Présidentielle: Ces hauts fonctionnaires qui refuseront de servir Marine Le Pen

POLITIQUE Le choix du juge et président de la chambre à la cour d’appel de Versailles est déjà fait. En cas de victoire frontiste, il démissionnera…

C. Ape.

— 

Affiche déchirée de Marine Le Pen, candidate en Nord-Pas-de-Calais-Picardie aux élections régionales.
Affiche déchirée de Marine Le Pen, candidate en Nord-Pas-de-Calais-Picardie aux élections régionales. — ALLILI MOURAD/SIPA

La potentielle victoire de Marine Le Pen à la présidentielle pose question à certains fonctionnaires. Ce jeudi, dans l’Obs, des hauts fonctionnaires ont signé une tribune dans laquelle ils annoncent leur refus de servir le Front national  si sa candidate remporte la présidentielle.

Parmi eux, Serge Portelli, juge et président de la chambre à la cour d’appel de Versailles, a expliqué ce même jour au micro de RMC qu’il « ne servira pas un Etat Front national ». « Peut-on rester magistrat si le FN est au pouvoir et que l’Etat de droit est totalement dégradé ? s’interroge-t-il. Ma réponse est non. Je ne servirai pas un Etat Front national. Je démissionnerai. »

« Il y aura une purge »

Le juge s’explique : « je suis entré dans la magistrature en raison d’un attachement viscéral et fondamental aux libertés publiques de la République. Or, je constate que les propositions du FN vont à l’encontre des valeurs républicaines pour lesquelles je suis entré au service de l’Etat, dans un service public aussi magnifique qu’est la justice ».

Arno Klarsfeld, avocat et conseiller d’État, a assuré à l’Obs qu'« il y aura une purge ». « Tous les régimes d’extrême droite l’ont fait et ont apporté le malheur aux peuples. Je me prononce ici en tant qu’avocat. Je serai un bouc émissaire. Il faudra que je m’en aille ».

>> A lire aussi : Marion Maréchal-Le Pen accueillie sous les huées des manifestants à Bayonne

Avant eux, le 8 mars, l’ambassadeur de France au Japon Thierry Dana avait expliqué dans les colonnes du Monde qu’il refuserait de « servir » Marine Le Pen. Sa sortie avait été désapprouvée par le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.