Elections européennes: 34 listes, 34 panneaux... Un casse-tête pour les communes?

SOCIETE Trente-quatre panneaux ont été installés ces derniers jours par les mairies devant les bureaux de vote pour l’apposition des affiches des 34 listes validées pour les élections européennes

Romain Lescurieux

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Des panneaux électoraux à Paris pour les élections européennes
Des panneaux électoraux à Paris pour les élections européennes — R.LESCURIEUX / 20Minutes
  • Près de 13.200 panneaux ont été installés à Paris pour les élections européennes du 26 mai.
  • Si dans la capitale, les problématiques de logistique et d’emplacement sont minimes, certaines communes d’Ile-de-France éprouvent davantage de difficultés.

« Trente-quatre ! On en met 34 », s’exclame un agent de la ville de Paris devant une école du 15e arrondissement. A moins de deux semaines des élections européennes, les 34 panneaux sont en cours d’installation par les mairies devant les bureaux de vote pour l’apposition des affiches des 34 listes validées. L’affichage électoral pour les élections est en effet très réglementé.

Un décret du Conseil d’Etat fixe le nombre et les dimensions des affiches que chaque candidat peut faire apposer sur les emplacements et panneaux d’affichage ainsi que le nombre et les dimensions des circulaires et bulletins de vote qu’il peut faire imprimer et envoyer aux électeurs. Selon le Code électoral, pendant la durée de la période électorale, dans chaque commune, des emplacements spéciaux sont réservés par l’autorité municipale pour l’apposition de ces affiches électorales. Dans chacun de ces emplacements, une surface égale est attribuée à chaque candidat, chaque binôme de candidats ou à chaque liste de candidats. Mais comment les communes gèrent-elles la situation face à ce nombre de listes ?

« C’est un record »

A Paris, c’est la Direction de la Propreté et de l’Eau qui est chargée de l’installation des panneaux d’affichage, sur la base des informations transmises par le Bureau des élections et du recensement de la population. « C’est un record en termes de nombre de listes en présence, mais la situation a été gérée conformément aux dispositions définies par l’Etat. Près de 400 sites correspondant aux emplacements habituels ont accueilli le nombre de panneaux suffisant pour permettre l’affichage des 34 listes en présence », indique-t-on à la mairie de Paris, sollicitée par 20 Minutes. Mais comment sont-ils installés sur la chaussée sans l’encombrer ?

Selon l’Hôtel de ville, « les panneaux sont installés en tenant compte des contraintes d’implantation propres à chaque lieu : ils sont parfois installés en accordéon afin de limiter l’emprise en longueur. Dans d’autres cas, ils peuvent être installés de part et d’autre de l’accès principal au site de vote. L’installation se fait toujours en respect de l’ordre des listes issu du tirage au sort ». Au total, près de 13.200 panneaux ont été installés. Si à Paris, les problématiques de logistique et d’emplacement sont minimes, certaines communes d’Ile-de-France éprouvent davantage de difficultés. Alors certains s’adaptent ou rusent.

Augmentation des tarifs et « rupture de stock »

A Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), il y a deux listes par panneaux. « Nous avons 18 panneaux [17 panneaux plus le panneau information dit « 0 »] sur 32 lieux de vote, pour un total de 576 », indique-t-on au cabinet du maire, André Santini, contacté par 20 Minutes. « Nous avons décidé de mettre deux affiches par panneaux. Cette possibilité est offerte par le Code électoral et validée par le maire. Cela permet un gain d’espace et un moyen de ne pas entraver l’espace public et le passage des habitants. Dix-huit panneaux, c’est déjà beaucoup », conclut-on au cabinet.

Dans l’Essonne, à Igny, il manquait une cinquantaine de panneaux. Problème : Le tarif du panneau fixé à 60 euros par le fournisseur habituel de la commune a grimpé à 129 euros, à la vue du contexte. « Nous étions prêts à fabriquer nous-mêmes les panneaux avec des planches, comme c’est autorisé par la préfecture », détaille-t-on à la mairie. Finalement, l’entreprise a fait un geste commercial et les commandes ont été passées. A Fontainebleau (Seine-et-Marne) aussi, la mairie a racheté des panneaux. La ville en a en effet commandé près de 70 panneaux supplémentaires pour assurer la bonne tenue du vote. « Et c’était limite. Il y a eu une rupture de stock chez les fournisseurs », indique-t-on à la mairie.

Chez Doublet, entreprise spécialisée dans la vente de ces panneaux en acier pour afficher les listes électorales, on confirme cette rupture de stock. « Nous avons été pris d’assaut. Les clients recherchent évidemment en priorité des panneaux électoraux, que nous avons anticipé et préparé en avance, en sachant qu’il y aurait beaucoup de candidats cette année. Or, comme l’ensemble d’acteurs du marché, on a été pris d’assaut suite à l’annonce des candidats. Le délai pour les panneaux d’affichage est maintenant de trois semaines », assure le service communication de l’entreprise avant de préciser : « Nous avons vendu des milliers de panneaux électoraux en avril, début mai, contre quelques dizaines en 2018 ».