Régionales en Ile-de-France : La grande alliance des gauches est-elle possible ?

POLITIQUE Si des discussions et des contacts existent entre Clémentine Autain (LFI) et Julien Bayou (EELV), une alliance avec Audrey Pulvar (PS) avant le premier tour des régionales semble plus délicat

R.L.
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Clémentine Autain (LFI) et Julien Bayou (EELV) à Gonesse dans le Val d'Oise
Clémentine Autain (LFI) et Julien Bayou (EELV) à Gonesse dans le Val d'Oise — ISA HARSIN/SIPA
  • Les élections régionales auront lieu les 13 et 20 juin prochains.
  • Comme dans les Hauts-de-France, une alliance de la gauche est-elle possible en Ile-de-France ?
  • « Les Hauts-de-France nous inspirent et beaucoup de candidats parlent d’écologie. Si la situation n’est pas polluée par l’élection présidentielle, tout est possible », explique à 20 Minutes, Julien Bayou, candidat EELV.

Les Hauts-de-France comme modèle. Alors que dans cette région, toute la gauche partira réunie derrière l’écologiste Karima Delli lors des élections régionales avec une coalition des Verts, insoumis, socialistes et communistes, pour faire face à Xavier Bertrand (LR), d’autres tentent de reproduire le schéma. En Ile-de-France, Benoît Hamon l’ex-candidat socialiste à la présidentielle qui a décidé en février de figurer sur la liste écologiste de Julien Bayou, a appelé à ce grand rassemblement pour détrôner la présidente sortante, Valérie Pécresse.

« Je propose, sur le modèle de ce qui a marché dans les Hauts-de-France, que s’ouvrent des discussions avec Audrey Pulvar [tête de liste soutenue par le PS] et Clémentine Autain [tête de liste LFI]. Bayou est celui qui propose le rassemblement le plus large », a-t-il insisté, en rappelant le candidat EELV avait derrière lui Génération.s, Génération Ecologie ou Cap21 notamment. Où en sont les discussions à quelques mois du scrutin ?

« Les Hauts-de-France nous inspirent »

Clémentine Autain et Julien Bayou se croisent régulièrement sur le terrain, discutent. Mais rien n’est scellé pour l’heure. Le leader de la liste des écologistes se dit « prêt à discuter » en vue du rassemblement. « Les Hauts-de-France nous inspirent et beaucoup de candidats parlent d’écologie. Si la situation n’est pas polluée par l’élection présidentielle, tout est possible », explique-t-il à 20 Minutes. Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a proposé, sur  France Inter dimanche un compromis aux Verts dans les négociations pour les régionales, en acceptant que LFI n’ait qu’une seule tête de liste – et EELV les autres – dans six régions en discussions.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas précisé quelles régions étaient concernées. L’accord sur la tête de liste LFI pourrait être « par exemple en Ile-de-France » où le secrétaire national des Verts Julien Bayou « pourrait faire le beau geste pour Clémentine Autain » ou en PACA, a-t-il estimé. Si un accord peut se trouver entre les deux formations, il semble en revanche plus délicat à nouer avec Audrey Pulvar.

« Derrière Audrey Pulvar, il y a l’enjeu Anne Hidalgo »

« Je souhaite que nous trouvions avec Clémentine Autain et Julien Bayou le chemin d’un rassemblement au second tour », a récemment fait savoir au média Regards, Audrey Pulvar. La candidate semble exclure toute coalition avant le premier tout. « Avec Julien Bayou et Clémentine Autain, je ne doute pas que nous nous retrouverons pour discuter. Les tractations électorales ne sont pas la priorité. L’urgence c’est d’écouter les Franciliennes et Franciliens. L’objectif est de gagner », a-t-elle ajouté.

« Nous n’avons pas de contact avec elle. Et derrière Audrey Pulvar, il y a l’enjeu Anne Hidalgo », déplore-t-on d’ores et déjà dans les rangs écologistes d’Ile-de-France. Pour la maire de Paris qui a lancé récemment sa plateforme « Idées en Commun », la candidature de son adjointe à l’agriculture représente une première échéance et un premier test pour ses idées et une ambition qui dépasserait la capitale.