Emmanuel Macron rend hommage à Brahim Bouarram, assassiné par des militants d’extrême droite

PRESIDENTIELLE Emmanuel Macron a rendu hommage à Brahim Bouarram, assassiné le 1er mai 1995 par des militants d'extrême-droite...

C.Po.

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La mort de Brahim Bouarram avait entraîné des manifestations géantes dans tout le pays.
La mort de Brahim Bouarram avait entraîné des manifestations géantes dans tout le pays. — MICHEL GANGNE / AFP

En plein entre-deux-tours, l’hommage est hautement symbolique. Ce lundi, Emmanuel Macron a déposé une gerbe de fleurs et observé une minute de silence à la mémoire de Brahim Bouarram, assassiné il y a exactement 22 ans, par des militants d’extrême-droite. Le candidat au second tour de la présidentielle était accompagné d’Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, et Bertrand Delanoë, son prédécesseur.

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Le 1er mai 1995, le jeune Marocain de 29 ans avait été jeté dans la Seine du haut du pont du Carrousel, à Paris. Ce jour-là, les courants étaient très forts et l’épicier s’était noyé. Ses bourreaux, quatre skinheads, participaient à la célébration annuelle du Front National en l’honneur de Jeanne d’Arc.

Déplacements symboliques

L’assassinat avait suscité une très vive émotion, à quelques jours du deuxième tour de la présidentielle. François Mitterrand, encore à l’Elysée pour la fin de son mandat, avait jeté un bouquet de muguet dans la Seine. Sa mort avait été suivie de nombreuses manifestations contre le racisme partout en France.

Depuis quelques jours, Emmanuel Macron multiplie les gestes symboliques autour de la question de la mémoire. Après s’être rendu, vendredi, dans le village d’Oradour-sur-Glane, le candidat d’En Marche est allé se recueillir dimanche au Mémorial de la Shoah puis au Mémorial des martyrs de la déportation.

«Les mêmes causes produisent les mêmes effets»

Interrogé par un journaliste sur le fait de savoir si le FN avait changé, Emmunel Macron a répondu: «beaucoup de gens s'y sont habitués. Mais pas moi. A-t-il renié cela? Avez-vous encore entendu les propos de la dirigeante du parti d'extrême droite sur le Vél d'Hiv il y a quelques semaines?» Et d'ajouter: «Les racines sont bien là. Elles sont vivaces. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Moi, je n'oublierai rien et je me battrai jusqu'à la dernière seconde non seulement contre le projet qu'elle (Marine Le Pen) porte mais contre l'idée qu'elle a de la démocratie et de la République. Ça n'est pas la mienne.»