Montpellier: A deux ans des élections municipales, Philippe Saurel attend le positionnement de La République en Marche

POLITIQUE Les maires viennent de boucler la première partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, «20 Minutes» se demande quelles sont les forces en présence à Montpellier...

Jerome Diesnis

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Philippe Saurel, devant la Croix occitane
Philippe Saurel, devant la Croix occitane — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

A deux ans des élections municipales, 20 Minutes fait le point sur la situation à Montpellier. Le paysage y a bien changé depuis avril 2014, lorsque le dissident socialiste Philippe Saurel (DVG), à la tête d’une liste composée essentiellement de représentants de la société civile, l’avait emporté au cours d’une quadrangulaire face aux concurrents du PS, des Républicains et du Front national.

Divers gauche, le maire et président de la métropole n’appartient toujours à aucun parti. Mais il dirige une majorité municipale à laquelle il a demandé de se revendiquer de La République en marche… Il a accolé l’adjectif « et apparentés » au groupe majoritaire de la métropole. Les vice-présidents (et maires pour la plupart) s’opposant à cette intégration forcée, ont dû rendre leurs postes.

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LFI en embuscade

C’est d’ailleurs sous la bannière présidentielle que deux proches de Philippe Saurel se sont présentés aux législatives à Montpellier, après la signature d’un accord avec LREM : Patricia Mirallès, largement élue dans la ville (71,27 % sur les seuls bureaux de Montpellier) et Stéphanie Jannin, battue par Muriel Ressiguier (52,28 %) de La France insoumise. Une issue à pondérer, avec les poursuites judiciaires annoncées 48 heures avant le scrutin à l’encontre de Stéphanie Jannin…

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Mais dans une ville qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête au premier tour de la présidentielle avec un score record dans une commune de plus de 100.000 habitants (31,46 % des suffrages exprimés), La France insoumise se présente en première force d’opposition. C’est d’ailleurs en riposte à la présence de René Revol, maire de Grabels, alors vice-président de la métropole, comme suppléant de Muriel Ressiguier sur la deuxième circonscription de l’Hérault (100 % montpelliéraine), que Philippe Saurel avait procédé aux bouleversements de l’exécutif à la métropole…

Dans l’attente d’une position officielle de LREM

Reste à connaître la position de La République en marche à Montpellier. L’accord aux législatives entre Philippe Saurel et LREM d’une part et les soutiens présidentiels dont se prévaut régulièrement le maire de la septième ville de France, d’autre part, sont des signes avant-coureurs d’une possible absence de candidat du parti majoritaire à l’Assemblée Nationale. Ils sont encore insuffisants pour savoir si La République en marche lui laissera (ou non) la voie libre.

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Depuis la défaite de l’ancien maire François Delmas en 1977, la droite, de son côté, n’a jamais été en mesure de reconquérir la ville. Elle reste peu audible. Seule certitude, elle ne sera pas emmenée par le cancérologue Jacques Domergue (LR), battu à deux reprises aux élections municipales. De son côté, le Front national y réalise des scores traditionnellement plus bas que dans le reste de l’Hérault.

Delafosse candidat à l’investiture socialiste

A gauche, le Parti socialiste, qui détenait la ville depuis le coup de force de Georges Frêche en 1977, est, comme ailleurs, en pleine reconstruction. Michael Delafosse s’est déclaré très tôt dans la course à l’investiture – comme l’avait fait Philippe Saurel - dès septembre 2015. Si l’ex-maire Hélène Mandroux (PS) s’est retirée de la politique et Jean-Pierre Moure (PS), battu en 2014, vit son dernier mandat de conseil municipal, Delafosse n’est pas le seul à avoir dévoilé ses intentions.

Premier marié gay et très investi dans le milieu associatif de la deuxième communauté gay de France, le Montpelliérain Vincent Boileau-Autin annonce à 20 Minutes qu’il est candidat : « La forme reste à définir », souligne-t-il, n’excluant pas le fait de se présenter sur une liste sans en être la tête. « Je préfère participer à inventer l’avenir avec la force créatrice des citoyens que de subir. La société civile est l’âme de la ville, elle doit en devenir sa locomotive. »