Elections européennes: Ces projets du Grand Ouest qui n'auraient peut-être pas vu le jour sans l'UE

URBANISME A l’occasion des élections, « 20 Minutes » s’est intéressé aux projets qui n’auraient peut-être pas pu voir le jour sans les fonds européens. Exemples concrets à Nantes et à Rennes

F.Brenon et M.Pavard

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Le Grand éléphant des Machines de l'île, à Nantes, a été financé en bonne partie par l'Europe.
Le Grand éléphant des Machines de l'île, à Nantes, a été financé en bonne partie par l'Europe. — S.Salom-Gomis/Sipa

« On entend dire que l’Union européenne ça ne sert à rien, que c’est éloigné. Mais non, elle au contraire très présente dans notre quotidien », assure Anne Plaud, présidente de la Maison de l'Europe à Nantes. En y regardant de plus près, la traduction des financements européens se trouve effectivement au coin de la rue. Y compris dans le Grand Ouest. Exemples concrets à Nantes et à Rennes.

Dans la culture et le sport, comme le Zénith de Nantes

Les Machines de l’île, en particulier son Grand éléphant, sont devenues un emblème de la ville de Nantes. Mais qui sait que l’ensemble du site a bénéficié de 3,8 millions d’euros de l’Union européenne ? Soit plus de 20 % de la facture globale. Le Zénith de Nantes, le nouveau Palais des sports de Beaulieu ont, eux aussi, reçu des financements européens significatifs. Autre exemple, moins spectaculaire, le nouveau terrain de foot synthétique du quartier Dervallières a été payé à 40 % par l’Europe.

En Ille-et-Vilaine, le château de Fougères pourra bientôt se visiter en réalité virtuelle et augmentée grâce à un projet financé à 68 % par l’UE. A Rennes, la rénovation d’une salle de l’espace des sciences a été prise en charge à 31 % par l’Europe. Et à l’autre bout de la Bretagne, deux équipements emblématiques de Brest, la médiathèque des Capucins – la plus grande de la région – et Océanopolis, ont fait l’objet d’investissements européens de respectivement 1,5 million et 460.000 euros.

Dans les transports, comme le Métro de Rennes

La ligne B du métro de Rennes, livrée normalement à l'automne 2020, a bénéficié d’un prêt exceptionnel de 300 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement. Un financement conséquent auquel s’ajoute une subvention de 12 millions d’euros. Et les gares ne sont pas en reste, comme à Vitré où l’Europe participe à hauteur d’un million d’euros à l’aménagement du futur pôle d’échanges multimodal.

Image de synthèse de la future station Colombier
Image de synthèse de la future station Colombier - Semtcar

A Nantes, si la modernisation de la gare SNCF est financée principalement par la région Pays-de-la-Loire, l’Union européenne apporte tout de même 1,3 million d’euros. L’itinéraire cyclable Loire à vélo a, lui aussi, bénéficié de son aide. Une enquête pour mieux comprendre les trajets quotidiens des Nantais n’aurait pas vu le jour sans son soutien.

Pour soutenir l’emploi et les entreprises, comme la garantie jeunes

L’Europe consacre un budget de plusieurs milliards d’euros à la « garantie pour la jeunesse », destinée à l’insertion des jeunes. Un dispositif qui a essaimé avec la garantie jeunes – une aide mensuelle de 480 euros – dont ont bénéficié plus de 2.500 Rennais entre 2015 et 2018. L’UE a aussi fourni près de 200.000 euros à l’association Bretagne active qui accompagne les créateurs et repreneurs d’entreprises, ou 130.000 euros à un chantier d’insertion axé sur le maraîchage bio à Dinan.

A Nantes, l’UE a récemment engagé près de 2 millions d’euros pour la formation professionnelle de détenus. Elle a aussi nettement subventionné un incubateur d’entreprises innovantes (Atlanpole), l’achat d’une presse d’injection robotisée (IRT Jules-Verne) ou l’extension d’une usine de transformation de cacao, par exemple.

Dans la santé, comme l’IRS de l’île de Nantes

Au CHU de Rennes, un nouveau système utilisant la réalité virtuelle pour détecter les risques d'infection chez les grands prématurés a pu voir le jour en partie grâce à l’aide européenne. Toujours dans le domaine de la recherche, mais cette fois dans la lutte contre le cancer, l’UE a financé 30 % d’un projet mené par l’Université Rennes 1.

Flambant neuf, l’institut de recherche en santé (IRS) de l’île de Nantes a bénéficié de 3 millions d’euros de l’Europe, soit 23 % du coût total. Les locaux abritent des chercheurs travaillant sur les maladies infectieuses dans le domaine de la cancérologie et de l’immunologie.

Pour l’environnement, comme sur le lac de Grand-Lieu

On ne l’attendait pas forcément là mais l’UE finance aussi des actions de restauration de la faune et de la flore du lac de Grand-Lieu, en partenariat avec les chasseurs de Loire-Atlantique. Non loin de là, à Pont-Saint-Martin, elle a réglé 20 % de la construction d’une ferme maraîchère expérimentale.

Dans la Vallée de l’Arz (Morbihan), le coût du classement en zone Natura 2000 d’un site de 1200 hectares, abritant notamment des chauves-souris et des loutres, a été supporté pour moitié par l’Europe. Au nord-est de Rennes, le soutien de l’UE a également permis d’aménager une passe à poissons sur la rivière du Couesnon.

Et même dans nos habitations…

Les habitants dorment parfois sous des financements européens, sans même le savoir. A Nantes, à Rezé, la Turballe ou Saint-Nazaire, l’Europe a contribué de manière significative à la rénovation énergétique de logements ou résidence.

Idem à Rennes, à Guichen ou encore à Combourg où l’Union européenne a participé à la réhabilitation thermique de 24 logements sociaux.

 

 

 

 

20 secondes de contexte

Selon les chiffres du site Toute l'Europe, la France a versé un montant total de 16,2 milliards d’euros à l’UE en 2017 et en reçu 13,5 milliards en retour, dont près de 9 milliards au titre de la Politique agricole commune (PAC).