Législatives partielles: Double victoire de LR face à LREM à Belfort et dans le Val d'Oise

LEGISLATIVES Une double défaite qui sonne comme un mauvais signal pour le parti présidentiel, alors que l’exécutif marque le pas dans les sondages ces derniers jours...

M.C. avec AFP

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Le candidat LR à la législative partielle dans le Val d'Oise Antoine Savignat (à g.), avec Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, le 31 janvier 2018.
Le candidat LR à la législative partielle dans le Val d'Oise Antoine Savignat (à g.), avec Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, le 31 janvier 2018. — Jacques Witt / Sipa/SIPA

La large victoire était prévue à Belfort, mais beaucoup plus inattendue dans le Val d'Oise : Les Républicains ont emporté les deux sièges attribués lors des législatives partielles dimanche, une première bonne nouvelle pour Laurent Wauquiez dans son offensive contre Emmanuel Macron.

« La France du réel s’est exprimée ce soir : malgré huit mois de communication mensongère, les électeurs ont envoyé un message clair à Emmanuel Macron et au gouvernement. C’est un désaveu qui sanctionne sévèrement la politique du gouvernement », a estimé le président de LR.

« La droite est de retour » : les porte-parole du parti ont repris en chœur son antienne pour saluer ce doublé.

Le candidat LR Antoine Savignat fait 6 points de mieux qu’en juin

Dans la première circonscription du territoire de Belfort, le LR Ian Boucard s’est nettement imposé avec 59,18 % des voix, plus de huit points de mieux qu’en juin, face au MoDem-LREM Christophe Grudler (40,82 %).

Et dans la première circonscription du Val d'Oise, Isabelle Muller-Quoy (LREM, 48,55 %) a perdu la circonscription prise en juin à la droite : son rival LR Antoine Savignat l’a emporté avec 51,45 %, six points de mieux qu’en juin. « Une remontada impressionnante cette semaine pour un excellent candidat, défenseur du Val d'Oise urbain et rural », a tweeté la présidente LR d’Ile-de-France Valérie Pécresse.

Les deux élections avaient été annulées par le Conseil constitutionnel, du fait d’un suppléant inéligible pour Isabelle Muller-Quoy et de faux tracts pour Ian Boucard.

Mauvais signal pour l’exécutif

L’exécutif et le parti présidentiel rejetaient toute portée nationale à ces deux élections partielles. Mais une double défaite sonne comme un mauvais signal, alors que l’exécutif marque le pas dans les sondages ces derniers jours.

« Les législatives partielles sont toujours difficiles pour les majorités en place ; ceux qui soutiennent la politique du gouvernement ne se sont pas mobilisés comme le montre la forte abstention », a réagi l’entourage du Premier ministre Edouard Philippe.

Ce second tour est encore marqué par une participation très faible : 28,91 % à Belfort, contre 45,25 % en juin 2017. Et à peine 19,09 % dans le Val d'Oise, deux fois moins que l’an dernier. « C’est un moment où il est plus facile de mobiliser contre que pour », a-t-on jugé à Matignon.

Et LREM a renchéri dans un communiqué : « le niveau exceptionnel d’abstention (…) nous incite plus que jamais à poursuivre nos efforts pour renforcer l’engagement des citoyens dans la vie politique, au cœur du projet de notre mouvement ».

« L’ancienne droite bat la nouvelle droite »

S’il a concédé une « déception » pour le « mouvement nouveau », le vice-président LREM de l’Assemblée Hugues Renson a exprimé sur LCI un message similaire pour « ne pas surinterpréter ces résultats ». Pour la candidate battue, « la démocratie n’a pas gagné dans cette élection » d’un député LR « sans états d’âme ».

« L’ancienne droite bat la nouvelle droite », a tweeté le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a, lui, salué « une très belle victoire de nos deux candidats qui ont su mobiliser », et « un sévère avertissement pour Emmanuel Macron, un président qui ne sent pas la contestation monter, sur le pouvoir d’achat, la CSG ou la sécurité ».