Angers: A deux ans des municipales, Christophe Béchu peut-il regagner son siège?

POLITIQUE Les maires viennent de boucler la première partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, «20 Minutes» se demande quelles sont les forces en présence à Nantes…

Julie Urbach

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Christophe Béchu, le 8 mars 2017, à Angers.
Christophe Béchu, le 8 mars 2017, à Angers. — JS Evrard/AFP
  • Christophe Béchu, qui n'a pas encore officialisé sa candidature, pourrait se représenter, selon son entourage.
  • Le maire, jugé Macron compatible, choisira-t-il l'étiquette de La République en Marche après avoir quitté Les Républicains il y a quelques mois?
  • Le parti présidentiel ne cache en tout cas pas ses ambitions de conquérir la préfecture du Maine-et-Loire.

A la tête de la ville d’Angers depuis 2014, Christophe Béchu, 43 ans, va-t-il se représenter ? Si l’intéressé ne s’est pas encore officiellement positionné, à deux ans de l’échéance des prochaines municipales, les feux semblent aujourd’hui au vert. « Il n’y a pas grand suspense sur le fait qu’il soit candidat, mais il se prononcera d’ici à 2019, confirme-t-on dans son entourage. Il est occupé par son mandat… Il se donne du temps pour faire son annonce. »

Car si Christophe Béchu (qui est sur le point de prendre la présidence de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France) repart, ce ne sera sûrement pas dans les mêmes conditions qu’en 2014. D’abord parce que celui qui est aussi président d’Angers métropole, a quitté en décembre dernier Les Républicains (parti dont il était membre depuis la création de l’UMP en 2002), mettant en danger l’équilibre de la majorité municipale. Mais aussi parce que s’il n’a rejoint depuis aucun autre parti, La République en marche ne cache pas ses vues sur ce maire jugé « Macron-compatible ».

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Angers, une cible pour LREM

« Il a déjà fait une partie du chemin en montrant qu’il ne partageait pas la dérive droitière des Républicains, réagit Matthieu Orphelin, député LREM de la 1e circonscription du Maine-et-Loire. Le plus clair pour tout le monde serait qu’il nous rejoigne. On a toujours eu de bonnes relations, il y a de la confiance, c’est maintenant à lui de se positionner. Mais s’il le fait, il doit le faire rapidement. »

Car au-delà de Béchu, c’est la ville d’Angers qui est dans la ligne de mire du parti d’Emmanuel Macron. « Angers est une ville progressiste, où il n’y a jamais eu de clivages, assure Matthieu Orphelin. Le rassemblement, comme le porte En Marche, c’est dans l’ADN de cette ville. » Localement, c’est d’ailleurs l’un des seuls partis qui reconnaît que la préparation des municipales a déjà commencé, « d’abord sur le projet », et l’an prochain (la même échéance donnée par Christophe Béchu…) dans la nomination d’un candidat « qui devra être emblématique ».

Un dépassement ni par la droite ni par la gauche

Un calendrier qui n’est pas du tout aussi clair chez les autres partis. Ce qui laisse à penser que pour le moment, le maire ne semble dépassé ni par sa droite, ni par sa gauche. Chez les Républicains, où l’on dit « regretter mais respecter » la décision de Christophe Béchu, on avance la volonté du parti de « conquérir des territoires et des mairies » en 2020 tout en mettant en avant que « des compositions sont possibles ». « On s’organisera avant tout dans l’intérêt des Angevins », assure Jean-Charles Taugourdeau, président de la fédération 49.

« Aujourd’hui, on a des adjoints et les choses se passent bien, complète Laurent Pretrot, secrétaire départemental. Christophe Béchu fait du bon travail, il a redressé les finances, a redonné un souffle industriel avec la cité des objets connectés. »

Un son de cloche évidemment bien différent au sein du groupe d’opposition Aimer Angers où siège l’ancien maire (PS) Frédéric Béatse. Mais là non plus, aucune figure ne semble pour le moment émerger. « C’est trop prématuré, et de toute façon l’idée n’est pas une candidature individuelle, mais bien un rassemblement, dit-on là aussi. Christophe Béchu le prône mais il y a un manque de sincérité qui lui nuit. Son positionnement n’est pas forcément compris. »

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Les Angevins revoteraient pour lui

En témoigne un récent sondage, que la mairie elle-même a fait réaliser en guise de bilan de mi-mandat. Selon Ouest-France, si 63 % des interrogés voient Christophe Béchu à droite ou au centre-droit, ils sont 8 % à le placer à gauche ou au centre-gauche, et 6 % au centre. Et pour 10 %, il n’est « ni de droite ni de gauche ».

Pour autant, le bilan est plutôt flatteur. « Si c’était à refaire, (re) voteriez-vous pour Christophe Béchu comme maire d’Angers ? » figure aussi parmi les questions. Selon le sondage, 63 % le feraient certainement, ou probablement.