Elections européennes: Sans l'UE, on n'aurait peut-être pas eu un service de covoiturage innovant entre Bourgoin et Lyon

MOBILITES A l’occasion des élections, « 20 Minutes » s’est intéressé aux projets qui n’auraient pas pu voir le jour sans les fonds européens. Zoom sur Lane, un service de covoiturage sans réservation testé entre Bourgoin et Lyon

Elisa Frisullo

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Des covoitureurs qui utilisent le service Lane entre le Nord Isère et Lyon.
Des covoitureurs qui utilisent le service Lane entre le Nord Isère et Lyon. — Lane
  • Lane est un service de covoiturage innovant, expérimenté entre le Nord Isère et Lyon pour limiter la pollution et améliorer les déplacements entre ces deux secteurs reliés par l’A43.
  • Ce projet, soutenu par les collectivités, n’aurait pas pu voir le jour sans les financements européens.

En l’espace de sept mois, le dispositif a déjà séduit plus de 2.700 utilisateurs. Depuis le mois d’octobre, un service innovant de covoiturage, baptisé Lane, est testé entre le Nord Isère et Lyon pour faciliter les déplacements entre les deux villes et limiter le trafic automobile sur l’A43. Un projet qui n’aurait pas pu voir le jour sans les fonds européens. « L’Europe finance 80 % du service via le Fonds européen de développement régional [Feder] », précise Romain Fayoux, responsable du réseau imaginé par les deux start-up Ecov et Instant-System.

« L’objectif est de réduire la pollution en limitant le trafic entre ces deux zones géographiques et d’offrir des solutions de déplacement aux particuliers sur des secteurs où il n’y a pas d’alternatives en transport en commun », ajoute le responsable.

Matin et soir, au départ de Bourgoin, L’Isle-d’Abeau et de Villefontaine (Isère), les lignes de covoiturage desservent l’aéroport Saint-Exupéry, le parc d’activités de Saint-Priest et la station de métro Lyon Mermoz. Pour bénéficier du service, le conducteur et le passager doivent avoir téléchargé l’application gratuite Lane sur smartphone. L’usager doit ensuite se rendre à l’un des arrêts dédiés, équipés de bornes tactiles interactives.

Dans le cadre du lancement du service de covoiturage Lane, des arrêts dédiés ont été équipés de bornes tactiles interactives. Comme ici à Saint-Priest.
Dans le cadre du lancement du service de covoiturage Lane, des arrêts dédiés ont été équipés de bornes tactiles interactives. Comme ici à Saint-Priest. - Lane

Une fois sur place, le passager, qui n’a pas besoin de réserver, n’a plus qu’à entrer la station où il se trouve et celle qu’il souhaite rejoindre et à attendre qu’un conducteur faisant le même trajet passe le prendre. « Le conducteur est alerté sur son smartphone ou via des panneaux lumineux placés aux arrêts. En général, le temps d’attente est de moins de cinq minutes. Et dans les cas rarissimes où le passager aurait à attendre plus de 15 minutes, Lane active une garantie qui assure à l’utilisateur d’être emmené à destination par un chauffeur VTC ou un taxi partenaire de notre dispositif », ajoute Romain Fayoux.

Pour le passager, le transport est gratuit. Et le conducteur perçoit 2 euros par personne transportée dans son véhicule. Un gain financier non négligeable qui explique le succès du service, un aller-retour entre Bourgoin et Lyon revenant à 15 euros en moyenne par jour (péage, essence).

Les lignes de covoiturage créées entre le Nord Isère et Lyon par Lane.
Les lignes de covoiturage créées entre le Nord Isère et Lyon par Lane. - Lane

« C’était une volonté de pouvoir proposer un service gratuit pendant la période d’expérimentation. Les fonds de l’Europe [1 million sur un coût global de lancement d’1,4 million] nous ont servis à financer les innovations technologiques pour lancer Lane et ont permis gratuité », souligne le responsable. A terme, le service de covoiturage, également financé par la métropole de Lyon et la communauté d'agglomération Porte de l’Isère, devrait être facturé à petits prix aux usagers. Le dispositif pourrait être subventionné par les collectivités à hauteur de 75 %, le reste étant assuré par les tarifs appliqués aux passagers.

« Même si cela devient payant, je continuerai de l’utiliser, confie à 20 Minutes Yannick Daloux, domicilié entre l’Isère et la Savoie et pompier professionnel à Lyon. Financièrement, c’est une énorme économie pour moi qui dépensais 600 euros par mois pour aller travailler. C’est sympa, je rencontre des gens différents presque chaque jour. C’est moins stressant car je ne conduis pas. Et sur le plan écologique, je devrais rouler 20.000 km par an, soit deux fois moins qu’aujourd’hui. C’est toujours de la pollution en moins sur la route ».

L’avenir de Lane, en test jusqu’en septembre, semble tout tracé. De nouveaux arrêts vont être aménagés. Et la société devrait lancer prochainement des lignes de covoiturage interurbain pour faciliter les trajets entre Bourgoin et les communes alentour.

 

20 secondes de contexte

Selon les chiffres du site Toute l’Europe, la France a versé un montant total de 16,2 milliards d’euros à l’UE en 2017 et en reçu 13,5 milliards en retour, dont près de 9 milliards au titre de la Politique agricole commune (PAC).