VIDEO. Présidentielle: La presse souligne la victoire «large et fragile» de Macron

PRESIDENTIELLE Les journaux français notent que le président élu n'est pas assuré d'obtenir une majorité parlementaire pour gouverner...

M.C. avec AFP
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Emmanuel Macron s'exprime après sa victoire, le 7 mai 2017.
Emmanuel Macron s'exprime après sa victoire, le 7 mai 2017. — Eric FEFERBERG / AFP

Soulagée, admirative et exigeante. Au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, la presse française et étrangère salue la victoire du candidat d’En Marche !, mais note la route semée d’embûches qui l’attend désormais.



Très enjoué, Les Echos salue « La France qui ose » au lendemain du second tour. « Il y a longtemps que l’on n’avait pas accolé ces deux mots. La France sourit. Avec Emmanuel Macron, élu très largement ce dimanche, la France grondeuse a conjuré la fatalité populiste qui semblait gagner le monde occidental. Macron, ou l’anti-Trump », se félicite le quotidien économique.

Libération ne cache pas non plus sa satisfaction en saluant la victoire de l’ancien ministre de l’Economie d’un « Bien joué ». A l’opposé du portrait de une du nouveau président, la quatrième de couverture est barrée d’un « Bien fait » adressé à Marine Le Pen.



« Déconne pas, Manu »

« Dans l’ultime bataille, la République l’emporte. Ebranlée, fissurée, bousculée par un parti de l’intolérance qui a réuni jusqu’à 42 % des intentions de vote durant la campagne, la France vient de signifier aux xénophobes - même s’ils restent forts, menaçants, actifs - qu’elle ne voulait pas d’eux », écrit avec soulagement Laurent Joffrin, le directeur du journal.

Mais le président élu n’est pas au bout de ses peines. « Déconne pas, Manu », titre en une 20 Minutes, en soulignant « l’immense tache qui attend » Emmanuel Macron. L’élection à peine remportée, « les nuages s’amoncellent » pour celui qui était inconnu du grand public avant sa nomination comme ministre de l’Economie en 2014, souligne le quotidien.



Son mouvement En marche !, né en avril 2016, n’est en effet pas sûr d’avoir une majorité parlementaire lors des élections législatives. « Le PS balayé, la droite veut imposer à Emmanuel Macron une cohabitation. Le FN, qualifié de "principale force d’opposition" par Marine Le Pen, pourrait surfer sur la dynamique électorale de sa candidate. », rappelle encore 20 Minutes.

Un président « très bien et très mal élu »

« Ne nous y trompons pas, avertit Le Figaro : la France de Macron, cette France positive, dynamique, réformatrice, ouverte à l’Europe comme au vent du large existe bel et bien - et c’est heureux. Mais elle ne représente qu’un quart des Français. Deux autres quarts (les lepénistes et les mélenchonistes auxquels on pourrait ajouter les partisans de Hamon) sont radicalement hostiles aux valeurs qu’elle incarne. »



« Quoi qu’il arrive, Emmanuel Macron ne devra jamais oublier qu’il a été à la fois très bien et très mal élu », insiste La Croix. « Très bien car il a bénéficié d’un des scores les plus élevés de la Ve République. Très mal parce que de nombreux citoyens ont voté en sa faveur non par adhésion mais uniquement pour écarter la menace du Front national », ajoute l’éditorialiste du quotidien catholique qui titre sur « une victoire large et fragile ».



Le champion du « ni droite, ni gauche » aura besoin des deux pour gouverner

Il n’y aura pas d’état de grâce si l’on en croit L’Humanité, qui assure qu'« un nouveau combat commence » contre un président élu « sans adhésion ». Le journal communiste explique qu'« Emmanuel Macron veut frapper vite parce qu’il est faible » et « les élections législatives sont donc une première étape importante pour lui mettre des bâtons dans les roues ».

Comme le résume Le Journal de la Haute-Marne, « gagner la présidentielle, finalement, aura été le plus simple pour Emmanuel Macron. Pouvoir s’appuyer sur une Assemblée qui soutiendra sa politique sera beaucoup plus ardu, pour un ex-candidat qui se veut le champion du "ni droite, ni gauche", mais aura besoin des deux pour gouverner… et de contenter chacun ».