VIDEO. Résultat présidentielle: Le plus dur commence maintenant pour Macron

POLITIQUE Emmanuel Macron, 39 ans, va devenir le huitième président de la Ve République, le plus jeune de l’Histoire. Il a obtenu 66,1 % des voix face à Marine Le Pen selon les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur…

Helene Sergent

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Emmanuel Macron en meeting à Chatellerault, le 28 avril 2017.
Emmanuel Macron en meeting à Chatellerault, le 28 avril 2017. — Christophe Ena/AP/SIPA
  • Son adversaire, Marine Le Pen, est créditée de 33,9% des suffrages selon les résultats définitifs diffusés par l'Intérieur
  • Les votes blancs et l’abstention ont atteint des niveaux jamais atteints sous la Ve République
  • Un collectif composé de plusieurs syndicats appelle à un rassemblement lundi à Paris pour défendre les acquis sociaux

Un vaste défi, un immense chantier. En succédant à François Hollande, Emmanuel Macron va devoir affronter, dès son arrivée à l’Elysée, une multitude de difficultés. Elu ce dimanche avec 66,1 % des voix face à Marine Le Pen, l’ancien ministre de l’Economie devient à 39 ans, le plus jeune président de la Ve République.

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Si le candidat d’En Marche ! a réussi à convaincre plus de 20 millions d’électeurs de voter pour lui, la très forte abstention et le record du nombre de votes blancs présagent d’un début de quinquennat complexe. Mobilisation sociale, élections législatives et crise de légitimité vont rythmer ses débuts à la tête de l’Etat.

  • Faire face à la grogne sociale

Le rendez-vous a été donné une semaine avant les résultats. Diffusé dès le 27 avril sur les réseaux sociaux, un communiqué du collectif « Front social », rassemblant plusieurs associations et sections syndicales (CGT, Sud ou Unef), appelle à manifester ce lundi pour une « première mobilisation sociale ». Une mobilisation qui pourrait s’accentuer si  Emmanuel Macron légifère par ordonnances, comme il s’y est engagé tout au long de sa campagne.

L’ancien ministre propose de réformer, dès l’été, le Code du travail. Si des principes comme la durée légale ou le salaire minimum resteraient fixés par la loi, les horaires effectifs ou l’organisation du travail pourraient être négociés au plus près du terrain, par accord majoritaire ou par référendum d’entreprise. Des mesures fustigées par les organisations syndicales.

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Pendant l’entre-deux tours, la CGT avait estimé que la qualification de Le Pen et Macron était le « résultat des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits, comme des renoncements des gouvernements successifs », ajoutant que « depuis des mois, de nombreux salariés et citoyens contestent ces choix, s’opposent aux mauvais coups, tels la loi travail et la loi Macron ».

Anticipant une forte mobilisation sociale estivale, Emmanuel Macron s’était engagé, le 2 mai dernier lors d’un meeting, à rencontrer « toutes » les organisations syndicales et patronales une foi élu.

  • Réunir une majorité

C’est la première fois que le parti, créé il y a un peu plus d’un an par Macron, participe aux élections législatives. L’objectif d’En Marche ! est de présenter des candidats dans chacune des 577 circonscriptions, mélangeant membres de la société civile et élus plus expérimentés. Le parti du nouveau président n’a pas encore dévoilé la liste des investitures et pour cause. Les contraintes sont nombreuses, le mouvement souhaite présenter des candidats de gauche, de droite et du centre.

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Mais la bataille s’annonce particulièrement ardue pour l’obtention d’une majorité à l’Assemblée. Dès ce dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon, 4e homme du 1er tour, a déclaré qu’il refusait « de donner les pleins pouvoirs au gouvernement Macron » : « J’appelle les 7 millions de personnes qui se sont regroupées autour du programme dont j’ai été le candidat à se mobiliser et à rester unies, qu’elles aient ou non voté pour M. Macron ».

  • Renforcer sa légitimité

C’est probablement le défi le plus difficile à relever pour le futur chef de l’Etat. Avec un second tour marqué par la plus forte abstention depuis 1969 et plus de 4,2 millions de votes blancs et nuls, la légitimité du nouveau Président semble plus fragile que ses prédécesseurs. Au total, un Français sur trois n’a pu se prononcer en faveur d’un candidat ou d’un autre. Pour Jean-Yves Dormagen, enseignant en Sciences politiques et coauteur de La démocratie de l’abstention (Folio Actuel), la base électorale d’Emmanuel Macron reste particulièrement fragile.

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« Ce second tour n’a pas suscité d’enthousiasme ni de véritable peur vis-à-vis du Front National. C’est forcément problématique pour la légitimité du candidat élu. La fragilité de la base électorale de Macron est confirmée par ce second tour. Cette abstention dit quelque chose du niveau de désenchantement que ressentent les Français et l’état de grâce du nouveau Président paraît plus que compromis », conclut le chercheur.