Elections européennes: Benoît Hamon, clap de fin pour l'ancien apparatchik parti en solitaire?

RESULTATS Selon les estimations, Benoît Hamon a recueilli entre 3 et 3,5% des voix

20 Minutes avec AFP

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Benoit Hamon, tête de liste du mouvement Génération, le 11 avril 2019 à Paris.
Benoit Hamon, tête de liste du mouvement Génération, le 11 avril 2019 à Paris. — ISA HARSIN/SIPA

L’ancien candidat à la présidentielle PS Benoît Hamon a échoué ce dimanche à se faire élire député européen, une défaite qui pourrait clore plus de trente ans de vie politique, et qui sanctionne une stratégie solitaire avec son mouvement Générations.

« Je tirerai les leçons d’un deuxième échec majeur au suffrage universel », avait annoncé Benoît Hamon mercredi. Dimanche, l’ancien député n’était pas joignable pour commenter sa défaite. Dans un communiqué, son parti a promis de « poursuivre (son) engagement », au service d’une « société du partage » et de la « reconstruction et de l’unité de la gauche ».

Créer « maison commune de la gauche »

Sèchement battu à la présidentielle, avec 6,4 % des suffrages exprimés, Benoît Hamon avait aussi été éliminé dès le premier tour des législatives de 2017, à Trappes (Yvelines).

Après une campagne présidentielle éprouvante, où nombre de figures du PS lui ont préféré Emmanuel Macron, il avait annoncé le 1er juillet 2017 son départ du PS et la fondation d’un nouveau mouvement, le « Mouvement du 1er juillet » (M1717), plus tard rebaptisé Générations.

Objectif : enclencher une recomposition à gauche pour créer à l’horizon 2019 une « maison commune de la gauche », dans un processus comparable à celui qui avait conduit à la refondation du PS en 1971 à Epinay.

« Son ego l’a dépassé »

Mais rien ne s’est passé comme prévu, et la campagne des européennes a, au contraire, exacerbé les tensions entre les différentes chapelles d’un espace politique réduit. EELV a verrouillé sa liste dès le mois de juillet 2018, après l’échec des discussions avec Benoît Hamon. Ce dernier a tenté en vain ensuite de s’allier à Place publique – les pourparlers ont tourné court en raison de la présence du PS à la table des négociations –, et avec le PCF – pas question pour Benoît Hamon de s’effacer derrière Ian Brossat.

In fine, l'ancien candidat socialiste est apparu de plus en plus isolé, une des porte-parole de Générations, Aurore Lalucq, faisant même le choix de rejoindre la liste PS-Place publique conduite par Raphaël Glucksmann. « Benoît Hamon, son ego l’a dépassé. Ce n’est plus rationnel ce qu’il produit comme acte », estimait pendant la campagne un eurodéputé PS.

Lorsqu’il rembobine le film, le secrétaire national d’EELV David Cormand n’est pas tendre : « Après la présidentielle, je lui ai dit de rejoindre EELV : "Fais simple". Il a décidé de créer son parti, de faire de la cavalerie politique en disant "Je suis le plus populaire à gauche, je vais me refaire" ». « Benoît Hamon a fait ce qu’il sait faire, construire un appareil », ironise-t-il.