Une liste électorale dans un bureau de vote.
Une liste électorale dans un bureau de vote. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

RESULTATS

Elections européennes: A Toulouse, au moins 150 électeurs radiés à tort des listes (et la pilule passe mal)

Selon la mairie de Toulouse, au moins 150 électeurs ont été radiés à tort des listes électorales par l’Insee. Mais ils pourraient être bien plus nombreux

  • Dimanche, de nombreux électeurs se sont présentés dans leur bureau de vote, mais n’ont pu glisser leur bulletin dans l’urne.
  • A Toulouse, selon l’élu aux élections, ils sont au minimum 150 à avoir été radiés à tort.
  • Le répertoire électoral unique de l’Insee est pointé du doigt.

Munis de leur carte électorale, des Toulousains se sont présentés dimanche dans leur bureau de vote avec la ferme intention de faire leur devoir de citoyen. Mais au moment de glisser leur bulletin dans l’urne, on leur a dit qu’ils ne figuraient plus sur les listes électorales.

Ils ont tout simplement été radiés. C’est l’un des ratés de cette élection, conséquence selon la mairie du  répertoire électoral unique géré par l’Insee. En décembre, 7.000 électeurs avaient ainsi été retirés par l’Institut des listes toulousaines et la mairie avait procédé de son côté à un gros toilettage en radiant pas moins de 15.699 électeurs en raison de déménagements ou de décès.

Cela pourrait concerner 1.000 électeurs toulousains

« Nous avions les listes des gens que nous avons radiés et ce n’est pas eux qui ont eu des problèmes. Contrairement à l’Insee ou c’était informatisé, nous avions pris nos précautions en effectuant des contrôles humains. Les radiations étaient effectuées après le retour de quatre cartes électorales et l’envoi de deux courriers. Nous aurions pu en radier 45.000, mais grâce à ce travail de recoupement il n’y en a eu que 15.000 », assure Sacha Briand, l’adjoint au maire aux élections. Après ce toilettage municipal, seuls deux radiés se sont réinscrits avant les élections selon l’élu.

Dimanche, ses services ont enregistré pas moins de 150 plaintes pour des radiations à tort faites par l’Insee. « Je considère qu’il y en a au moins trois fois plus, certaines personnes n’ayant fait aucune démarche. Et comme la participation est de 50 %, on estime que cela pourrait concerner 1.000 électeurs », poursuit Sacha Briand.

Parmi les radiés, des gens présents à Toulouse depuis quinze ans et ayant déjà voté à plusieurs reprises lors des précédents scrutins. Tous ont été orientés vers le tribunal d'instance de Toulouse dès dimanche, le seul à pouvoir donner son aval pour une réinscription le jour même. Et selon les échos de l’élu, la permanence élections a été submergée de demandes.

« Privée de mon droit de vote »

D'autres communes de la métropole ont aussi été victimes de ces radiations à tort, que ce soit à Tournefeuille ou Montrabé. Dans cette commune du nord-est toulousain, Barbara a appris « le bulletin à la main » qu’elle n’était plus inscrite.

« J’ai toujours voté dans ce bureau. Comme j’ai vécu à l’étranger, j’ai été inscrite en 2012 sur les listes consulaires. Mais quand je suis rentrée, je me suis réinscrite et j’ai voté là aux dernières législatives et présidentielle. On m’a dit que comme j’avais deux inscriptions, j’avais été radiée des deux listes, sans un seul courrier d’avertissement », critique cette électrice.

Ce lundi matin, se sentant privée de son droit de vote, elle a voulu porter plainte auprès de la gendarmerie. « On m’a répondu que ce n’était pas un délit et que nul n’est censé ignorer la loi », poursuit Barbara qui a quand même pu faire une « audition administrative ».

Pour éviter que ce bug se reproduise l’an prochain lors des municipales, la mairie de Toulouse a saisi de son côté le ministère de l’Intérieur. « Nous allons lui demander d’assurer une opération de viabilisation des listes, affirme Sacha Briand. Car si cela a un impact limité lors d’élections à la proportionnelle comme les européennes, on ne peut pas se le permettre sur un scrutin majoritaire où l’élection se joue parfois à dix voix près. »