VIDEO. Présidentielle: Mélenchon, encore raté

PRESIDENTIELLE Comme en 2012, le candidat de la France insoumise a connu une dynamique favorable dans les dernières semaines de la campagne, mais insuffisante pour être au second tour…

O. P.-V.
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Jean-Luc Mélenchon à une manifetation contre le traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, le 15 février 2017 à Strasbourg.
Jean-Luc Mélenchon à une manifetation contre le traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, le 15 février 2017 à Strasbourg. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Bis repetita. Malgré un changement de ton, d’image et de format de campagne, Jean-Luc Mélenchon reste encore coincé sur le seuil du second tour. Le champion de la France insoumise a recueilli 19,5 % (Ipsos) des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle 2017.

Mais tout n’est pas à jeter pour l’ancien socialiste, qui améliore son score de 2012, quand il avait reçu 11,1 % des voix. Retour sur une campagne étonnante, qui a connu une forte dynamique dans les dernières semaines.

Le premier à s’être lancé dans la course

Ancien membre du Parti socialiste (1976-2008), Jean-Luc Mélenchon (65 ans) a commencé sa carrière politique dans l’Essonne, département dont il a été conseiller général puis sénateur de 1986 à 2010. Ministre de Lionel Jospin, en charge de l’Enseignement professionnel de 2000 à 2002, le natif de Tanger a commencé à prendre ses distances avec le PS en faisant campagne pour le non au référendum sur la Constitution européenne de 2005, avant de le quitter en 2008 pour fonder le Parti de gauche. Elu au parlement européen depuis 2009, il a mené sa première campagne présidentielle en 2012 sous les couleurs du Front de gauche, avec comme idée forte la mise en place d’une VIe République.

Arrivé quatrième du scrutin, il s’est préparé très tôt à entrer en compétition pour 2017, proposant sa candidature dès juillet 2015. En février 2016, il annonce officiellement le lancement de son mouvement hors parti La France insoumise, à travers un site internet participatif. En octobre, il présente à Lille le programme politique de sa campagne, tout en développant plusieurs formes de communication atypiques, qui se révéleront payantes pour la suite de sa campagne, en particulier sa chaîne YouTube, qui lui a offert une visibilité importante sur internet.

Le contrecoup de la primaire de gauche

Ce n’était pas prévu dans son plan quinquennal : la victoire de Benoît Hamon, dont les propositions se rapprochent des siennes sur l’écologie et la relance économique, au cours de la primaire organisée par le PS, a porté un coup à sa propre candidature. Alors qu’il dépassait virtuellement dans les intentions de vote Manuel Valls et François Hollande, candidats envisagés du PS pendant un temps, l’irruption à partir du 29 janvier, au soir du second tour de la primaire de gauche, d’un prétendant au programme similaire (sauf sur l’Europe et la diplomatie) a fait baisser Jean-Luc Mélenchon à un niveau proche de sa base de 2012, 10-11 %. Les deux candidats ont par la suite passé quelques jours à se tourner autour dans l’éventualité d’un accord électoral. Au final, aucun des deux n’a accepté de se désister.

Le vent dans le dos après avoir rempli la place de la République

Le 18 mars, Mélenchon et ses Insoumis réalisent un coup de force place de la République, réunissant 130.000 personnes dans l’est parisien, selon l’équipe du candidat. Cinq ans auparavant, le député européen avait réussi à faire de même à la Bastille, lançant une période de dynamique dans les sondages. L’histoire s’est répétée en 2017, la France insoumise étant aidée dans la foulée par les prestations jugées réussies de son candidat au cours des débats télévisés du 20 mars et du 4 avril. Les enquêtes d’opinion lui accorderont jusqu’à 20 % des intentions de vote, tandis que le candidat du PS Benoît Hamon a vu son avance fondre, la majorité de ses électeurs virtuels décidant de soutenir finalement Jean-Luc Mélenchon.

L’essoufflement dans le sprint final

À partir du moment où il s’est retrouvé en position d’être au second tour selon les sondages, l’ancien ministre a été ciblé par ses concurrents François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et même Benoît Hamon, avec qui il avait pourtant conclu un pacte de non-agression. Critiqué pour ses positions diplomatiques vis-à-vis de la Russie, de la Syrie et du Venezuela, ainsi que pour son programme économique jugé infinançable par la droite, la candidature de Jean-Luc Mélenchon a commencé à se tasser dans les derniers jours, malgré plusieurs meetings réussis à Marseille, Toulouse et par hologrammes multiples (son autre trouvaille de la campagne) au cours du sprint final.

Avec 19,5 % (Ipsos) des voix, Mélenchon améliore malgré tout nettement son score de 2012 et peut compter sur un changement d’image réussi au cours de sa campagne : moins « bruit et fureur », l’ancien sénateur est apparu comme un potentiel présidentiable. 

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