Mulhouse: A deux ans des élections municipales, Michèle Lutz doit-elle craindre la montée de La République en marche?

SCRUTIN Les maires viennent de boucler une bonne partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, «20 Minutes» se demande quelles sont les forces en présence à Mulhouse…

Alexia Ighirri

— 

Mulhouse: A deux ans des élections municipales, Michèle Lutz doit-elle craindre la montée de La République en marche?
Mulhouse: A deux ans des élections municipales, Michèle Lutz doit-elle craindre la montée de La République en marche? — Ville de Mulhouse

En raison de la loi sur le non-cumul des mandats, il y a eu du changement au cours du mandat à la tête de la mairie de Mulhouse, dans le Haut-Rhin. De quoi préfigurer un bouleversement aux prochaines municipales ? Rien n’est moins sûr. A deux ans de l’élection, 20 Minutes fait le point sur les forces en présence dans la cité du Bollwerk.

Maire sortant. Elu en 2014, Jean Rottner (Les Républicains) a quitté son mandat de maire fin 2017 lorsqu’il a été élu président de la région Grand Est. C’est Michèle Lutz, son ancienne première adjointe, du même parti politique, qui lui avait succédé, devenant la première femme élue maire de Mulhouse.

>> A lire aussi: Qui est Jean Rottner, passé de la mairie de Mulhouse à la présidence de la région après la démission de Philippe Richert?

Après un peu plus de deux ans de mandat, Michèle Lutz aura-t-elle envie de se présenter pour un nouvel exercice, complet cette fois ? L’élue ne s’est pas encore prononcée. « Il n’y a rien qui va contre cela, note Bernard Schwengler, politologue de l'Observatoire de la vie politique en Alsace (Ovipal). Jean Rottner est toujours très présent à Mulhouse, il est le premier adjoint. Mais il va rester à la région. Il n’y a pas d’autres figures. »

Qui va mener l’opposition ? Face à la majorité municipale sortante, « il n’y a pas d’opposants clairement définis », poursuit Bernard Schwengler. A Mulhouse, ville longtemps marquée à gauche avant de basculer à droite en 2010, le Parti socialiste pourrait être l’opposant logique.

Pour le politologue néanmoins, « le PS est dans une situation d’incertitude. Il y a encore une empreinte historique forte mais le parti souffre quand même de l’affaiblissement ressenti nationalement après la présidence de François Hollande. Et puis à Mulhouse, le leader socialiste Pierre Freyburger s’est retiré de la vie politique locale. Il n’avait certes pas réussi à se faire élire mais il faisait de bons scores. »

LREM peut-elle prendre la mairie ? « Si on prend les rapports de force électoraux oui, Mulhouse avait placé Emmanuel Macron en tête à la présidentielle. Mais pour le moment, La République en marche est inexistante localement », répond Bernard Schwengler. La tâche s’annonce compliquée pour les marcheurs, mais pas impossible quand on pense que le leader de leur mouvement est devenu Président de la République en peu de temps.

Le FN peut-il avoir un impact sur l’élection ? Le Front national fait office de troisième force politique dans les scrutins locaux.  Aux législatives de 2017, entre autres, les candidats frontistes figuraient bien dans les circonscriptions mulhousiennes. Dans la cité du Bollwerk, le FN était incarné par les époux Martine et Patrick Binder jusqu’en 2015. Depuis, sans démissionner de leur mandat mais désormais « non-inscrits », ils ont souhaité s’éloigner de la vie politique. Là encore, il est alors difficile de personnifier la future opposition frontiste mulhousienne, « les nouvelles figures ne sont pas encore repérées », dixit le représentant de l’Ovipal.

Et du côté de l’extrême gauche ? Contrairement au FN, elle n’avait pas d’élus au conseil municipal mulhousien. La France insoumise « a fait un bon score avec Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, mais aux législatives et avant ça aux municipales, les scores étaient moins élevés. Généralement, quand on fait un bon score sur un candidat au national, on ne les réédite pas forcément localement », conclut le politologue.