Régionales en Bretagne : Donné favori, Loïg Chesnais-Girard devra toutefois rassembler à gauche

POLITIQUE Repoussées à cause de la crise sanitaire liée au coronavirus, les élections régionales se tiendront les 13 et 20 juin. En Bretagne, les candidatures se multiplient pour prendre la place de Loïg Chesnais-Girard, qui avait hérité du fauteuil de Jean-Yves Le Drian en 2017

Jérôme Gicquel

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Qui sont les candidats pour les régionales en Bretagne ? — 20 Minutes
  • La crise sanitaire liée au Covid-19 a décalé de trois mois les élections régionales. L’Assemblée nationale a fixé mi-février les dates des élections aux 13 et 20 juin.
  • A quatre mois du scrutin, 20 Minutes fait le point sur les candidats déclarés pour tenter de succéder à Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne et candidat à sa succession.
  • Donné favori, le socialiste devra toutefois rassembler à gauche et devra se méfier de son vice-président Thierry Burlot, candidat soutenu par LREM.

A 43 ans, Loïg Chesnais-Girard est le plus jeune président de région. Il est aussi le moins connu puisque seulement 27 % des Bretons et des Bretonnes sont capables de citer son nom selon le récent sondage RégioTrack d’OpinionWay pour Les Echos. « Le grand public le connaît peu car il n’a jamais été élu sur son nom et n’a jamais exercé de responsabilités nationales, cela peut être un désavantage pour lui », estime le politologue Romain Pasquier. Il n’en demeure pas moins que l’ancien maire de Liffré près de Rennes, qui avait hérité du fauteuil de Jean-Yves Le Drian en juin 2017 après la nomination de ce dernier au gouvernement, reste le favori des élections régionales qui se tiendront les 13 et 20 juin.

A la tête d’une région dynamique et bien moins impactée que les autres par la crise sanitaire liée au coronavirus, Loïg Chesnais-Girard partira sous les couleurs du Parti socialiste, sa famille de toujours, même si certains l’auraient bien vu être le candidat de la majorité présidentielle. « La gauche a encore des choses à dire, à faire et c’est toujours bienvenu de dire aux électeurs ce que l’on est », avait-il indiqué début janvier dans une interview accordée au Figaro. Les derniers résultats aux élections municipales ont d’ailleurs prouvé que la gauche était toujours bien vivante en Bretagne. Une gauche cependant bien plus verte, les écologistes ayant pris du poids dans la région comme à Rennes ou à Brest.

Les écologistes partiront divisés au premier tour

Pour Loïg Chesnais-Girard, tout l’enjeu au soir du premier tour sera donc de rassembler « car il ne pourra pas gagner seul », estime Romain Pasquier. Portés par la vague verte des dernières municipales, les écologistes croient également en leurs chances. Ils partiront cependant en ordre dispersé avec d’un côté la candidate EELV Claire Desmares-Poirrier et de l’autre Daniel Cueff, l’ancien maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) devenu célèbre pour son combat contre les pesticides.

Sans compter la France insoumise qui, après l’échec d’une alliance avec les Verts, partira également seule avec le binôme Marie-Madeleine Doré Lucas et Pierre-Yves Cadalen pour la représenter. « Il risque d’y avoir un éparpillement des voix, ce qui représente un vrai danger pour les écologistes », souligne le politologue.

LREM derrière Thierry Burlot, le monsieur algues vertes

Dans une terre qui avait voté en masse pour Emmanuel Macron en 2017, La République en Marche jouera également la carte écolo pour les élections régionales en Bretagne. Jean-Yves Le Drian ayant refusé de repartir au combat, le parti présidentiel soutiendra le candidat Thierry Burlot, vice-président de la région chargé de l’environnement et président de l’Office français pour la biodiversité. Reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée le 10 février, le monsieur algues vertes en Bretagne se présentera toutefois sans étiquette. « Je souhaite le rassemblement le plus large possible. Certains socialistes ou ex-socialistes pourraient me rejoindre, certains écologistes pourraient être partants », a déclaré ce proche de Jean-Yves Le Drian, qui aura également le soutien de l’UDI et du Modem dans la région.

« Il peut être l’adversaire principal de Loïg Chesnais-Girard, surtout s’il s’allie avec Isabelle Le Callennec au second tour », souligne Romain Pasquier. L’ancienne députée et actuelle maire de Vitré portera les couleurs des Républicains, qui avaient obtenu 18 sièges au conseil régional en 2015 avec le candidat Marc Le Fur.

Le Rassemblement national peut-il encore progresser ?

Plus à droite, c’est Gilles Pennelle qui sera une nouvelle fois le candidat du Rassemblement national. Lors des dernières régionales, le chef de file du parti de Marine Le Pen en Bretagne avait réussi son pari en décrochant douze sièges. « Il peut réitérer son bon score de 2015 mais il va se heurter à un plafond de verre dans une région qui se tourne traditionnellement moins vers les extrêmes », estime le politologue.

D’autres « petits » candidats ont également annoncé qu’ils seront sur la ligne de départ en juin comme David Cabas (Debout la France) ou Joannic Martin (Parti Breton).