Béziers: A deux ans des élections municipales, qui peut battre Robert Ménard?

ELECTIONS Les maires viennent de boucler la première partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, «20 Minutes» se demande quelles sont les forces en présence dans la sous-préfecture de l’Hérault, dirigée depuis 2014 par l’extrême-droite…  

Nicolas Bonzom

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Robert Ménard.
Robert Ménard. — N. Bonzom / Maxele Presse

En 2014, Béziers basculait à l’extrême droite. Dirigée pendant 19 ans par Raymond Couderc (UDF puis UMP), la sous-préfecture héraultaise, dont la feria attire des fêtards de toute la France, élisait Robert Ménard, ex-journaliste, fondateur de Reporters sans frontières, avec le soutien du Front national. A deux ans des municipales de 2020, le maire aux multiples polémiques est-il promis à un deuxième mandat ? 20 Minutes fait le point sur la situation biterroise, véritable laboratoire pour la droite de la droite.

Robert Ménard est candidat… et favori

Même en dehors de son camp, peu sont ceux qui ne voient pas en Robert Ménard le grand favori pour les municipales de 2020. Pour l’instant, le maire est d’ailleurs le seul à avoir officialisé sa candidature. C’était lors d’une réunion publique, il y a près d’un an. « Les trois années qui me restent avant la fin de ce mandat ne seront pas suffisantes pour mener à bien tous les projets que j’ai en tête », confiait l’élu, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, dans une interview à son journal municipal, quelques jours plus tard.

Pour Jérôme Toulza (LREM), qui est co-référent départemental de la République en marche dans l’Hérault, il ne fait presque aucun doute : Robert Ménard a de grandes chances d’être « en tête, au premier tour du scrutin », même si « tout dépendra de la configuration, évidemment ». « Cela va être très dur de le combattre sur ces terres. Il passe bien dans sa ville, il faut être honnête », reprend le militant macroniste.

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Pascal Resplandy (LR), chef de file des Républicains au sein du conseil municipal, n’est pas tout à fait de cet avis : « Certes, ceux qui iront face à lui seront challengers, mais dire qu’il est plébiscité à Béziers est un peu erroné. » S’il est plutôt apprécié en ville, Robert Ménard va en revanche devoir jongler avec sa mauvaise image hors des limites de sa ville, quelque peu salie par les polémiques qui ont agité ces premières années de mandat. « Les Biterrois sortent de leur ville, se déplacent, travaillent ailleurs. Il la voit, cette mauvaise image de la ville, à cause de Robert Ménard », note Pascal Resplandy.

A gauche comme à droite, on cherche à se rassembler

Aimé Couquet (PCF), qui fut candidat avec l’étiquette du Front de gauche lors du scrutin de 2014 (6,98 %), qui est aujourd’hui conseiller municipal de l’opposition à gauche, en est persuadé : « On ne peut pas battre Robert Ménard si l’on est tout seul. Il faut qu’il y ait un travail commun, que la gauche se regroupe. Nous travaillons à ce qu’il y ait un certain rassemblement, pour faire front. Dès le premier tour, oui, si c’est possible. »

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A droite, Pascal Resplandy, qui avait dénoncé il y a quelques mois les frais de justice exorbitants du maire, espère lui aussi pouvoir ficeler « un rassemblement large, pour présenter une alternative ». Au-delà de la droite et du centre, peut-être. « Le raisonnement droite et gauche n’est pas pertinent à Béziers, note le chef de file des Républicains. Le curseur étant très à droite, il est bon de réfléchir à autre chose. »

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On n’en saura pas plus sur les conditions de cette grande famille anti-Ménard. Et pour l’instant, à part le maire lui-même, personne ne s’est porté candidat à l’hôtel de ville. C’est le temps des projets, pas des personnes, confient ceux que nous avons interrogés.

Et la République en marche, dans tout ça ?

Pour l’instant, personne n’est candidat, non plus, dans le camp Macron. « Ce n’est pas le porteur du projet qui est important pour l’instant, mais le projet », note là aussi Jérôme Toulza, co-référent départemental de la République en Marche dans l’Hérault, qui confie, tout de même, que s’il était sollicité, il y réfléchirait. « Mais je ne suis pas dans cette optique-là. »

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Celui qui fut le directeur de campagne d’Isabelle Voyer, candidate malheureuse de la République en marche face à Emmanuelle Ménard, l’épouse du maire, voit de nombreux points noirs dans le mandat en cours. « Les frais de justice élevés, l’image nationale de Robert Ménard », confie le militant. Mais quelques points positifs, qui devraient rendre les choses compliquées pour l’opposition. « Il a fait des choses indéniables pour la ville, même si je ne suis pas d’accord avec beaucoup de choses », indique Jérôme Toulza.

Le camp d’Emmanuel Macron partira-t-il seul combattre Robert Ménard, ou rejoindra-t-il un rassemblement à droite, ou à gauche ? Pour l’instant, impossible de le savoir.