Présidentielle: «Le vote utile est une invention pour que rien ne change»

POLITIQUE Vote utile ou vote de conviction à l’élection présidentielle ? Nous avons interrogé les internautes de «20 Minutes»…

Mathilde Cousin

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Illustration d'un électeur en train de glisser un bulletin dans une urne.
Illustration d'un électeur en train de glisser un bulletin dans une urne. — DAMOURETTE/SIPA

La question revient à chaque élection présidentielle : un électeur doit-il voter par conviction au premier tour et utile au second ? Mais pour cette élection, avec des candidats qui se talonnent dans les sondages, et plus d’incertitudes que jamais, le vote utile est désormais au centre des réflexions des électeurs. Pourtant, les internautes de 20 Minutes, interrogés sur notre page Facebook, veulent encore rêver. Et défendre leurs valeurs.

« Je ne céderai pas au piège du vote utile, annonce Nawel. Si on vote, on doit le faire par conviction et parce qu’on croit en un programme et des idées. Peu importe qui se retrouve au second tour, peu importe qu’on agite la menace d’une présence FN, je veux voter en accord avec mes principes. » Rachel, qui s’est fait tatouer « fight for your freedom » (« battez-vous pour votre liberté »), refuse elle aussi un vote « utile » : « c’est une invention pour que rien ne change. Je préfère la tempête qui nettoie tout qu’un calme olympien où personne ne bouge d’un millimètre. » Pour Myriam, voter utile est un « piège ». « On nous a déjà fait le coup en 2012 », lance-t-elle.

>> A lire aussi : Présidentielle: Le «vote utile» est-il en train de pourrir la campagne de Benoît Hamon?

« Le moins pire »

L’internaute Ro se montre plus partagé : « Selon moi, le vote utile au premier tour est un vote de renoncement à ses convictions. Au second tour, lorsqu’il ne reste que deux candidats, il est utile car on vote pour celui qui nous semble le moins pire, même si on n’adhère pas à tout dans leurs programmes. » Delphine, qui vote par conviction au premier tour, fait elle l’option de voter nul au second tour si personne ne lui convient, « pour bien faire comprendre aux candidats que je suis venue leur dire qu’ils me déplaisent. »

Certains internautes se mobilisent. Mais en « contre », à l’image de Kévin, qui, depuis qu’il vote, n’a jamais voté pour le candidat qu’il voulait. « J’en ai marre de ne jamais pouvoir voter ce que je veux. Aujourd’hui, j’aimerais que le vote blanc soit reconnu. »