Régionales en Nouvelle-Aquitaine : Un cinquième mandat pour Alain Rousset, ou une alternance ?

POLITIQUE Repoussées à cause de la crise sanitaire liée au coronavirus, les élections régionales se tiendront les 13 et 20 juin. En Nouvelle-Aquitaine, les candidatures se multiplient pour prendre la place d’Alain Rousset réélu en décembre 2015

Mickaël Bosredon

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Régionales en Nouvelle-Aquitaine : Un cinquième mandat pour Alain Rousset, ou une alternance ? — 20 Minutes
  • La crise sanitaire liée au Covid-19 a décalé de trois mois les élections régionales. L’Assemblée nationale a fixé, mi-février, les dates des élections aux 13 et 20 juin.
  • A quatre mois du scrutin, 20 Minutes fait le point sur les candidats déclarés ou annoncés pour succéder à Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine.
  • Six candidats sont aujourd’hui pressentis ou officiellement investis, dont le président sortant.

On y voit plus clair depuis quelques jours sur le front des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine. Les principales têtes de liste sont aujourd’hui connues, avec notamment l’investiture officielle de Nicolas Florian par Les Républicains, mardi dernier.

L’ancien maire de Bordeaux, 51 ans, battu aux dernières municipales par l’écologiste Pierre Hurmic, va donc tenter cette fois-ci de défier le socialiste Alain Rousset, 70 ans, président de la région Aquitaine de 1998 à 2015, puis de la Nouvelle-Aquitaine depuis 2015. Si ce dernier n’est pas encore officiellement investi, il a déjà annoncé qu’il briguerait un cinquième mandat. La République en marche, alliée au MoDem, devrait également se positionner dans la course, avec certainement la Landaise Geneviève Darrieussecq (MoDem), ministre des Anciens combattants, comme tête de liste.

Un actuel vice-président face au président de la région

Deux autres candidats ont été officiellement investis, Edwige Diaz pour le RN et Nicolas Thierry pour EELV. La particularité étant que ce dernier est actuellement le vice-président de la région en charge de l’environnement et de la biodiversité. « Il y avait déjà une liste écologiste autonome en 2015, menée par Françoise Coutant », rappelle Laurence Rouède, conseillère régionale et directrice de campagne d’Alain Rousset. Les listes de Françoise Coutant et d’Alain Rousset avaient fusionné au second tour, pour finalement l’emporter avec 44,27 % des voix, devant la liste de Virginie Calmels (LR) qui avait obtenu 34,06 %.

Il va tout de même falloir se contorsionner un peu, du côté d’Alain Rousset et de Nicolas Thierry, à l’heure de faire le bilan de la mandature qui s’achève. « Les élus écologistes sont dans la majorité actuelle d’Alain Rousset, assène Laurence Rouède, et il n’a pas attendu que l’écologie devienne un sujet dernièrement, pour s’en préoccuper, puisqu’il a créé un Giec régional en rassemblant des chercheurs, dont les rapports servent à faire basculer les politiques régionales sous l’angle de la transition écologique. »

Dans l'entourage de Nicolas Thierry, on estime que les Verts ont été durant cette dernière mandature « des partenaires, pas des supplétifs ». « Nous avons fait entendre notre différence mais ce n’est plus suffisant, explique Michael Luzé, chargé des relations presse, à 20 Minutes. L’écologie ne peut plus passer au second plan : il faut une présidence écologiste pour engager la transition ». Et la tête de liste entend bien surfer sur la vague verte qui a vu Bordeaux et Poitiers tomber entre les mains d’EELV lors des dernières municipales, même si son parti n’avait récolté que 5,60 % des suffrages au premier tour des dernières régionales.

Un premier round de la présidentielle 2022 ?

Du côté du RN, on ne cache pas non plus son ambition, avec la jeune Edwige Diaz, 33 ans, qui prend le relais de Jacques Colombier, qui avait réalisé 21,67 % au deuxième tour en 2015. L’actuelle conseillère régionale, et élue de Saint-Savin, dans le nord Gironde, ne manque pas de tirer à boulets rouges sur la situation politique de ses adversaires qu’elle juge confuse. « Moi, je représente un parti, qui est clairement identifié, quand mes adversaires représentent des conglomérats de partis, plus ou moins crépusculaires » déclare-t-elle à 20 Minutes.

La candidate estime par ailleurs que ces régionales, constitueront une sorte de premier round de la présidentielle de 2022. « Les sujets qui intéresseront les Néo-aquitains en juin seront aussi des sujets nationaux qu’il faudra décliner en fonction des moyens d’une région. Ce sera difficile de les désolidariser. »

Nicolas Florian (LR) y croit, suspens à l’extrême gauche

Chez LR, on reconnaît en coulisses que la partie n’est pas gagnée d’avance en Nouvelle-Aquitaine. Mais Nicolas Florian, conseiller régional depuis 2010, veut y croire, martèle qu’il connaît très bien la région et qu’il peut en devenir le président. Il peut déjà se satisfaire d’avoir réussi à faire la quasi-unanimité autour de lui, même si sa candidature n’était pas celle pressentie il y a quelques mois.

Jeudi, le Mouvement de la Ruralité a quant à lui officialisé un accord pour une liste commune avec le Mouvement Résistons de Jean Lassalle. C’est Eddie Puyjalon qui la mènera. Au moins une autre candidature reste en suspens : La France insoumise présentera-t-elle une liste, ou fusionnera-t-elle avec le NPA de Philippe Poutou ? Des discussions seraient toujours en cours sur ce point.