Strasbourg: A deux ans des élections municipales, la mairie est-elle promise à La République en marche?

SCRUTIN Les maires viennent de boucler une bonne partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, «20 Minutes» se demande quelles sont les forces en présence à Strasbourg…

Alexia Ighirri

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Strasbourg : A deux ans des élections municipales, la mairie est-elle promise à La République en marche ? (Archives)
Strasbourg : A deux ans des élections municipales, la mairie est-elle promise à La République en marche ? (Archives) — G. Varela \ 20 Minutes

Si loin et pourtant si proche… Si l’élection municipale se tient dans deux ans, elle anime déjà bien des villes aujourd’hui. Dans un paysage politique désormais transformé, quid des rapports de force à Strasbourg ? Socialiste depuis 2008, la capitale alsacienne pourrait-elle se mettre En Marche ? 20 Minutes fait le point.

Maire sortant. Après deux mandats successifs, le socialiste Roland Ries, 73 ans, a fait savoir qu’il ne se représentera pas. S’il a fermé la porte à une nouvelle candidature, l’édile avait ouvert celle d’une primaire pour désigner le candidat du PS à la mairie.

C’était avant que sa majorité de gauche et écologiste n’éclate sous l’effet du renouvellement politique national. Depuis mi 2017, la majorité municipale s’est scindée en quatre groupes : Parti socialiste, Europe Ecologie Les Verts, La République en marche et la Coopérative sociale, écologique et citoyenne, groupe né de la volonté de soutiens de Benoît Hamon à la présidentielle.

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Toujours encarté au PS, Roland Ries s’est toutefois retiré du groupe socialiste municipal pour se positionner au-dessus de la mêlée.

LREM peut-elle prendre la mairie ? Strasbourg est l’une des villes ciblées par La République en marche. Le maire sortant avait bien déclaré qu’il avait «  beaucoup d'amitié pour Emmanuel Macron ».

Surtout, son premier adjoint Alain Fontanel, longtemps considéré comme le dauphin et successeur de Roland Ries, a quitté le PS pour LREM en 2017: l’ancien secrétaire national-adjoint aux Fédérations socialistes est entré dans l'équipe de Christophe Castaner comme délégué national LREM en charge du « Mieux vivre ». A Strasbourg, outre Alain Fontanel, trois autres adjoints au maire ont rejoint les rangs d’En marche, dont Olivier Bitz chargé des finances.

Pour rappel, enfin, les trois circonscriptions strasbourgeoises ont été assez facilement remportées par les candidats LREM aux législatives 2017.

Qui va mener l’opposition ? Face à ce bloc majoritaire mais divisé – bien que les différents groupes soutiennent le programme sur lequel ils ont été élus en 2014 ou encore le vote du budget —, la droite se montre discrète, peu de figures émergent. La cheffe de file, Fabienne Keller (ex-Les Républicains, désormais chez Agir la droite constructive) y retournera-t-elle après avoir été battue en 2008 et 2014 ? Réponse de l’intéressée : « C’est loin ».

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Le FN peut-il avoir un impact sur l’élection ? Aux municipales de 2014 Jean-Luc Schaffhauser, le candidat Strasbourg bleu Marine soutenu par le FN, avait réussi à se qualifier pour le second tour, et sa présence avait pesé dans le résultat final. Deux élus frontistes siègent depuis au conseil municipal. En sera-t-il de même en 2020 ? Difficile à affirmer.

D’autant que l’an dernier aux législatives, les candidats FN – dont Julia Abraham, l’une des deux conseillers municipaux – ne sont arrivés qu’en 5 ou 6e position dans les trois circonscriptions. Dans ce scrutin-là, les candidats de La France insoumise avaient par exemple signé de bien meilleurs scores, se hissant dans le trio de tête.