Haute-Garonne: Pourquoi la législative partielle de dimanche est si importante (surtout pour le PS et En Marche)

POLITIQUE Dimanche, les habitants d’une circonscription plutôt rurale du sud de Toulouse retourne aux urnes. On vous dit pourquoi ce scrutin a valeur de test, surtout pour les macronistes et le PS…

Helene Menal

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Un électeur glisse son bulletin dans l'urne. Illustration.
Un électeur glisse son bulletin dans l'urne. Illustration. — Franck Fife AFP
  • Les 11 et 18 mars, les habitants de la 8e circonscription de la Haute-Garonne votent pour une législative partielle.
  • L’élection en juin 2017 du socialiste Joël Aviragnet, par 91 petites voix d’écart, sur son challenger macroniste, Michel Montsarrat, a été invalidée.
  • 12 candidats se disputent ce siège, le dernier détenu par le PS dans son fief haut-garonnais.
  • Numériquement, La République en marche n’a pas besoin d’une victoire en milieu rural. Mais symboliquement si.

Le résultat de l’élection législative partielle de la 8e circonscription de la Haute-Garonne, dont le premier tour se joue dimanche 11 mars, « sera regardé ». C’est Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur en personne, qui l’a prédit vendredi à Toulouse.

Gérard Collomb et Jean-Michel Blanquer à Toulouse, au soutien de Michel Monsarrat, le candidat LaRem.

Avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education et autre poids lourd de la Macronie en visite dans la Ville rose à 48 heures du scrutin, il a pris le temps, dans un programme pourtant touffu, de caser un rendez-vous « privé » – et très chaleureux – avec Michel Montsarrat, ex-rugbyman reconverti dans la restauration, et candidat de La République en marche (LaRem) à ce scrutin.

Dernier des Mohicans

Ils sont onze* à lorgner comme lui sur le siège du socialiste Joël Aviragnet dans cette circonscription plutôt rurale du sud de Toulouse. Dans un département où le PS avait 9 députés sur 10 avant la vague macroniste de juin 2017, il est le rescapé qui a permis de transformer une catastrophe annoncée en simple super-débâcle.

Bien que largement distancé au premier tour par Michel Montsarrat, il est devenu le dernier des Mohicans grâce à 91 petites voix d’avance. Trop peu, surtout avec une liste d’émargement manquante. Invalidé par le Conseil constitutionnel, Joël Aviragnet doit retourner au combat et incarner peut-être « le printemps » pour des socialistes qui n’ont pas humé depuis longtemps le parfum d’une victoire électorale.

Soutenu par toutes les grandes figures nationales et locales du PS, Joël Aviragnet est d’ailleurs plus à l’aise dans sa campagne qu’au mois de juin, malgré la concurrence sur sa gauche de La France insoumise qui a envoyé dans le Comminges tous ses leaders. Après neuf mois de gouvernement Philippe, le sortant fait entendre la petite musique d’un gouvernement plus préoccupé par Paris et les citadins que par la province et le monde rural.

L’importance du signal

Un refrain qui agace clairement du côté de LREM. D’où l’arrivée au soutien dans le pack de Jean-Michel Blanquer et Gérard Collomb ce vendredi. « Il faut en finir avec un système ancien qui avait cessé d’avancer. Nous sommes aussi là pour faire bouger les circonscriptions rurales. Il faut les faire rentrer dans la modernité », a insisté le ministre de l’Intérieur. 

Puis s’adressant à Michel Montsarrat, « on a besoin de toi à l’Assemblée nationale ». Pas numériquement en tout cas. Ce n’est pas un député de plus ou du moins qui importe avec une majorité déjà écrasante.

>> A lire aussi : Déroute du PS, baisse de la majorité... Quels enseignements tirer des législatives partielles de Belfort et du Val-d'Oise?

Alors ? « On a besoin du signal que ton élection va envoyer pour le président de la République puisse aller de l’avant », a ajouté Gérard Collomb. Tout est question de symbole. Après deux législatives partielles perdues dans le Val-d'Oise et dans le Territoire de Belfort, la Macronie a besoin d’un signe d’adhésion populaire.

Le sort de la 8e circonscription de la Haute-Garonne ne va pas bouleverser le paysage politique. Mais il pourrait être le début d’autre chose, pour le PS comme chez En Marche.

* Les autres candidats sont Philippe Gimenez (LFI), Philippe Maurin (LR), Marie-Cécile Seigne-Vatte (EELV), Martine Guiraud (LO), Corinne Marquerie (PCF), Marie-Christine Parolin (FN), Sébastien Broucke (Debout la France), Guy Jovelin (DVD), Hervé Minec (UPR) et Francis Meynier (A3P)

Le résultat du second tour en juin 2017

Les résultats du 1er tour en juin 2017