Présidentielle: Pourquoi les candidats citoyens ont échoué dans la course à l'Elysée

POLITIQUE Aucun des candidats issus de la société civile n’a récolté assez de parrainages pour être candidat à la présidentielle…  

Coralie Lemke

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Alexandre jardin était candidat à l'élection présidentielle de 2017.
Alexandre jardin était candidat à l'élection présidentielle de 2017. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

La course s’arrête pour eux. Alexandre Jardin et Charlotte Marchandise, tous deux candidats à la présidentielle 2017, n’ont pas obtenu assez de parrainages pour continuer leur aventure politique. Le premier est un écrivain, fondateur de Bleu Blanc Zèbre, un mouvement citoyen qui regroupe plusieurs acteurs de la société civile. Charlotte Marchandise, elle, a été élue par les internautes via la consultation citoyenne organisée par LaPrimaire.org.

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Un échec qu’ils attribuent avant tout au système politique et médiatique. « Sans l’appui d’un parti ou sans être en politique depuis trente ans, impossible d’avoir assez de signatures », tonne Alexandre Jardin. Il s’insurge tout particulièrement contre la loi d’avril 2017, qui rend public le nom des maires et des candidats qu’ils ont choisi de soutenir. « Les maires craignent que leurs subventions soient verrouillées ou de faire l’objet de représailles concernant la réserve parlementaire. »

Charlotte Marchandise, elle, s’étonne de « l’écart important » entre le nombre de promesses dont elle dispose et le nombre de parrainages qui lui ont été validés par le Conseil constitutionnel. « Il suffit que les maires oublient le sceau, la signature ou qu’ils se trompent d’enveloppe pour que le soutien ne soit pas enregistré. Et personne ne leur notifie que leur courrier n’a pas été pris en compte. »

Des candidats restés dans l’ombre 

Celle qui a gagné la primaire citoyenne se félicite toutefois de sa campagne qu’elle dit considérer comme une réussite, malgré une exposition médiatique réduite. « Je suis sidérée par le temps de parole attribué à François Fillon et Emmanuel Macron. Nous avons été bien moins présents. J’ai fait une fois la matinale d’une grande radio nationale et, le jour même, nous avons eu 18 parrainages de plus », raconte Charlotte Marchandise.

« C’est très difficile de lutter dans cette grande compétition avec des partis qui sont de véritables machines, qui possèdent des réseaux solides et des moyens considérables. Le combat est inégal. Et puis, difficile pour un maire qui est déjà encarté de soutenir un autre candidat que celui issu de sa formation politique », précise Henri Rey, directeur de recherche au Cevipof. « Il y a toujours eu des petits candidats issus de la société civile, comme Marcel Barbu, un bijoutier qui s’est présenté en 1965, en même temps que le général de Gaulle. Mais ils n’ont jamais percé. »

Les législatives dans le viseur

Charlotte Marchandise et Alexandre Jardin vont désormais se consacrer aux élections législatives qui auront lieu au mois de juin. « Nous avons deux millions et demi d’abonnés sur Facebook. On voit que l’intérêt des citoyens est là. Nous allons proposer une stratégie et la révolte va s’exprimer autrement », avance Alexandre Jardin, dont le mouvement revendique 210 maisons de citoyens à travers la France.

Charlotte Marchandise souhaite, elle, se lancer dans un projet « d’archipel citoyen ». « C’est un réseau qui s’engage pour la transparence en politique, comme le parti Pirate, le mouvement La France a des elles ou encore La Belle Démocratie. » Leur objectif : organiser des ateliers pour proposer une nouvelle constitution et ainsi qu’une réforme des institutions. La Rennaise a confié qu’elle gardait une trace écrite de chacune des grandes étapes de son parcours « pour que les prochains qui se lancent dans l’aventure puissent s’appuyer dessus ».