Elections européennes: Quelles sont les attentes des jeunes pour l'Union européenne?

DOCUMENTAIRE Deux sœurs ont réalisé un documentaire sur l'Union européenne, baptisé «Toi d’Europe»

Alexia Ighirri

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Lors du tournage du documentaire sur les attentes des jeunes de l'Union européenne
Lors du tournage du documentaire sur les attentes des jeunes de l'Union européenne — Toi d'Europe
  • Deux sœurs originaires de la Bretagne, Mathilde et Sophie Hériaud, ont réalisé « Toi d’Europe », un documentaire sur les attentes des jeunes Européens pour le futur de l’Union européenne.
  • Elles ont compilé quelque 300 témoignages. Les 28 nationalités sont représentées, les personnes interrogées ont entre 18 et 35 ans.
  • « L’écologie a été évoquée à plusieurs reprises, que ce soit en Hongrie, en Croatie ou dans les pays du nord ».

Elles ont fait le tour de l’Union européenne. Une première fois pour interroger des jeunes Européens. Une seconde fois pour projeter leur documentaire réalisé à partir de ces entretiens. Deux sœurs originaires de la Bretagne, Mathilde et Sophie Hériaud, seront au cinéma Bel Air de Mulhouse ce mardi (20h), au Klub de Metz mercredi (20h) ou encore aux Cinémas Opéra Reims jeudi (20h) pour y présenter Toi d'Europe, leur projet vidéo commencé il y a deux ans.

Le but du documentaire ? Lister les attentes des jeunes pour le futur de l’UE. « On était étudiantes en Erasmus et on a voulu voir, par curiosité, ce que pensaient de l’UE les autres citoyens de notre âge. L’idée n’est pas de montrer si c’est bien ou mal, mais les attentes en économie, politique, social et écologie », raconte Sophie Hériaud. Elle a 23 ans et est journaliste, sa sœur de 26 ans est commerciale.

Toutes les nationalités représentées

Pour ce projet, elles ont compilé quelque 300 témoignages, 100 face à la caméra, les autres par écrit, téléphone ou Skype. Les 28 nationalités sont représentées, les personnes interrogées ont entre 18 et 35 ans. « On s’identifiait plus à cette tranche d’âge. Et c’est celle qui va avoir un impact demain, justifie la jeune coréalisatrice. C’est aussi une génération qui n’a pas connu la guerre et quasiment tous sont nés dans l’Union européenne. »

Comment ces jeunes Européens ont été repérés ? « On lançait des appels à participation via Facebook ou les réseaux des universités. On donnait rendez-vous dans un pays, où on ne restait qu’un jour. Certaines personnes intéressées n’ont pas pu venir, explique Sophie Hériaud. Globalement, on a quand même des jeunes qui connaissent l’UE. On avait essayé un micro-trottoir en Hongrie, mais ça ne marchait pas. Il faut reconnaître que les questions sur l’Europe ne font pas rêver la foule. C’est aussi pour cela qu’on voulait montrer que ce n’est pas que des institutions. »

L’écologie dans les attentes de la jeunesse

Tous les témoignages n’ont pu être placés dans le documentaire. Pas un problème : « On va les décliner en une série de petites vidéos de cinq minutes sur Youtube, en plusieurs langues, qui pourraient peut-être être utilisées par des professeurs… Parce qu’il y a quand même un manque de connaissances sur l’Europe », estime la journaliste bretonne.

Alors quelles sont les attentes pour le futur de l’UE ? « L’écologie a été évoquée à plusieurs reprises, que ce soit en Hongrie, en Croatie ou dans les pays du nord. Le documentaire montre aussi qu’il y a beaucoup de choses à changer, en matière de politique, de social. Il y a une demande de plus d’égalité, de collaboration entre les pays et d’échanges comme Erasmus. Et d’écouter peut-être un peu plus la population », liste Sophie Hériaud.

Avec des sentiments différents selon où l’on se trouve dans l’UE, a-t-elle constaté : « Dans les pays fondateurs, pour beaucoup l’UE c’est normal, banal. Alors qu’en Lituanie par exemple, des jeunes nous racontent qu’ils ont été marqués par le fait d’être allés voter pour les scrutins européens. Dans les pays de l’Est, il y a aussi des panneaux dans les villes qui informent sur ce que l’Europe a financé. Le sentiment d’appartenance est plus fort. »

Dans le documentaire, il est demandé si l’Union dispose toujours d’un futur. Toi d’Europe semble prouver que « c’est possible. Lorsqu’il y a des attentes, il y a aussi une réflexion pour aller de l’avant », croit la réalisatrice.