VIDEO. Présidentielle: Fillon, la fin d'une longue campagne de souffrance

POLITIQUE Le candidat LR n’a pas pu redresser une image écornée par les révélations successives sur l’emploi de ses proches à l’Assemblée nationale…

J.L.
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François Fillon en meeting à Caen, le 16 mars 2017.
François Fillon en meeting à Caen, le 16 mars 2017. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP
  • Plombé par les affaires, François Fillon n'est pas qualifié pour le second tour
  • Il n'a pas réussi à rééditer l'exploit des primaires
  • Les jours qui viennent s'annoncent dificiles chez les Républicains

François Fillon perd son pari. Selon l’estimation de l’institut Ipsos, avec 19,5 % des voix, il finit, au coude-à-coude, derrière Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle. C’était une élection imperdable pour la droite, après un quinquennat socialiste tellement mal considéré qu’il s’est conclu sur un renoncement de François Hollande à se présenter pour un second mandat, une première dans l’histoire de la Ve République.

Des premières, Fillon aussi, en connaît.  Premier candidat à concourir en étant mis en examen, notamment, ce qui lui a sans doute coûté sa qualification pour le 2e tour et une victoire qui lui était promise. Alors que la droite risque de lui faire la peau dans les heures qui viennent, retour sur une campagne présidentielle tour à tour surprenante, suicidaire, inquiétante.

>>> Le jour où il s’est déclaré

Dés 2013, l’ancien « collaborateur » de Nicolas Sarkozy, prévient qu’il se présentera à la primaire de la droite pour la présidentielle 2017. Une déclaration qui fait rire sous cape à droite, où personne n’a oublié la guerre fratricide avec Jean-François Copé pour prendre la tête de l’UMP. Un épisode ridicule dont se serait bien passé un parti duquel Nicolas Sarkozy ne s’est toujours pas éloigné. Fillon, comme Copé, en pâtit encore. Il est distancé de très loin dans les sondages, par Juppé, Sarkozy, et même Bruno Lemaire, la coqueluche des LR à l’été 2016.

>>> Le jour où il a cru que c’était gagné

Personne ne l’a vu venir, pourtant, François Fillon, après deux débats bien maîtrisés ou il apparaît en homme d’Etat au-dessus de la mêlée, remporte les deux tours de la primaire haut la main. Son programme ?  Une thérapie de choc pour les Français. Suppression des 35h et de 500.000 postes de fonctionnaires, refonte de la sécurité sociale que ses adversaires l’accusent de vouloir privatiser, augmentation du taux de TVA, exemplarité du gouvernement… Les Français adhèrent et le placent loin devant tout le monde en vue de la présidentielle, y compris le FN. Alors que la gauche semble sans solutions et que le phénomène Macron n’a pas encore décollé, l’élection semble gagnée d’avance pour l’ancien député de la Sarthe.

>>> Le jour où il a tout perdu

Le 25 janvier 2017, pour ceux qui aiment être précis. Ce mercredi-là, Le Canard Enchaîné révèle que François Fillon a employé sa femme en tant qu’assistante parlementaire pendant des années, tout en remettant en cause la véracité de cet emploi, alors que Pénélope Fillon a toujours nié participer à la vie politique de son mari. Le candidat se contente de parler des « boules puantes habituelles » et dénonce « la misogynie » de l’hebdomadaire. Insuffisant. Les révélations se succèdent, les imprécisions de François Fillon aussi, et le candidat LR voit sa campagne polluée de bout en bout par les affaires, puisqu’il faut aussi ajouter des costumes hors de prix offerts par le sulfureux avocat Robert Bourgi.

>>> Le jour qui aurait pu tout changer

Le 1er mars 2017, quand il se retrouve obligé d’annuler une visite au Salon de l’agriculture en dernière minute, on pense l’ex-premier ministre sur le point d’abandonner. S’il annonce bien sa prochaine mise en examen lors d’une conférence de presse, il se dédit complètement en refusant de démissionner, ce qu’il avait pourtant annoncé sur le plateau de TF1 quelques semaines plus tôt. Celui qui n’imaginait pas le général de Gaulle mis en examen s’accroche en dépit des nombreuses figures du parti qui poussent pour un retrait en douceur et un scénario alternatif. « La France est plus grande que mes erreurs », leur répond Fillon. C’en est fini du plan B, la droite s’en remet au vainqueur des primaires quitte à exploser en vol. L’après-défaite risque de piquer.

>> Et vous, qu’avez-vous pensé de la campagne de François Fillon ? Quel sera son avenir politique ? N’hésitez pas à nous faire part de votre avis dans les commentaires ci-dessous ou à nous envoyer un mail à contribution@20minutes.fr