Elections européennes: Nicolas Hulot ne donnera pas de consigne de vote

ECOLOGIE Nicolas Hulot souligne ses divergences avec Emmanuel Macron, notamment en affirmant que « la croissance est un médicament qui tue »

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Hulot, le 11 juillet 2018 devant l'Elysée.
Nicolas Hulot, le 11 juillet 2018 devant l'Elysée. — ISA HARSIN/SIPA

Pas de consigne de vote pour l’ancien ministre de l’Ecologie. « J’ai choisi » mais « je n’ai pas à me substituer aux consciences des gens », a expliqué Nicolas Hulot, qui a refusé de livrer son choix pour les européennes. Le défenseur de l’environnement a toutefois reconnu des « divergences » avec Emmanuel Macron, lors de son passage sur BFMTV et RMC.

« A l’instant où je le dis, je divise et je réduis l’enjeu écologique à un enjeu partisan. Si demain on veut affronter le monde dans toutes ses difficultés on le fera en rassemblant », s’est-il justifié. Nicolas Hulot a cependant donné quelques indications sur son bulletin de dimanche. D’abord il ne votera pas « contre l’Europe ». « Il faut avoir une grande exigence de l’Europe, il ne faut pas voir seulement ce que l’Europe ne nous a pas apporté », a-t-il dit, semblant a priori exclure La France insoumise, eurosceptique, alors qu’il avait voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2012.

Sortir de la règle des 3 %

Autre critère : il faut avoir « une approche intégrale et systémique. L’écologie ce n’est pas une variable d’ajustement. C’est un changement de matrice ». Alors que le président de la République « fait partie » de ceux qui « attendent (…) qu’une croissance exponentielle reparte », Nicolas Hulot estime lui que « la croissance est un médicament qui tue ». « Tout le monde n’a pas forcément – et c’est là peut-être qu’il peut y avoir une divergence – compris que le libéralisme est incompatible avec les enjeux écologiques », a-t-il affirmé.

Autre « petite différence », « si on est vraiment en état d’urgence écologique, alors on s’affranchit de tous les dogmes et notamment des dogmes budgétaires », a-t-il estimé. Lui-même propose de sortir les investissements écologiques des critères de Maastricht, c’est-à-dire de la règle des 3 % maximum de déficit budgétaire, « sinon on n’y arrivera pas ». Une proposition que l’on retrouve notamment dans les programmes de Yannick Jadot (EELV), Dominique Bourg (tête de liste de Urgence Ecologie, liste soutenue par Génération Ecologie), ou Raphaël Glucksmann (PS-Place publique).

« Incohérence » sur l’exploitation de mines d’or

Nicolas Hulot, qui avait été candidat à la primaire EELV en 2011 pour la présidentielle, a reconnu une « forme de crédibilité » sur ces sujets des « écologistes politiques », sans en dire plus. Proche de l’ancien ministre, le député Matthieu Orphelin (ex-LREM) avait affirmé dimanche ne pas pouvoir « décemment voter » pour la liste de la majorité aux élections européenne.

L’ex-ministre a annoncé sa démission du gouvernement en août 2018, ne s’estimant pas assez soutenu dans son action. Interrogé sur l’arrêt du projet Montagne d’or, annoncé jeudi, Nicolas Hulot a pris « acte avec satisfaction » de cette décision, soulignant que « c’était une telle incohérence que ça nous faisait perdre toute crédibilité ».

Mais « attention, j’ai cru voir dans le Journal officiel qu’il y a eu une autorisation pour une autre exploitation de mine d’or, allons au bout de la cohérence », a-t-il mis en garde. Selon un arrêté du ministère de l’Economie du 13 mai, « la durée de validité du permis d’exploitation » donné à la Compagnie minière de Boulanger sur la commune guyanaise de Saint-Laurent-du-Maroni est prolongée « jusqu’au 16 janvier 2023, sur une surface inchangée de 35,4 km2 ».