VIDEO. Présidentielle: Les partisans bordelais de Mélenchon après l'élection déplorent «le choix entre la peste et le choléra»

PRESIDENTIELLE «20 Minutes» a passé la soirée avec les Insoumis bordelais, réunis dans un local du centre-ville, pour suivre les résultats de leur favori Jean-Luc Mélenchon…

Elsa Provenzano

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Plusieurs dizaines d'insoumis Bordelais se sont réunis à la Victoire dans un atelier d'artiste.
Plusieurs dizaines d'insoumis Bordelais se sont réunis à la Victoire dans un atelier d'artiste. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Les Insoumis bordelais sont déçus que leur candidat ne soit pas au second tour.
  • Ils ont le sentiment qu'un mouvement populaire est né autour de la France Insoumise. 

Des pleurs, des mines interloquées et déçues bien sûr dans le camp des Insoumis bordelais à l’annonce du score de leur candidat, Jean-Luc Mélenchon, arrivé en quatrième position à l’élection présidentielle avec moins de 20 % des suffrages, soit 19,2 % à 22 h 30 dimanche soir.

« J’ai envie de vomir »

A partir de 18 h, ils se sont réunis dans un atelier d’artiste, dans l’hypercentre bordelais, pour suivre la soirée électorale. « Je suis déçue, forcément, mais ce pays à droite ce n’est pas nouveau, soupire Dominique, 68 ans. Il aurait fallu une alliance entre Hamon et Mélenchon mais cela n’a pas été possible ».

« J’ai envie de vomir », lance Sandy, 38 ans, les larmes aux yeux. « On passe de 11 % en 2012 à 19,5 % c’est une vraie victoire, souligne Karl, 36 ans. Le changement des mentalités prend du temps et, il faut retenir qu’il y a eu un mouvement populaire autour de la candidature de Mélenchon comme aucun autre candidat n’a réussi à le faire ».

« Il y avait énormément d’espoir et on est déçus mais c’est surtout décevant pour le pays : on a maintenant le choix entre la peste et le choléra », estime Marin, 30 ans, un des porte-paroles de la France Insoumise. Il pointe une situation inédite dans la Ve République avec quatre candidats qui font des scores autour de 20 %. Il y voit un « manque de légitimité pour Macron qui est sous les 25 % » et parle d’une « inconnue énorme » pour les législatives. L’élection, à son sens, signe la mort de la Ve République et conforte l’idée de la France Insoumise d’en constituer une VIe. « On ne peut pas continuer comme ça », conclut-il.

Un engouement ressenti sur le terrain

Le 20 avril, un sondage réseau régional de France 3, le CEVIPOF et Ipsos Sopra- Stéria, donnait Jean-Luc Mélenchon en tête en Nouvelle-Aquitaine. Le leader de la France Insoumise y recueillait 21,5 % des intentions de vote. Un capital sympathie que les militants ont pu apprécier sur le terrain. « Il y a eu un tel engouement pour son programme », se rassurait Lauren, 31 ans, avant l’annonce des résultats. « On a été super bien reçus, je ne me suis même pas fait traiter de communiste comme en 2012 », plaisantait une autre. « On sentait qu’il y avait des gens qui s’éveillaient à la politique », racontait Pauline, 30 ans. D’autres se faisaient moins d’illusion, ne comptant pas sur sa présence au second tour mais espérant qu’il réaliserait un bon score.

Beaucoup ont milité sur le terrain pendant cette campagne et presque tous ont rejoint un des 30 groupes d’appui de la capitale girondine. Ils sont une centaine au total à avoir adhéré au mouvement de la France insoumise à Bordeaux. Tous n’ont pas pris leur décision quant au second tour, même si certains annoncent déjà qu’ils s’abstiendront. Et ils entendent continuer à s’engager pour les idées de leur candidat.