VIDEO. Législatives: La claque pour les partis traditionnels

ELECTIONS Les Républicains et le Parti socialiste connaissent des revers plus ou moins cuisants au soir du premier tour des élections législatives…

Anne-Laetitia Beraud
— 
Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, le 11 juin 2017 à Paris.
Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, le 11 juin 2017 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Le raz-de-marée de La République en marche ne laisse pas beaucoup de place aux autres partis. Pour ce premier tour des élections législatives, La République en marche (LREM) et son allié du MoDem pourraient rafler, selon des projections en sièges, entre 400 et 445 sur un total de 577 sièges. Le scrutin a été marqué par une abstention record, environ un électeur sur deux ayant rechigné à aller voter.

>> Les résultats du premier tour à découvrir par ici

A droite, Les Républicains et l’UDI pourraient obtenir 70 à 130 élus. « Notre pays attend des pouvoirs équilibrés et non concentrés en un seul parti », a prévenu ce dimanche François Baroin, chef de file LR pour ces élections. Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy et candidat dissident LR à Paris, a été battu. Il a annoncé dans la foulée arrêter la vie politique.

Selon le chercheur associé à l’Iris Eddy Fougier, « certes Les Républicains sont battus mais ils ne sont pas en si mauvaise posture ce dimanche soir ». Pour le politologue, « le résultat écrasant de La République en marche évite à pas mal de membres LR de se prononcer pour le second tour. En évitant de prendre parti, les juppéistes vont pouvoir rester au sein des Républicains, empêchant par ailleurs que le parti ne se radicalise », estime le politologue.

« Défaite cuisante » pour le PS

Le Parti socialiste coule ce dimanche, avec l’espoir d’obtenir 15 à 40 sièges à l’issue de ces élections. Ce serait donc moins que lors de la défaite historique de la gauche en 1993, quand celle-ci avait obtenu 57 élus. Parmi les figures socialistes battues ce dimanche, figurent le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, les anciens ministres Benoît Hamon et Mathias Fekl, ou encore le député sortant Patrick Menucci à Marseille. « La défaite est cuisante. Elle s’inscrit dans la droite ligne du renoncement de François Hollande à se représenter, de la campagne présidentielle de Benoît Hamon qui n’était pas digne d’une présidentielle, et plus largement de l’éloignement du parti vis-à-vis de ses fondamentaux politiques », argumente Stéphane Rozès, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives).

Pas de sursaut de participation des électorats populaires

Pourtant divisés, la France insoumise (FI) de Jean-Luc Mélenchon et le PCF pourraient espérer entre 10 et 23 fauteuils. « L’immensité de l’abstention montre qu’il n’y a pas de majorité pour détruire le Code du travail », a déploré Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la FI candidat dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône.

Après avoir été qualifié au second tour de la présidentielle, le Front national espérait obtenir 15 députés, le nombre minimum d’élus pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale. Mais à l’issue de ces législatives, le parti obtiendrait entre un et dix sièges selon les projections en sièges de ce dimanche. Ce score représente « une déception », a expliqué le vice-président du FN Florian Philippot. La présidente du parti Marine Le Pen a estimé que « ce taux d’abstention catastrophique pose la question du mode de scrutin ». En 2012, le Front national a obtenu un député et un autre sous l’étiquette Rassemblement bleu marine.

« Les électorats populaires du FN et de FI ont peu voté à ces législatives et ils ne se déplaceront pas, ou très peu, dimanche prochain » pour le second tour des élections, prévoit Stéphane Rozès. Pas de quoi renverser la tendance pour ces deux formations.