Régionales en Occitanie : Le recrutement des assesseurs risque de virer au casse-tête, selon un maire

POLITIQUE La question de maintenir ou pas les élections régionales et départementales de juin n’est pas que politique. Illustration à l’Union, tout près de Toulouse où le maire craint une pénurie d’assesseurs

Hélène Ménal

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Dans un bureau de vote de Toulouse, le 15 mars 2020, lors du 1er tour des élections municipales.
Dans un bureau de vote de Toulouse, le 15 mars 2020, lors du 1er tour des élections municipales. — F. Scheiber - Sipa
  • Les préfets consultent les pour savoir si'il faut maintenir les élections départementales et régionales des 13 et 20 juin.
  • A l'Union, près de de Toulouse, le maire n'a pas résolu le dilemme.
  • Marc Péré redoute que les assesseurs, dont il faut doubler les équipes pour ce double scrutin, ne se bousculent pas au protillon.

En Haute-Garonne, comme partout ailleurs, le préfet consulte les maires sur l’opportunité de maintenir les élections départementales et régionales des 13 et 20 juin avant le débat de ce mardi à l’Assemblée nationale. La question est épineuse, les implications politiques d’une part, sanitaires et techniques d’autre part, nombreuses.

Et ce n’est pas la réponse de Marc Péré (divers gauche), le maire de l'Union, commune de 11.500 habitants, collée à Toulouse, qui va éclairer la lanterne du représentant de l’Etat. « Après un week-end de discussion dans l’équipe, nous n’avons répondu ni oui, ni non au préfet », reconnaît l’édile.

Séparer les deux scrutins ?

Il aurait aimé dire un non, franc, au report. Parce que pour lui « quand la République a rendez-vous avec le peuple, il fait que ce rendez-vous ait lieu ». Mais il sait aussi que l’organisation de ce double scrutin va être coton. « Franchement, il nous inquiétait déjà avant que le Covid n’arrive pour jouer les épées de Damoclès », explique Marc Péré. En temps normal, l’Union regroupe ses déjà 11 bureaux de vote dans sa grande halle, en mode « votodrome » en quelque sorte. Pour cela, il faut 65 assesseurs ou présidents, qu’ils soient militants, habitants ou employés municipaux réquisitionnés. Là, pour deux scrutins, c’est un une équipe de « 130 personnes » que la mairie devra mobiliser.

« Pas évident, étant donné la désaffection grandissante pour la vie publique », souligne l’élu. Et si en plus, conformément aux recommandations du Conseil scientifique, ces citoyens exemplaires, prêts à sacrifier un week-end de juin déconfiné, doivent être tous vaccinés dans deux mois, la tâche paraît « presque impossible ». « A moins d’organiser les départementales en juin et les régionales à la rentrée », glisse Marc Péré. Comme quoi il y a du grain à moudre dans sa réponse de Normand.