Elections européennes: Mais où sont donc passées les figures de la politique marseillaise?

POLITIQUE Les candidats marseillais en position éligible aux européennes sont très limités, voire inexistants comme chez les Républicains

Mathilde Ceilles

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Renaud Muselier lors de ses voeux à la presse à Marseille.
Renaud Muselier lors de ses voeux à la presse à Marseille. — Jean-Pierre GARUFI
  • Les candidats marseillais en position éligible aux européennes sont peu nombreux.
  • La majorité est inconnue du grand public.
  • En raison du non-cumul des mandats, plusieurs élus préféreraient en effet préparer les municipales.

Ce vendredi, pour les militants de la République en marche de Marseille, c’est jour de meeting en vue des européennes​, avec en tête d’affiche locale, Sylvie Brunet, une Marseillaise peu connue du grand public. Le lendemain, à une heure de là, à Toulon, c’est au tour de La France Insoumise de tenir un meeting, sans le célèbre député de Marseille et chef de file du parti.

A un mois des élections européennes, à l’heure où les listes de candidat des principaux partis sont constituées, les figures de proue de la politique marseillaise brillent par leur absence. Alors que Marseille constitue, tout bord confondu, un véritable vivier de personnalités politiques, souvent médiatisées bien au-delà du Vieux-Port, aucune d’entre elles n’est en position éligible pour entrer au Parlement européen. De quoi faire grincer des dents Jean-Claude Gaudin. « Il est infiniment regrettable qu’aucun représentant de la fédération des Bouches-du-Rhône ne figure en position éligible sur la liste qui sera présentée par le parti Les Républicains aux prochaines élections européennes » a ainsi tweeté le maire de Marseille il y a quelques semaines.

Un renouveau de la classe politique

Du côté de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon se place ainsi en dernière position. Ancienne militante très médiatisée sur le plan local et national, Sarah Soilihi a quitté le parti, pour devenir en bonne place co-listière de Benoît Hamon aux européennes. Aussi, avec sa dixième place, Bernard Borgialli devient le premier Marseillais en position éligible chez la France Insoumise. Celui qui s’est fait connaître en tant que leader des cheminots marseillais lors du dernier mouvement de grève reconnaît lui-même être un candidat « anonyme » auprès des électeurs, sans y voir un handicap.

« Le choix de La France Insoumise est de refléter dans sa liste le pluralisme de la société, justifie Bernard Borgialli. La politique n’est pas une affaire d’élite et de professionnels. On a cherché des gens de la société civile à la tête de luttes, fidèles à leurs convictions afin qu’ils ne se laissent pas faire par les lobbies au Parlement européen. »

Les municipales en ligne de mire

Mais cette volonté affichée de renouveler le personnel politique à Marseille cache deux autres données nouvelles, plus politiques et stratégiques. D’abord, contrairement aux élections européennes de 2014, ce scrutin se fait à partir de listes nationales, et non régionales. « Quand on met des listes nationales, il y a un tropisme réel, ça change la stratégie de tout le monde et ça recentralise les candidats vers le chef de parti, tacle Renaud Muselier, ancienne tête de liste LR dans la circonscription sud-est aux européennes. Mais ça permet à Macron d’éviter de montrer à quel point il a peu de personnalités en région… » Le député européen sortant affirme avoir réclamé, en vain, auprès de sa famille politique, de placer des personnalités politiques locales.

Mais la grande nouveauté de ce scrutin reste l’impossibilité de cumuler le mandat de député européen avec un mandat local. C’est cette même loi qui a poussé Renaud Muselier à ne pas se représenter à sa succession. « J’ai été obligé, regrette-t-il. J’ai préféré rester président de la région, c’est comme être président d’un petit pays, avec des moyens d’action conséquents. »

Etre député européen, c’est aussi se fermer la porte de la mairie de la deuxième ville de France, qui va changer pour la première fois d’édile depuis près d’un quart de siècle. « Les européennes, à Marseille, ça n’intéresse pas grand monde, les politiques sont plus intéressés par les municipales, constate Michel Samson, auteur de Gouverner Marseille. Les partis cherchent un programme, qui va s’allier avec qui, quelle tête de liste…. D’autant plus que les forces politiques traditionnelles à Marseille, que ce soit le PS ou le PC, ne savent plus où elles habitent ! » Plusieurs partis, dont LREM, ont d’ailleurs indiqué attendre les européennes pour préciser leur stratégie pour conquérir la ville.

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