Législatives: Quel avenir pour les anciens députés et les ministres candidats battus?

POLITIQUE Prof, haut fonctionnaire, agent d’assurances, les candidats battus au premier tour des législatives et les députés sortants vont pleinement réintégrer une vie « civile »…

Anne-Laëtitia Béraud

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Montage des candidats battus aux législatives Emmanuelle Cosse  et Henri Guaino
Montage des candidats battus aux législatives Emmanuelle Cosse et Henri Guaino — SIPA/20 Minutes

Que vont faire les députés sortants au premier tour des législatives ? Et ceux qui n’ont pas brigué de nouveau mandat à l’Assemblée ? Ou les ministres candidats? Certains vont reprendre leur ancien métier, d’autres s’ouvrent à de nouveaux horizons professionnels, quand d’autres vont prendre leur retraite. 20 Minutes revient sur les cas les plus emblématiques…

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Pas d’entretien avec un conseiller d’orientation pour le socialiste Laurent Grandguillaume. Le député PS sortant de Côte d’Or a été nommé mercredi directeur du développement de Missioneo. Cette plateforme d’offres de missions pour les consultants freelance a été séduite par l’expertise de l’ancien médiateur lors du conflit entre les taxis et chauffeurs VTC contre les plateformes.

Un CV et une lettre de candidature dont s’est passé Olivier Audibert-Troin, député Les Républicains battu dimanche dans le Var. L’élu de 56 ans, agent général d’assurances, n’a jamais cessé totalement son activité. «Je suis multi-activités. Je vais revenir dans mon cabinet que je n'ai jamais vraiment quitté pour donner un coup de main à mon épouse et mes collaborateurs, sans oublier la présidence de la communauté d'agglomération dracénoise qui est un beau poste», dit celui qui ne s'«interdit rien, y compris de grandes vacances». Le futur? «Je vais y penser. Je vais d'abord prendre du temps pour moi et ma famille. Je laisse la porte ouverte pour continuer [en politique]... ou pour m'investir dans la reconstruction du parti Les Républicains», affirme Olivier Audibert-Troin.

Réintégration dans l’emploi précédant le mandat politique

Si les députés issus du privé peuvent obtenir sous conditions d’une réintégration dans leur emploi, les fonctionnaires, eux, peuvent retourner dans le public. Le député sortant Les Républicains Henri Guaino, candidat dissident LR battu à Paris, va ainsi retourner à la Cour des comptes. Celui qui a annoncé se retirer de la vie politique y a été nommé conseiller maître en 2006.

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Quant aux députés qui recherchent du travail, ils peuvent bénéficier sous conditions d’une allocation-chômage dégressive pendant trois ans. Une aide que Christophe Borgel pourrait toucher s’il en faisait la demande. Battu dimanche en Haute-Garonne, le député socialiste de 53 ans cherche désormais du travail. « Je vais tout simplement chercher dans le privé. C’est une nouvelle page de ma vie qui s’ouvre », a déclaré le « monsieur élections » du PS.

Allocation dégressive et sous conditions

Les anciens ministres, eux, ne bénéficient pas d’allocations. « Les ministres n’ont pas de couverture [financière] pour les tenir au chaud. Evidement que je vais continuer à travailler, et rapidement », dit l’ex-ministre du Logement Emmanuelle Cosse à 20 Minutes ce mercredi. « La réflexion va durer quelques semaines. Je souhaiterai me diriger dans mon domaine de compétence, le logement », confie celle qui a été battue en Seine-Saint-Denis. La conseillère régionale d’Ile-de-France attend désormais des informations de la part de la commission de déontologie de la fonction publique chargée d’examiner si les activités privées désirées ne sont pas incompatibles avec ses précédentes fonctions. « Ce serait compliqué de travailler dans le domaine du logement si cette commission y voit un conflit d’intérêts », précise Emmanuelle Cosse.

L’ex-secrétaire d’Etat Christian Eckert battu en Meurthe-et-Moselle va revenir, lui, dans l’enseignement. Un retour logique pour ce professeur agrégé de mathématiques jusqu’alors en disponibilité : « Je vais solliciter ma réintégration en tant qu’enseignant, mais ce sera pour un court laps de temps car je peux faire valoir mes droits à la retraite en avril 2018 », confie-t-il à 20 Minutes. Toujours conseiller municipal à Trieux (Meurthe-et-Moselle), Christian Eckert n’envisage pas de solliciter de nouveau mandat.

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Enfin, pour d’autres candidats, ce sera la retraite. A 71 ans, dont 35 passés sur les bancs de l’Assemblée nationale, Gérard Bapt, cardiologue de profession, va désormais se tourner vers l’engagement associatif : « Je veux m’engager dans des associations de défense des victimes dans les domaines de la santé et de l’environnement ». Toujours conseiller municipal à Saint-Jean, dans l’agglomération de Toulouse, l’élu a pris contact avec ElisCare, une ONG qui vient au secours des populations en Irak ou en Syrie.