VIDEO. Elections européennes: «Macron va peut-être enfin comprendre», estime un «gilet jaune»

GILETS JAUNES 20 Minutes a suivi le début de la soirée électorale des Européennes avec deux « gilets jaunes »

Gilles Durand

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Eric Danckaert (à gauche) et Jean-Pierre Dupont, deux «gilets jaunes» sur le rond-point du MIN de Lomme, près de Lille.
Eric Danckaert (à gauche) et Jean-Pierre Dupont, deux «gilets jaunes» sur le rond-point du MIN de Lomme, près de Lille. — G. Durand / 20 Minutes
  • Eric Danckaert et Jean-Pierre Dupont sont « gilets jaunes » depuis le début du mouvement, en novembre 2018.
  • L’un a voté pour les élections européennes, l’autre non.
  • Tous deux espèrent le départ d’Emmanuel Macron.

Pour ces élections européennes, l’un a voté, l’autre non. 20 Minutes est allé à la rencontre de deux «  gilets jaunes » au discours différents, mais aux convictions convergentes. Tous deux se sont connus sur un rond-point au cœur d’un centre commercial à Lomme, près de Lille, le 17 novembre 2018, lors de la première manifestation.

« On était 84, se souvient Eric Danckaert. Depuis, je suis là chaque samedi matin, parfois tout seul. Je ne partirai que lorsque le pouvoir d’achat aura remonté » Samedi, il a été rejoint par Jean-Pierre Dupont. « Ce n’est pas normal qu’il soit tout seul », note ce dernier.

« On ne fait pas ça pour le plaisir »

A 49 ans, cet ancien employé dans le BTP, licencié au bout de 23 ans, souhaiterait « une grève générale pour faire bouger les choses ». Eric Danckaert se montre plus philosophe : « Ce mépris des politiciens ne peut pas continuer. On ne fait pas ça pour le plaisir, mais il faut agir tant qu’on peut encore. Ce n’est pas quand une plante est crevée qu’il faut l’arroser ».

« Environ 5.000 voitures y passent par jour, on touche beaucoup de monde », souligne Eric Danckaert. Ce qui unit les deux hommes, c’est le ras-le-bol social et les difficultés de la vie quotidienne. « Macron nous a vraiment déçus. Surtout sur les taxes. Il n’arrête pas de saquer ceux qui bossent et de faire des lois à la con. Il ne comprend pas que la vie est dure pour nous. Il ne voit que son intérêt. Il doit s’en aller », assène Jean-Pierre Dupont.

« Mon meilleur président, c’est mon portefeuille »

Devant son poste de télévision, il a apprécié les résultats des élections et la première place du Rassemblement national, même si lui, ne vote pas. « Je n’ai voté qu’une seule fois et je ne me souviens plus pour quoi c’était. Mon meilleur président, c’est mon portefeuille », avoue-t-il.

Vestiges de manifestations des «gilets jaunes» sur le rond-point du MIN de Lomme, près de Lille.
Vestiges de manifestations des «gilets jaunes» sur le rond-point du MIN de Lomme, près de Lille. - G. Durand / 20 Minutes

Le mauvais résultat de la liste « gilets jaunes » de Francis Lalanne ? « Il s’est présenté trop tard. Il ne nous représente pas. C’est mieux de faire barrage à Macron avec Marine Le Pen ». D’ailleurs, lui serait d’avis de « l’essayer ». « On n’est plus à ça près », glisse Jean-Pierre Dupont.

« L’abstention donne raison à Macron »

Contrairement à son collègue de lutte, Eric Danckaert est allé voter, même s’il reconnaît qu’il n’est « pas passionné par la politique ». « L’abstention donne raison à Macron qui, finalement, a été élu avec très peu de voix à la présidentielle », précise cet employé en logistique de 54 ans.

Lui est plutôt satisfait du résultat des écologistes. « Mais il faut nous aider financièrement à devenir écolo, car ce n’est pas simple, explique-t-il. Les gens ont voté Rassemblement national pour faire barrage, pas parce qu’ils sont d’extrême droite. Ce résultat, c’est la preuve qu’il y a beaucoup plus de gens mécontents que ne le croient les politiques. Vous savez, plus vous tapez fort sur un clou, plus il va s’enfoncer, ou plus il va se tordre. »