Elections européennes: Sans l'UE, on n'aurait peut-être pas eu Lascaux IV

TOURISME A l’occasion des élections, « 20 Minutes » s’est intéressé aux projets qui n’auraient pas pu voir le jour sans les fonds européens. Zoom sur le centre international de l’art pariétal, Lascaux IV, qui a ouvert ses portes en décembre 2016

Elsa Provenzano

— 

Lascaux IV a attiré 370 000 visiteurs en 2018.
Lascaux IV a attiré 370 000 visiteurs en 2018. — Manu-Allicot
  • L’Europe a contribué à hauteur de 12 millions d’euros au projet de Lascaux IV, une réplique complète de la grotte originale qui a ouvert fin 2016.
  • La valeur patrimoniale du site, et son rôle de locomotive économique pour le tourisme de tout le territoire régional ont incité l’Europe à répondre favorablement à la sollicitation du département de la Dordogne.

C’est le sixième site touristique le plus visité de la Nouvelle-Aquitaine, et le premier à l’échelle de la Dordogne. Lascaux IV, centre international d’art pariétal, a ouvert le 15 décembre 2016 et après le boom de la première année, 500 000 visiteurs, il a semble-t-il atteint sa vitesse de croisière en se stabilisant à 370.000 visiteurs par an. L’Europe, via les fonds FEDER (Fonds européen de développement régional), est le deuxième financeur de ce projet colossal de réplique grandeur nature de la chapelle Sixtine de la Préhistoire.

Sur un coût global de 66 millions d’euros, l’Europe a abondé à hauteur de 12 millions d’euros, le financeur principal étant le Département avec près de 30 millions d’euros. « Je ne vois pas quel autre montage financier aurait pu aboutir, estime Valérie Chamouton, responsable des politiques territoriales et européennes du Département de la Dordogne. Ou alors il aurait fallu contracter un prêt plus long ».

Un enjeu patrimonial fort

Si Lascaux IV a vu le jour c’est d’abord parce que le conseil scientifique en charge du site préconisait la sanctuarisation de la colline de Lascaux, pour assurer sa pérennité. Le Département a donc dû imaginer un plan B pour ne pas perdre sa locomotive touristique. Si l’Europe a débloqué des fonds conséquents c’est bien pour l’intérêt patrimonial majeur du site mais aussi pour l’importance accordée à l’innovation numérique via le travail de l’atelier des fac-similés du Périgord pour la reconstitution de l’intégralité de la grotte originale et les outils pédagogiques interactifs.

Lascaux IV apporte aussi au public de nombreux éléments de médiation qui manquaient précédemment selon André Barbé, directeur général du Semitour, gestionnaire du site. La visite moyenne sur le site s’établit à 2 h 30 « ce qui est énorme pour un musée », insiste-t-il. Avec Lascaux II, on ne découvrait pas tout alors que ce site donne à voir l’ensemble des œuvres « pas seulement les peintures mais aussi les gravures qui sont très importantes, grâce à l’outil numérique, souligne André Barbé. Si on veut, on peut en apprendre beaucoup sur place ». Il mentionne aussi la post-visite, qui permet de récupérer par mail des documents vidéos et audios en complément de la découverte du site.

Une manne touristique de taille

Par rapport à Lascaux II, le site de Lascaux IV a fait un bond de fréquentation de 50 %. « Et on a gagné en visiteurs étrangers, en passant de 15 % à 20 % depuis l’ouverture, souligne André Barbé. Ce qui est bien la vocation d’un centre international de l’art pariétal ».

Au-delà du seul site de Lascaux, le Semitour travaille à mieux faire connaître les six autres sites touristiques qu’il gère. « L’objet même de la création du Semitour c’est de s’appuyer sur le succès de Lascaux pour développer l’attractivité d’autres sites moins connus ». Parmi eux, la grotte du Grand Roc qui a augmenté sa fréquentation de 20 % depuis 2016, mais aussi les Châteaux de Bourdeilles, Biron, et le cloître de Cadouin.

« Pour convaincre l’Europe, il a fallu démontrer la dimension territoriale du projet, détaille Valérie Chamouton, du Département. Il s’inscrit à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine dans un panier plus large d’offres touristiques, comme par exemple la Cité du Vin ».

 

20 secondes de contexte

Selon les chiffres du site Toute l’Europe, la France a versé un montant total de 16,2 milliards d’euros à l’UE en 2017 et en reçu 13,5 milliards en retour, dont près de 9 milliards au titre de la Politique agricole commune (PAC).