VIDEO. Elections européennes: Sans l'UE, on n'aurait peut-être pas eu un robot dernier cri pour explorer les fonds marins

SCIENCES A l’occasion des élections, 20 Minutes s’est intéressé aux projets qui n’auraient pas pu voir le jour sans les fonds européens. Zoom sur un robot surpuissant qui permet d'explorer les fonds marins

Mathilde Ceilles

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Plongee sous-marine avec "Le Club sous l'Eau" pres de Saint-Raphael dans le Var. Fond marin typique de la Méditerranée avec banc de sars.
Plongee sous-marine avec "Le Club sous l'Eau" pres de Saint-Raphael dans le Var. Fond marin typique de la Méditerranée avec banc de sars. — BARIL-PBI/SIPA
  • Dans quelques jours se tiennent les élections européennes.
  • L’occasion de rappeler les nombreux projets dans lesquels l’Union européenne est largement impliquée.
  • A la Seyne-sur-Mer est ainsi développé grâce à l’UE un robot capable de cartographier les fonds marins.

Un robot sous-marin unique au monde en son genre, à la pointe des dernières technologies. Depuis 2016, une quinzaine d’ingénieurs de l’antenne de la Seyne-sur-Mer, dans le Var, de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer  (Ifremer) planche sur un petit bijou lourd de trois tonnes. Ces scientifiques élaborent en effet, en partenariat avec plusieurs industriels dont l’antenne toulonnaise d’ Eca Group, un robot sous-marin autonome, capable de descendre jusqu’à 6.000 mètres de profondeur.

« Ce robot est capable de faire des plongées de 48 heures, explique Jan Opderbecke, directeur de l’unité des systèmes sous-marins de l’Ifremer. Il est équipé de différents capteurs, comme des sonars, qui permettent de réaliser des cartes topographiques de fonds marins sur une grande surface comprenant plusieurs dizaines de km². Il peut également réduire sa vitesse pour se stabiliser à quelques mètres du fond, et ainsi utiliser l’appareil photo et le flash dont il est équipé. »

Autant de données utiles aux scientifiques lors de recherches d’épaves ou pour détecter des failles sous marines par exemple.

L’aide européenne, « une condition clé »

Autonome en énergie grâce à ses 200 kilos de batterie, ce robot aura également une « autonomie décisionnelle ». « Il possédera également une forme d’intelligence artificielle puisque capable d’interpréter un certain nombre de données en direct grâce à une batterie d’algorithmes » poursuit Jan Opderbecke.

Une construction titanesque née grâce notamment à un énorme coup de pouce de l’Union Européenne qui dépasse le million d’euros. Ce robot est en effet au coeur du projet dit Coral, pour Cooperative Offshore Robotics Alliance, lancé en 2016. « On aurait pas pu lancer un tel robot sans l’aide européenne, confesse Jan Opderbecke. C’était même une des conditions clés.

Ce projet mobilise d’un côté un important investissement de base de cinq millions d’euros. A cela s’ajoute l’équipe d’ingénieurs de l’Ifremer qui travaille à plein temps, puis les tests en mer qui sont très coûteux. On peut ainsi doubler le coût presque par deux. » Après 18 mois de conception, l’engin va intégrer les bureaux de l’Ifremer cet été.

 

20 secondes de contexte

Selon les chiffres du site Toute l’Europe, la France a versé un montant total de 16,2 milliards d’euros à l’UE en 2017 et en reçu 13,5 milliards en retour, dont près de 9 milliards au titre de la Politique agricole commune (PAC).