VIDEO. Législatives: L'avenir politique de Manuel Valls se joue cette semaine

CARRIÈRE L’ancien Premier ministre a indiqué qu’il souhaitait participer à la « majorité gouvernementale » d’Emmanuel Macron…

L.C.

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Manuel Valls lors du
Manuel Valls lors du — EREZ LICHTFELD/SIPA

Il ne sera pas resté longtemps à l’arrière-plan, le temps d’une photo d’Emmanuel Macron et de François Hollande à la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Paris, devenue virale lundi. Mais l’ancien Premier ministre Manuel Valls, candidat malheureux de la primaire socialiste en janvier dernier, revient sur le devant de l’actualité alors que son étiquette pour les élections législatives se joue cette semaine.

Candidat aux législatives sous l’étiquette La République En Marche ?

A 54 ans, Manuel Valls a remporté trois fois la 1re circonscription de l’Essonne en tant que député socialiste. Après sa démission en décembre dernier pour se lancer dans la primaire, l’ancien Premier ministre a retrouvé son mandat de parlementaire le 7 janvier 2017. Si son nom n’apparaît pas sur la liste des candidats investis par le Parti socialiste (PS) à la fin de l’année 2016, ses proches ne doutent pas qu’il briguera un nouveau mandat de député. Reste à savoir sous quelle étiquette politique.

Son proche Francis Chouat, qui lui a succédé à la mairie d’Evry, déclarait le 20 avril dernier au Parisien : « Nous ne serons pas exclus, Manuel Valls sera le candidat investi par la gauche sur la 1re circonscription. Et il n’y a eu aucune négociation avec En Marche ! » Mais c’était avant l’élection d’Emmanuel Macron.

L’ancien Premier ministre, qui n’a pas précisé s’il comptait quitter le PS, a déclaré ce mardi sur RTL qu’il serait « candidat de la majorité présidentielle » aux législatives.

Une candidate En Marche ! déjà sélectionnée dans la circonscription de Valls

Cette annonce a déclenché une série de réactions parfois incohérentes au sein d’En Marche (désormais rebaptisé La République en marche). « Je ne crois pas qu’il ait déposé sa candidature », a réagi le porte-parole du mouvement Benjamin Griveaux, ajoutant qu'« il lui reste 24 heures » s’il veut le faire.

Pourtant, Richard Ferrand avait annoncé à la presse lundi que la liste des 577 candidats était déjà établie, sauf « dans une dizaine de circonscriptions où les choses doivent être précisées ». Jean-Paul Delevoye, le président de la commission nationale d’investiture En Marche ! a d’ailleurs annoncé à BFMTV  qu’une candidate avait déjà été désignée « sur la circonscription de Monsieur Valls ».

Rien n’est perdu pour autant puisqu’il a précisé que « si Monsieur Valls décide de se proposer, nous aurons à choisir de maintenir cette candidate ou pas ». Autrement dit, s’il a rempli le formulaire en ligne pour devenir candidat à l’investiture En Marche, comme 14.000 personnes (dont les élus MoDem qui devaient eux aussi effectuer cette démarche), son cas sera examiné d’ici jeudi midi, date butoir pour la publication de la fameuse liste des 577 candidats En Marche aux législatives.

Le député Christophe Castaner a bon espoir pour son ex-camarade du PS. « Je pense qu’il a des chances. Emmanuel Macron s’est prononcé la semaine dernière en particulier sur le cas de Manuel Valls, Manuel a décidé de faire un choix, celui de quitter le Parti socialiste, d’assumer une transgression dans sa propre histoire (…) et c’est légitime que nous l’entendions et que nous l’écoutions », a déclaré l’élu des Alpes-de-Haute-Provence sur franceinfo.

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Une exclusion du PS ?

Si l’ancien Premier ministre est investi par La République En Marche aux législatives, il ne sera pas obligé par ce mouvement de quitter le PS, mais il ne pourra être candidat que sous l’étiquette du parti d’Emmanuel Macron, comme l’a répété lundi Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement. Il pourrait donc affronter un candidat PS dans sa circonscription de l’Essonne.

Le « cas Valls » devrait également figurer à l’ordre du jour du bureau national du PS ce mardi. Les réactions au sein du parti sont déjà virulentes à l'égard de l'ex locataire de Matignon.

Selon le JDD, les Hamonistes veulent qu’il ne soit pas investi par le parti pour les législatives et qu’il soit exclu de la formation politique. « Personne ne voit comment on peut partir sous les mêmes couleurs que Valls », assure au JDD un député de l’aile gauche. « S’il se présente sous l’étiquette de la majorité présidentielle, cela paraît difficile de conserver sa carte du PS », avance Alain Bergounioux, historien du PS et membre du parti, à 20 Minutes. « Son avenir est plutôt dans En Marche ! que dans le PS. » L’avenir politique de celui qui se lançait, il y a cinq mois, dans la course à l’Elysée, devrait donc se jouer cette semaine.