Elections européennes: Battu en Grèce, Tsipras annonce des législatives anticipées

RESULTATS Le parti de gauche du Premier ministre est arrivé nettement derrière les conservateurs

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras vote pour les européennes, le 26 mai 2019
Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras vote pour les européennes, le 26 mai 2019 — Nikolas Joao Kokovlis / SOPA Ima/SIPA

Il a entendu le message des urnes. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dont le parti de gauche a été lourdement sanctionné aux élections européennes et locales, a annoncé dimanche soir qu’il convoquerait des législatives anticipées en juin, quatre mois avant la fin de son mandat. Son parti Syriza a été devancé de plus de 9 points par le principal parti d’opposition, la Nouvelle Démocratie (ND, droite), selon des résultats officiels partiels.

« Après le second tour des élections locales (le 2 juin), je demanderai au président d’organiser immédiatement des élections nationales », a déclaré Alexis Tsipras dans une allocution télévisée. « Je ne fuirai ni n’abandonnerai le combat pour l’égalité, la solidarité et la justice sociale », a-t-il dit, visiblement déçu du mauvais score de son parti.

Scrutin sans doute le 30 juin

Les élections nationales anticipées se tiendront sans doute le 30 juin, selon les médias grecs. Au pouvoir depuis quatre ans, Alexis Tsipras, 44 ans, avait fait du scrutin européen un vote de confiance à l’égard de sa politique, alors que son mandat expire au mois d’octobre et que des élections législatives étaient prévues à cette échéance.

Seulement, avec moins de 24 % des suffrages se portant sur Syriza, selon des résultats partiels, Alexis Tsipras a visiblement échoué à capitaliser sur les succès dont il se targuait, en particulier le retour de la Grèce sur les marchés financiers et la sortie des programmes de rigueur dictés par les créanciers, UE et FMI, pour parer à la crise de la dette.

Malgré la reprise de l’économie depuis 2017 et l’amélioration des résultats macroéconomiques, les Grecs peinent à se remettre d’une profonde récession et pâtissent d’un taux de chômage de 18 %, le plus élevé de la zone euro. Le train de mesures visant à alléger la pression fiscale et venir en aide aux retraités n’a visiblement pas suffi pour séduire un électorat lassé de la politique de rigueur.

Le parti néonazi en baisse

Le triple scrutin de dimanche, au cours duquel les Grecs votaient également pour les municipales et pour les régionales, était considéré comme un test crucial pour la majorité gouvernementale. Des résultats partiels pour les européennes (35 % des bulletins dépouillés) donnent son parti à près de 24 %, tandis que ND est crédité de plus de 33 %, selon le site du ministère de l’Intérieur.

Le parti socialiste du Kinal arrive en troisième position, à 7 %, devant les communistes du KKE à plus de 5 %, selon les sondages sortis des urnes. Le parti néonazi Aube Dorée obtient près de 5 % des suffrages, en baisse de près de 5 points par rapport aux élections de 2014, tandis qu’un nouveau parti nationaliste, la Solution grecque, progresse à ses dépens, en engrangeant plus de 4 % des voix.