Régionales en Nouvelle Aquitaine : Un accord « inédit » entre la France Insoumise et le NPA, contre le « modèle Rousset »

POLITIQUE Forts de leur expérience au sein de Bordeaux en luttes pour les municipales, La France insoumise et une partie du Nouveau parti anticapitaliste font liste commune pour les Régionales des 13 et 20 juin prochains

Elsa Provenzano
— 
Clémence Guetté, 29 ans, conduit la liste LFI/NPA aux Régionales, en Nouvelle Aquitaine.
Clémence Guetté, 29 ans, conduit la liste LFI/NPA aux Régionales, en Nouvelle Aquitaine. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • En Nouvelle Aquitaine, La France insoumise et une partie du NPA ont noué un accord inédit pour faire liste commune pour les Régionales.
  • Ils ont présenté ce mercredi quelques-unes des priorités de leur programme.
  • Leurs propositions sont en lien direct avec les luttes sociales des dernières années, parmi lesquelles figurent les manifestations des « gilets jaunes ».

C’est Clémence Guetté, 29 ans, secrétaire générale du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, qui conduit la liste « On est là », réunissant LFI, une partie du NPA et des citoyens engagés pour les élections régionales en Nouvelle-Aquitaine, programmées les 13 et 20 juin prochains.

Originaire du Poitou-Charente, la jeune femme a présenté ce mercredi avec quatre autres porte-parole dont Philippe Poutou, conseiller municipal, et Loïc Prud’homme, député insoumis, les grandes lignes d’une liste qui se veut en lien direct avec les luttes sociales, au premier rang desquelles celle des « gilets jaunes ». Le nom de la liste « On est là », rappelle d’ailleurs les slogans scandés lors des manifestations.

Un accord unique en France

La Nouvelle-Aquitaine est à ce jour la seule région dans laquelle les deux mouvements politiques ont trouvé un accord. Une situation qui s’explique peut-être par l’existence de Bordeaux en luttes, la liste pour les municipales conduite par Philippe Poutou, qui avait déjà rapproché localement La France insoumise et une certaine frange du NPA. Des discussions sont en cours en Occitanie et un accord du même type pourrait être rendu public dans les jours qui viennent. « On est très fiers d’avoir conclu cet accord parce qu’on pense qu’on peut œuvrer dans la même direction, explique Clémence Guetté. Et surtout, il s’agit de faire rentrer des Néoaquitains dans le conseil régional. On ne veut pas s’occuper des habitants mais les faire rentrer au conseil pour qu’ils décident par eux-mêmes, on est persuadés que c’est comme cela que les meilleures décisions pourront être prises ».

« On va combattre le modèle de Rousset (PS), qui dirige depuis vingt-trois ans la région et la méga région », annonce la tête de liste. Pour elle, le président socialiste actuel a sa part de responsabilité sur la création de ces grandes régions « déconnectées des bassins de vie et des préoccupations des habitants ».

Défendre l’emploi industriel, sortir de l’agriculture intensive

Très engagé dans la lutte pour la défense des emplois de l’usine Ford, qui a fermé, Philippe Poutou a par exemple évoqué la situation de la papeterie de Bègles. Son avenir est menacé alors même que les salariés portent un projet de reconversion. « Ces outils de travail peuvent être remis dans leurs mains, ils savent quoi en faire, eux », relève-t-il. La liste prévoit de se battre pour sauvegarder les emplois industriels sur le site des Fonderies du Poitou et à Getrag, l’usine voisine de l’ex-Ford.

Sur le volet agricole, le chantier est jugé d’ampleur. « En 2017, Alain Rousset avait promis 10 % de surfaces agricoles bio en 2020, on est en 2021 et on est toujours à 7,5 %, constate Loïc Prud’homme, député girondin insoumis. Il avait promis que les pesticides seraient réduits de 50 % on est à + 25 % comme au niveau national, les horizons d’Alain Rousset ne font pas rêver ».

Pour sortir à l’échelle du mandat d’une agriculture intensive, il propose par exemple de s’intéresser aux repas servis dans les lycées. « Ce sont 31 millions de repas chaque année dans la région et la quantité de fournitures pour un repas d’un lycéen c’est environ deux euros de valeur, met en avant Loïc Prud’homme. C’est un levier de 60 millions d’euros pour réorienter notre modèle de production alimentaire ».

Autre priorité de la liste, développer les transports en commun (tram-trains, TER, bus etc.) avec la gratuité comme ambition, en commençant par en faire bénéficier les étudiants et les personnes les plus précaires.

Nourri par les revendications des « gilets jaunes », le programme prévoit aussi le recours au référendum d’initiative citoyenne (RIC) et la possibilité de révoquer les élus en cours de mandat, lorsqu’ils ne respectent pas leurs engagements.