Elections municipales en Bretagne : A Langouët, la guerre des pesticides au cœur d’un vote ultra serré

MUNICIPALES Dimanche, 80 % des habitants en âge de voter se sont déplacés aux urnes. Les soutiens du maire sortant Daniel Cueff ont été battus

Camille Allain

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Des affiches anti pesticides placardées sur les murs d'un bâtiment à Langouët, en Ille-et-Vilaine.
Des affiches anti pesticides placardées sur les murs d'un bâtiment à Langouët, en Ille-et-Vilaine. — C. Allain / 20 Minutes
  • La commune de Langouët, 600 habitants, a fini le dépouillement à 1 h du matin au soir du premier tour des élections municipales.
  • Le taux de participation est énorme et dépasse les 80 % dans la commune d’Ille-et-Vilaine.
  • Le scrutin s’est transformé en référendum autour des pesticides après les récentes prises de position de Daniel Cueff, maire sortant. Ce dernier ne se représentait pas, et ses soutiens ont été battus.

Ils ont terminé le dépouillement à 1 h du matin. Un scénario incroyable pour une commune d’un peu plus de 600 habitants. A Langouët, le premier tour de l’élection municipale a connu un scénario complètement fou. Alors que l’abstention a atteint plus de 60 % dans bon nombre de villes, le petit village d’Ille-et-Vilaine a vu 80 % de ses 395 votants se déplacer aux urnes. Dans cette commune rurale, le scrutin s’est transformé en véritable guerre des pesticides. C’est ici que le désormais très médiatique maire Daniel Cueff avait pris un arrêté antipesticides. Ce dernier avait fait le choix de ne pas se représenter. Et ses soutiens ont été battus.

Plus clivé, on ne fait pas. Dans la commune au scrutin plurinominal, les électeurs avaient la possibilité de rayer des noms. Et ils l’ont fait ! Tête de la liste « Langouët dynamique, ouverte et durable », plutôt opposée au maire sortant, Clotilde Quinio a remporté le plus de suffrages en obtenant 166 voix. Mais juste derrière elle, on retrouve le numéro 2 de la liste « Avenir Langouët », proche de Daniel Cueff. Sauf que la tête de cette liste Luc Rambaldi n’a pas été élue, n’obtenant que 150 voix et donc moins de 50 % des suffrages. Au final, c’est la liste de Clotilde Quinio qui remporte le scrutin en obtenant neuf élus, la liste soutenue par Daniel Cueff n’en obtient que quatre. Et il y aura un deuxième tour puisque deux sièges restent encore à pourvoir.

Pour le maire sortant Daniel Cueff, ce taux de participation très élevé est à mettre au crédit d’un puissant syndicat agricole en guerre contre son arrêté municipal anti-pesticides. « La FNSEA a placé un important propriétaire de terres de la commune sur la liste. C’est une grande famille qui a massivement voté. Ils ont même fait des procurations pour les grands-mères », attaque celui que l’on surnomme « le maire anti-pesticides ». La liste « Langouët dynamique, ouverte et durable » se défendait pourtant d’avoir réuni « des habitants représentatifs de la diversité de la commune ». Elle comptait dans ses rangs quatre agriculteurs « conventionnels », emmenés par une tête de liste salariée de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine.

« On ne veut pas parler »

Contacté, l’un des élus sortants de la liste sortie en tête n’a pas souhaité nous répondre. « On ne veut pas parler, on a passé une longue soirée hier. Tout le monde est reparti travailler », explique Jean-Pierre Goupil, retraité et ancien premier adjoint.

Depuis plusieurs mois, la petite commune de Langouët a connu une imprévisible médiatisation liée à cet arrêté anti-pesticides. De nombreux habitants nous avaient fait part de leur exaspération lors d’un reportage réalisé sur place il y a plusieurs mois. Il semblerait que dimanche, le premier tour des municipales se soit transformé en référendum autour des pesticides. Et les anti l’ont perdu.