VIDEO. Elections européennes: Les ressortissants britanniques aux urnes pour la dernière fois (ou pas)

BREXIT En pleine crise du Brexit, et alors que Theresa May vient de démissionner, des Britanniques résidant en France se rendent aux urnes ce dimanche, peut-être pour leur dernier scrutin européen

Beatrice Colin

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Une carte électorale française et un passeport britannique, à l'occasion des élections européennes 2019.
Une carte électorale française et un passeport britannique, à l'occasion des élections européennes 2019. — B. Colin / 20 Minutes
  • Selon l’Insee, 45.876 ressortissants britanniques sont inscrits sur les listes électorales et peuvent participer aux élections européennes de ce dimanche.
  • En Haute-Garonne, ils sont près de 900 Britanniques à glisser leur bulletin dans l’urne, certainement pour la dernière fois à cause du Brexit.
  • Sally et Richard, deux Britanniques de l’agglomération toulousaine, se sentent pro-européen et ont voté.
  • Pour eux, en cours de naturalisation, ce ne sera sans doute pas une dernière.

Elle a toujours voté pour ces élections et s’est toujours sentie « fière d’être Européenne ». Ce dimanche matin, Sally Onn, une Anglaise installée à Blagnac, s’est rendue dans son bureau de vote de l’école « Aérogare » pour glisser son bulletin dans l’urne.

Un acte presque militant pour cette jeune mère de famille installée depuis sept ans dans la ville d’Airbus où différentes nationalités se côtoient au quotidien. D’ailleurs ce matin, elle n’est pas la seule « british » à s’être déplacée pour ce qui sera peut-être pour eux leur dernier acte de citoyen européen.

Un autre ressortissant est venu, mais a dû repartir chez lui pour imprimer son bulletin de vote, son choix s’étant porté sur une des 34 listes qui n’a pas eu les moyens de se payer des bulletins. En Haute-Garonne, ils sont ainsi 892 Britanniques à être inscrits sur les listes électorales, et plus de 45.800 au niveau national selon l'Insee.

« Enorme gaspillage »

Le mari de Sally lui a fait le choix de voter en Angleterre, par correspondance, pour ce scrutin européen. Elle a reçu récemment sa carte d’électeur par courrier et pour la première fois s’est rendue dans un bureau de vote français.

Sally Onn, Anglaise, a voté lors des élections européennes 2019 à Blagnac.
Sally Onn, Anglaise, a voté lors des élections européennes 2019 à Blagnac. - B. Colin / 20 Minutes

« Je garde un peu l’espoir, je croise les doigts pour qu’il y ait un second référendum, une deuxième opportunité de changer les choses car beaucoup de gens pensent aujourd’hui qu’ils se sont trompés », explique la jeune femme native de Cambridge.

Cette dernière ne cache pas sa « honte » de voir son pays se déchirer autour de cette question. « C’est un énorme gaspillage d’effort et de temps et d’argent, les politiques ne se concentrent plus que sur le Brexit et oublient les autres enjeux », critique cette juriste de formation qui avoue avoir pleuré à plusieurs reprises après le référendum de 2016.

Elle qui apprécie « la liberté de vivre où l’on veut dans l’Union européenne », a donné des prénoms à consonance française à ses enfants. Et s’est lancé dans une procédure de naturalisation.

Participer à la vie politique

Tout comme Richard Morgan. Après avoir été voté ce dimanche, le Gallois a posté sur sa page Facebook son émotion, et son amertume, d’avoir voté pour la dernière fois de sa vie avec sa carte électorale et son passeport britannique. Lors des prochaines Européennes, c’est en tant que citoyen franco-britannique qu’il devrait se rendre aux urnes.

Arrivé en France il y a 35 ans, il a effectué plusieurs demandes de naturalisation après la claque du Brexit, mais il a vu son dossier retoqué trois fois pour des histoires de paperasses. La dernière devrait être la bonne pour ce retraité de l’Education nationale française.

« J’aime la France, je suis Européen et je veux le rester. Je veux aussi participer pleinement à la vie politique de mon pays, celui où je vis. J’ai 72 ans, je veux que la situation soit claire », assure ce père de deux enfants de nationalité française qui a voté lors des dernières municipales de la Ville rose.

Avec philosophie, il garde une pointe d’espoir, même s’il ne sait « pas jusqu’où cela va aller ». Et de citer ce dicton : « Tout finira bien. Si ce n’est pas bien actuellement, c’est que ce n’est pas encore fini. »​