Elections municipales à Rennes : La gauche dans un fauteuil, le PS et les Verts en négociations

ELECTIONS La maire sortante Nathalie Appéré est arrivée en tête au soir du premier tour à Rennes avec plus de 32 % des suffrages

Camille Allain

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Les listes de Nathalie Appéré et de Matthieu Theurier sont arrivées en tête au premier tour de l'élection municipale à Rennes.
Les listes de Nathalie Appéré et de Matthieu Theurier sont arrivées en tête au premier tour de l'élection municipale à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • La maire sortante Nathalie Appéré a obtenu plus de 32 % des suffrages au premier tour de l’élection municipale à Rennes.
  • La liste de la socialiste va fusionner avec celle des écologistes de Matthieu Theurier, arrivés seconds avec plus de 25 % des voix.
  • La candidate de LREM Carole Gandon arrive troisième avec 14,50 % devant le candidat de la droite et du centre Charles Compagnon qui obtient 12,21 % des voix.
  • Le premier tour a été marqué par une abstention de 60 % sur fond d’épidémie du coronavirus.

Son élection semble suspendue à l’évolution de l’épidémie de coronavirus. Arrivée nettement en tête au soir du premier tour d’une élection municipale marquée par une abstention à 60 %, Nathalie Appéré devrait rester maire de Rennes, à condition que le second tour se tienne ce dimanche. Elue en 2014, la socialiste a obtenu 32,77 % des voix, devançant assez nettement l’écologiste Matthieu Theurier. Avec 25,37 % des suffrages, les Verts gagnent dix points en six ans mais échouent à s’emparer du bastion socialiste. Sans fanfaronner, le candidat se dit satisfait. « C’est un contexte particulier mais nous sommes très contents. On réalise un score historique », rappelle Matthieu Theurier.

En bouclant un pavé de près de 200 pages comme programme, les écologistes avaient donné le ton de la campagne municipale à Rennes, poussant tous les candidats ou presque à « verdir » leurs propositions. « L’écologie doit être au cœur des débats. Elle l’a été et c’est déjà une satisfaction. Des discussions débuteront dès demain [lundi] », affirme la tête de liste écologiste. Ce dimanche, lui et Nathalie Appéré ont simplement « échangé quelques SMS » pour convenir d’un rendez-vous en équipes lundi et envisager une fusion des listes.

Très occupée par l’avancée de l’épidémie de coronavirus, la maire a fait savoir qu’elle ne communiquerait pas d’ici le deuxième tour et laissait à son équipe le soin de mener les discussions. « J’ai toujours porté le rassemblement de la gauche et mon équipe s’y emploiera », a promis Nathalie Appéré.

Vers un programme commun comme en 2014 ?

Comme en 2014, les deux listes devraient donc s’atteler à se mettre d’accord sur un programme commun. L’exercice sera tout sauf simple. Si les relations sont bonnes entre les deux camps de la majorité, certains points risquent de révéler quelques désaccords, à l’image du projet de construction d’un zénith au Parc-Expo qui semble acté par Nathalie Appéré mais dont les Verts ne veulent pas.

Derrière, le combat semble perdu d’avance. Aux mains du PS depuis 1977, Rennes n’a accordé que 14,29 % de ses voix à la candidate de La République en marche Carole Gandon. Dimanche soir, cette dernière ne s’avouait pas vaincue mais semblait pessimiste quant à la tenue du second tour. « C’est un score honnête et encourageant pour un premier scrutin local. Le PS a perdu significativement des points par rapport à 2014. Les Rennais avaient envie de renouveau », assure Carole Gandon. Parviendra-t-elle à trouver un accord avec Charles Compagnon ? Les deux camps semblent en douter. Le candidat de la droite et du centre a obtenu 12,21 % des voix et est en capacité d’intégrer le conseil municipal, mais ne semble pas très enclin à négocier avec La République en marche.

Le Rassemblement national prend une gifle

On notera également le très faible score du Rassemblement national. Alors qu’il ambitionnait de faire 10 % pour entrer au conseil municipal​, Emeric Salmon a péniblement dépassé les 4 % dimanche. Le candidat du RN ne pourra donc pas prétendre au remboursement de ses frais de campagne comme le prévoit la loi pour les listes ayant récolté plus de 5 % des voix. La liste de la France insoumise emmenée par Enora Le Pape a quant à elle obtenu 7,54 % des voix. C’est tout ce qu’il a manqué aux Verts pour dépasser Nathalie Appéré. Le jeu des alliances n’avait pas fonctionné à gauche. Il va pouvoir commencer.