Elections européennes: Sans l'UE, on n'aurait peut-être pas eu le lifting du lido entre Carnon et la Grande-Motte

LITTORAL A l’occasion des élections, «20 Minutes» s’est intéressé aux projets qui n’auraient pas pu voir le jour sans les fonds européens. Zoom sur la renaturation du bord de mer, entre Carnon et la Grande-Motte

Nicolas Bonzom

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Les chemins de bois qui mènent à la plage, au lido, entre Carnon et la Grande-Motte (Archives)
Les chemins de bois qui mènent à la plage, au lido, entre Carnon et la Grande-Motte (Archives) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Il y a cinq ans, le lido entre Carnon et la Grande-Motte était entièrement repensé.
  • Sur un budget de 5 millions d’euros, 1,1 million provient de fonds européens.
  • Un soutien indispensable, selon l’architecte et le maire de Mauguio-Carnon.

A l’occasion des élections, 20 Minutes s’intéresse aux projets qui ont été soutenus par des fonds européens. Dans l'Hérault, le lido en a bénéficié. Le réaménagement du bord de mer, entre Carnon et la Grande-Motte, est l’un des projets d’urbanisme les plus emblématiques de ces dernières années sur le littoral héraultais.

Depuis cinq ans, les voitures ont été chassées du cordon dunaire, et la route qu’elles empruntaient, bondée chaque été, a disparu sous le sable. Auparavant, des centaines de véhicules s’entassaient de part et d’autre de la voie, sur les bretelles d’accès ou les ronds-points. Les amateurs de farniente se garent aujourd’hui sur un parking de 1.000 places, construit le long de la voie rapide. Désormais, on marche 200 à 300 mètres pour atteindre la plage, à travers des chemins de bois.

L'un des chemins qui mènent du parking à la plage, au lido, entre Carnon et la Grande-Motte (Archives)
L'un des chemins qui mènent du parking à la plage, au lido, entre Carnon et la Grande-Motte (Archives) - N. Bonzom / Maxele Presse

1,1 million d’euros de l’Europe

« C’est un projet qui est exemplaire d’une politique de recul stratégique, détaille Alfred Peter, l’architecte et urbaniste qui a dessiné le nouveau visage du lido. On déconstruit le littoral pour redonner à la nature sa place, sans pour autant pénaliser le tourisme. »

Si la renaturation du site, très critiquée à l’époque par les associations environnementales, a bénéficié d’un soutien financier important de l’État et des collectivités locales (conseil général, région, agglomération et communes de Mauguio-Carnon et de la Grande-Motte), elle n’aurait sans doute pas pu voir le jour sans un coup de pouce de l’Union européenne. Sur un budget de 5 millions d’euros, 1,1 million d’euros a été puisé dans le Feder, le fonds européen de développement régional.

« Sans l’aide financière de l’Union européenne, ce projet ne se serait jamais fait »

« Sans l’aide financière de l’Union européenne, ce projet ne se serait jamais fait, il existe parce que l’Europe l’a soutenu, reprend Alfred Peter. Ce fut une aide à prendre ou à laisser, et s’il n’y avait pas eu cette carotte, je pense que les collectivités ne se seraient pas engagées. » « En matière de lutte contre l’érosion du trait de côte, les fonds européens sont le prérequis sans lequel rien n’est possible, note de son côté Yvon Bourrel (divers gauche), le maire de Mauguio-Carnon. C’est piloté, déterminé, par une nécessaire participation de l’Europe, car les communes seules n’ont pas les budgets. »

Cinq ans après, les retours d’usagers sur le lifting du Petit et Grand Travers sont très positifs, indiquent les services de l’agglomération du Pays de l’Or. De petits travaux doivent cependant être menés pour améliorer l’accueil des usagers. Car cet été encore, des dizaines de milliers de touristes prendront les plages d’assaut.

 

 

 

20 secondes de contexte

Selon les chiffres du site Toute l’Europe, la France a versé un montant total de 16,2 milliards d’euros à l’UE en 2017 et en reçu 13,5 milliards en retour, dont près de 9 milliards au titre de la Politique agricole commune (PAC).