candidats aux deux élections ». De plus, « un débat télévisé, qui sera aussi diffusé à la radio, sera organisé entre les candidats des régionales avant chacun des deux tours des élections régionales », a fait savoir le chef du gouvernement.

Pour mobiliser les électeurs et électrices, les candidats et leurs équipes de campagne pourront se déplacer « dans le ressort de la circonscription électorale » au-delà du périmètre de 10 km imposé actuellement par le confinement en vigueur. Les militants pourront les accompagner « sur la base d’une attestation du candidat » ou de son mandataire financier. Les meetings physiques et les réunions publiques ne sont pas autorisés, « à l’intérieur comme à l’extérieur », mais cette mesure pourrait être amenée à évoluer en fonction de la situation sanitaire, a détaillé Jean Castex.

Les procurations

Pour réduire au maximum les contacts, notamment pour les personnes les plus fragiles, le vote par procuration sera simplifié. Chaque électeur pourra disposer de deux procurations, contre une seule habituellement. Avant de se rendre au commissariat ou à la gendarmerie pour valider son identité, les votants pourront préparer leur procuration « de façon presque totalement dématérialisée » sur le site MaProcuration.gouv.fr.

Le vote

Un protocole sanitaire sera mis en place « pour garantir le respect des gestes barrière » et la sécurité sanitaire dans les bureaux de vote. « Dans toutes les communes où cela semblera pertinent », les bureaux de vote pourront ouvrir de 8 heures à 20 heures, afin d’éviter au maximum les files d’attente. S’il revient aux préfets de fixer les horaires de fermeture des bureaux, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, « ne souhaite pas que cet horaire dépasse les 20 heures », a-t-il expliqué devant l’Assemblée.

Le port du masque sera évidemment obligatoire pour les électeurs et pour les membres des bureaux de vote. Comme lors du second tour des élections municipales, en juin dernier, un marquage au sol sera réalisé pour maintenir les distances entre les électeurs, qui devront émarger avec leur propre stylo. Du gel hydroalcoolique ou un « point d’eau » pour se laver les mains seront disponibles dans chaque bureau de vote. « Il est évident que nous allons donner des consignes particulières pour que les personnes les plus âgées, à mobilité réduite, ou ayant des comorbidités, passent en priorité dans les bureaux de vote », a ajouté Gérald Darmanin.

Les assesseurs

Pour limiter les risques de contamination, les membres des bureaux de votes et fonctionnaires mobilisés le jour du scrutin seront identifiés trois semaines avant le premier tour « afin qu’une vaccination puisse leur être proposée ». S’ils ne sont pas vaccinés, ils devront réaliser un test « PCR ou antigénique dans les 48 heures précédentes » ou un « autotest juste avant » l’ouverture des bureaux de vote, a précisé le Premier ministre. L’Etat fournira des lots d’autotests aux communes, « leur permettant de tester, le jour du scrutin, tous les participants aux opérations de vote qui n’auraient pas eu d’autres solutions ».

Le dépouillement

Le dépouillement des deux scrutins se tiendra simultanément « dans deux salles distinctes ou dans une salle suffisamment grande », et pourrait être autorisé « à l’extérieur sous certaines conditions, par exemple dans la cour de l’école ». Les membres du bureau et assesseurs pourront y participer « si cela s’avérait nécessaire ».